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La chanteuse Renée Martel est décédée

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La chanteuse Renée Martel était surnommée la reine de la musique country au Québec.

Photo : Radio-Canada / Lisa Marie Noël

La Presse canadienne

Renée Martel, la reine du country québécois qui a fait danser les foules yé-yé dans les années 1960, est décédée samedi, ont annoncé Les Productions Leclerc sur la page Facebook de la chanteuse.

Elle était âgée de 74 ans. Selon le communiqué, Mme Martel s'est éteinte samedi après-midi au centre hospitalier Honoré-Mercier, à Saint-Hyacinthe, des suites d'une grave pneumonie non reliée à la COVID-19.

Les hommages ont été nombreux à la suite de l'annonce de son décès. La ministre québécoise de la Culture, Nathalie Roy, l'a saluée sur Twitter comme une des plus grandes chanteuses québécoises, qui a enchaîné succès après succès.

Le Festival western de St-Tite a rendu hommage à la chanteuse sur sa page Facebook en soulignant cet héritage incroyable laissé à l'univers musical du Québec.

En entrevue à La Presse canadienne, l'agent et ami de longue date, Martin Leclerc, a dit que c'était une longue relation d'amitié depuis plus de 15 ans, et j'ai accompagné Renée jusqu'à ses derniers jours, ses derniers moments. J'étais avec elle aujourd'hui et pour moi c'est une grande perte, une grande tristesse.

La blonde chanteuse laisse derrière elle un vaste héritage dans le répertoire de la musique country du Québec, qu'elle a enrichi toute sa vie durant, et ce, dès son enfance.

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Prestation de Renée Martel le 8 juin 1991 à l'émission « Quand la chanson dit bonjour au country ».

Photo : Radio-Canada / Jean-Pierre Karsenty

Ses parents, les chanteurs Noëlla Therrien et Marcel Martel, l'avaient initiée à la musique dès son plus jeune âge. Si Renée Martel a nourri sa passion pour la musique country au cours de sa longue et prolifique carrière, ce sont ses succès yé-yé qui l'ont propulsée aux sommets de la popularité. Ses tubes Liverpool, Je vais à Londres et Johnny Angel ont été très populaires à la fin des années 1960.

Elle est bien vite revenue à ses premières amours dans les années 1970 et 1980 avec des succès comme Un amour qui ne veut pas mourir, Si on pouvait recommencer et Prends ma main.

Alors qu'elle pensait prendre définitivement sa retraite à la fin des années 1990 à la suite d'une période difficile, Renée Martel a multiplié les albums dans les années 2000. Son album L'Héritage lui a même permis de remporter le Félix du spectacle de l'année, catégorie interprète, un trophée qu'elle est allée recueillir avec émotion en 2009.

Dix ans plus tard, en 2019, elle a entamé ce qu'elle a décrit comme sa tournée ultime, qu'elle a dû interrompre en raison de l'apparition d'un cancer du sein. L'année suivante, elle a annoncé être en rémission. En octobre dernier, elle a publié l'album Contre vents et marées, réalisé avec le chanteur Paul Daraîche. Tous deux devaient amorcer une tournée en mars prochain.

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Les chanteurs Paul Daraîche et Renée Martel devaient se partager la scène pendant la tournée « Contre vents et marées », prévue l'an prochain.

Photo :  Julien Faugère

Renée Martel a été honorée à plusieurs reprises : elle a notamment été lauréate de plusieurs Félix au gala de l'ADISQ et du prix Lucille-Dumont de la Société professionnelle des auteurs et des compositeurs du Québec. Un timbre à son effigie a également été émis par Postes Canada en 2014. Pascal Allard, un chanteur country, lui a même dédié une chanson : Je voulais marier Renée Martel.

À écouter :

René Homier-Roy s'entretient pendant une heure avec la grande Renée Martel dans le cadre de l'émission Viens voir les musiciens.

Une enfance atypique

Née le 26 juin 1947 à Drummondville, Renée Martel a baigné dans les ritournelles country depuis le berceau. À l'âge de cinq ans, elle est montée sur les planches pour accompagner ses parents en dansant et en chantant.

Malgré la vie trépidante des tournées, son enfance a été marquée par de nombreux bouleversements. Pendant les premières années de sa vie, elle a tour à tour vécu avec ses parents, dans une famille d'accueil et même dans un orphelinat pendant un an.

Elle est considérée comme la reine du country québécois grâce à ses succès indémodables. La chanteuse Renée Martel a été frappée de plein fouet par un cancer au cours de la dernière année. Aujourd'hui en rémission, elle se montre optimiste pour l'avenir avec un album ainsi qu'une tournée en préparation. Louis-Philippe Ouimet a passé cinq minutes avec cette véritable légende de la musique.

C'est très marquant. Même aujourd'hui, je me souviens de ma rentrée, et j'avais trois ans. J'ai vécu avec ça pendant des années, a-t-elle confié à l'émission radiophonique de René Homier-Roy, Viens voir les musiciens, en 2015.

