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Québec songe à maintenir au travail des employés de la santé infectés

Dans le même temps, le recours aux masques N95 pourrait être élargi dans le réseau de la santé.

Une infirmière se penche sur un patient atteint de la COVID-19 à l'hôpital.

Les travailleurs infectés pourraient être concentrés dans les zones chaudes.

Photo : Getty Images / Mario Tama

Le ministère de la Santé du Québec envisage de maintenir sur le terrain des travailleurs de la santé déclarés positifs à la COVID-19, a appris Radio-Canada. L'objectif est de limiter les ruptures de service, compte tenu du taux d'absence qui augmente de jour en jour. Plusieurs conditions devraient toutefois être réunies.

Ces employés devraient être sans symptômes et ils seraient affectés à des zones chaudes ou chargés de faire du travail administratif.

Selon nos sources, cette éventualité est actuellement en discussion au ministère, sous la direction de la sous-ministre adjointe Lucie Opatrny.

La réception des syndicats n'est pas bonne pour le moment. L'idée a de quoi préoccuper, réagit Hubert Forcier, porte-parole de la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS-CSN).

Au plus fort de la première vague, une directive controversée avait déjà accordé ce droit aux établissements de santé, mais très peu s'en étaient prévalus.

« On ne peut pas mettre personne à risque, mais c’est sûr qu’on est en train de regarder toutes sortes de scénarios, avec nos syndicats. »

— Une citation de  Christian Dubé, ministre de la Santé et des Services sociaux du Québec

Au pire de la crise du printemps 2020, le nombre d'employés absents dans le réseau de la santé s'est élevé à 12 000. Ils sont aujourd'hui 4223, mais leur nombre augmente de jour en jour, et le ministre de la Santé a demandé aux PDG des Centre intégré de santé et de services sociaux et des Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux de partager régulièrement un état de situation le plus proche de la réalité.

Entre le 15 et le 20 décembre, le nombre d'absences a augmenté de 15,6 % dans le réseau de la santé. Il est passé de 3650 à 4223.

Théoriquement, ça apparaît concevable, a réagi le chef de l'unité de soins intensifs et pneumologue à l'Hôpital du Sacré-Cœur, le Dr Patrick Bellemare, au micro de l'émission Midi info, mais si on a affaire à un virus plus transmissible, ça n’apparaît pas comme la meilleure des idées.

« Il faut juste comprendre que de garder ces employés complètement isolés hermétiquement du reste du personnel pour toutes les activités de la journée, c'est quelque chose qui est techniquement très, très compliqué. »

— Une citation de  Dr Patrick Bellemare, chef de l'unité de soins intensifs et pneumologue à l'Hôpital du Sacré-Cœur

Le médecin donne l'exemple des toilettes ou des salles à manger qu'il faudrait réserver aux employés infectés.

Ces dispositions spéciales étaient déjà prévues dans la directive du printemps 2020 comme des conditions indispensables à la mise en place de cette façon de faire.

Des masques N95 pour davantage de travailleurs de la santé

Un médecin qui porte un masque N95.

Un médecin porte un masque N95.

Photo : Radio-Canada / Fournie par Shankar Sivananthan

Selon nos sources, le ministère de la Santé souhaite aussi équiper davantage d'employés du réseau avec des masques N95.

Ces masques, beaucoup plus sécuritaires que les masques médicaux contre la transmission par aérosols, ne sont pas offerts pour le moment dans tous les services des établissements.

Si tous les travailleurs de la santé portaient un masque N95, il y aurait eu beaucoup moins de cas, affirme la professeure de génie civil et environnemental à l'Université Virginia Tech Linsey Marr, l'une des meilleures expertes en transmission par aérosol du monde.

« L'une des seules façons de réduire l'impact d'Omicron est que tout le monde porte de meilleurs masques. On doit mettre l'accent davantage sur les masques que sur le lavage de mains. »

— Une citation de  Linsey Marr, professeure de génie civil et environnemental à l'Université Virginia Tech

Les syndicats de la santé demandent depuis plus d'un an que l'utilisation des masques N95 soit élargie. À la suite d'un recours au tribunal, un juge avait soutenu que ces masques devaient être fournis en zones tièdes.

À la fin de novembre, le gouvernement du Canada a modifié ses recommandations quant aux types de masques à privilégier. On peut lire dans l'avis fédéral qu'en général, même si les masques non médicaux [en tissu] peuvent aider à prévenir la propagation de la COVID-19, les masques médicaux et les respirateurs (N95/KN95) offrent une meilleure protection.

Lundi, lors du point de presse des autorités, le directeur national de santé publique, Horacio Arruda, a affirmé qu'un masque N95 mal ajusté n'est pas aussi bon qu'un bon masque chirurgical de bonne qualité.

Or, la santé publique fédérale estime qu'un masque respiratoire (N95/KN95) porté dans la communauté n'a pas besoin d’un test d'ajustement formel.

Avec la collaboration de Véronique Prince, Mélanie Meloche-Holubowski et Daniel Boily.

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