Après avoir passé plusieurs années avec ses parents sur scène, Renée Martel est devenue une chanteuse solo dans les années 1960, à l'époque de la musique yé-yé, marquée par les tubes des Baronets, des Classels et de César et les Romains.

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C'est durant l'époque yé-yé que Renée Martel s'est fait connaître du grand public. Sur cette photo, elle chante à l'émission « Fleurs d'amour, fleurs d'amitié » le 4 juin 1968.

Photo : Radio-Canada

La fille de Marcel Martel

Peut-être pour se démarquer de son père, a-t-elle avoué de nombreuses années plus tard, la chanteuse a opté pour ce style musical lorsqu'elle a fait ses débuts. C'est son interprétation de Liverpool à la populaire émission Jeunesse d'aujourd'hui, en 1967, qui a propulsé sa carrière.

Moi, j'ai longtemps été ''la fille de''. Et à un moment donné, mon père est devenu ''le père de''. Et il a ben haï ça, a-t-elle dit en riant à l'émission Cette année-là en décembre 2018.

Sa relation avec son célèbre père a d'ailleurs été orageuse par moments. Mon père était mon patron et il ne savait pas faire la différence [...]. Mon père n'était pas un bon père dans ma jeunesse, a-t-elle relaté au micro de René Homier-Roy.

On n'a pas toujours été en guerre, quand même [...]. Mais quand la guerre prenait, ce n'était pas drôle.

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À l'émission « Au jour le jour » du 6 mars 1984, Renée Martel chante en compagnie de ses parents, les vedettes country Noëlla Therrien et Marcel Marcel.

Photo : Radio-Canada / Jean-Pierre Karsenty

Dans les années 1970, Renée Martel est finalement revenue au country. De son propre aveu, la traduction de la chanson Never Ending Song of Love, devenue J'ai un amour qui ne veut pas mourir, a représenté un moment décisif dans sa carrière. C'est son père qui lui avait suggéré de s'approprier cette chanson, et elle était plutôt réticente au départ.

Ç'a changé toute ma carrière, toute ma carrière au complet, a-t-elle relaté à l'émission Viens voir les musiciens.

Au cours des décennies 1970, 1980 et 1990, la prolifique chanteuse a fait paraître une vingtaine d'albums, dont un de ses préférés est Authentique, sorti en 1992, qu'elle a concocté après une pause professionnelle.

Je pense qu'au niveau des textes, c'est un des plus beaux que j'ai écrits. Je n'avais plus de tension nulle part, a-t-elle dit à Viens voir les musiciens.

Fausse retraite

Renée Martel a songé à mettre un point final à sa carrière en 1999 lorsqu'on lui a dit qu'elle ne pourrait plus chanter : elle était atteinte d'une maladie pulmonaire. Ce fut une période difficile pour la chanteuse puisqu'elle a perdu son père la même année.

Au gala de l'ADISQ, un Richard Desjardins en pleurs devait lui dire qu'elle ne pouvait tout simplement pas cesser de chanter.

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Renée Martel a reçu le trophée Félix hommage à titre de récompense pour l'ensemble de sa carrière au gala de l'ADISQ le 28 octobre 2012.

Photo : La Presse canadienne / Graham Hughes

En entrevue avec Le Devoir, elle avait raconté comment elle a réappris à chanter les années suivantes.

C'est dans mon auto que je me suis réessayée. Je me disais que là, personne ne pourrait m'entendre. Si je tousse, si j'étouffe, si je fausse, si je craque, ce n'est pas grave. Je suis passée à travers une chanson. Et puis une autre. J'étais capable! Ça s'est amélioré petit à petit, a-t-elle confié au journaliste Sylvain Cormier.

En 2008, elle est revenue en force avec un nouvel album, L'Héritage, sur lequel elle interprétait des textes de Robert Charlebois et de Richard Desjardins, lui-même un grand admirateur de Renée Martel.

Difficultés personnelles

L'année 2008 a été marquée par un autre drame pour la chanteuse. Cette année-là, elle a perdu son conjoint, qui s'est enlevé la vie.

J'ai vu un psychiatre... et je le vois encore. Ça ne me gêne pas de le dire parce que [sans aide], j'en serais morte, a-t-elle raconté au quotidien Le Soleil en 2012.

Les années suivantes, la maladie a encore frappé la chanteuse, qui a dû se battre contre un cancer du foie. En juin 2019, elle a dû interrompre sa tournée Cowgirl dorée, mon histoire! pour soigner un cancer du sein.

Malgré toutes ces épreuves, Renée Martel disait ne s'être jamais considérée comme une victime de la vie.

La vie m'a envoyé des choses que j'ai subies et j'ai passé à travers. Mais la vie ne m'en veut pas tant que ça, finalement [...]. Ce sont des événements qui arrivent à n'importe qui, a-t-elle confié à René Homier-Roy en 2015.

Renée Martel laisse dans le deuil ses deux enfants, Dominique et Laurence.

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