•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Comment célébrer les Fêtes à distance quand les proches sont loin?

Des Ontariennes partagent leurs recettes du bonheur « loin des yeux, près du coeur ».

Un couple sur un écran d'ordinateur fête Noël par vidéoconférence avec un cadeau dans les mains.

Les rassemblements virtuels seront nombreux pendant les Fêtes.

Photo : Getty Images / FilippoBacci

Maud Cucchi

Il n’y a pas que la pandémie qui complique les retrouvailles de fin d’année. Parfois, les circonstances de la vie font que les célébrations se dérouleront à distance, avec ou sans variant.

Pour certains, même, les festivités s'organisent sur différents fuseaux horaires. Entre la dinde du réveillon (au Canada) et la bûche de minuit (en Écosse), comment s’y retrouver? Des Ontariennes partagent leurs recettes du bonheur loin des yeux, près du coeur.

Chez Grace Kangmeehae Lee, immigrée venue de Séoul en 1996, un petit colis de Noël vient tout juste de partir à destination du Pas, au Manitoba. Elle précise : zone rurale, une heure de décalage horaire.

C’est là que son fils aîné a trouvé du travail à la fin de ses études de dentiste. Pour la première fois, il y passera les Fêtes de fin d’année loin de sa famille et seul, mais très occupé. Son cabinet dentaire est overbooké, raconte sa mère, les patients veulent tous utiliser leurs assurances avant le 31 décembre.

Malgré la distance, l’expatrié torontois recevra son cadeau Secret Santa concocté par son père. Des gourmandises coréennes pour ne pas perdre le goût des repas traditionnels. La famille Kangmeehae Lee a tenu à conserver cet échange de surprises après une première tentative réussie l’an dernier. Selon le concept facilement exportable, chaque membre est désigné pour offrir un cadeau d’une valeur convenue à une autre personne. Encore faut-il s’y prendre à l’avance pour éviter les retards postaux.

John avec un gros colis, sur le palier décoré de sa maison.

Cette année, John a envoyé à son fils Don, qui vit au Manitoba, un colis qui devrait lui rappeler les festins en famille.

Photo : Grace Kangmeehae Lee

De toute façon, il sera avec nous grâce à Facetime, se réjouit cette mère de trois enfants. Noël, fête de la générosité et des tables gargantuesques, ne saurait se passer complètement de la présence de l’aîné.

Mais il y a surtout le Nouvel An, qui est beaucoup plus important pour nous, souligne la Torontoise. Dans la culture coréenne, c’est l’occasion de présenter sa déférence à ses aînés par une révérence le premier jour de l’année. Le Manitoba devra s’y plier aussi, même virtuellement.

La famille de Grace Kangmeehae Lee au Nouvel An.

Au salut officiel du Nouvel An aux aînés, « les enfants sont tous heureux car ils ont reçu de l'argent après le salut formel », raconte Grace Kangmeehae Lee.

Photo : Grace Kangmeehae Lee

C’est une coutume que nous perpétuons depuis une vingtaine d’années et c’est aussi l’occasion de se vêtir de nos vêtements traditionnels, décrit Grace Kangmeehae Lee. En présence ou à distance, le plus important, c’est d’être ensemble, insiste la mère de famille.

« Partager le souvenir du même moment, c’est ce qui compte, c’est ce qui nous permet d'interagir et de construire un terrain commun. »

— Une citation de  Grace Kangmeehae Lee

La traditionnelle réunion de famille doit primer sur toutes les autres obligations, insiste-t-elle, même si cela suppose de devoir connecter les beaux-parents octogénaires au fils aîné surbooké.

L’esprit ludique, ça se travaille (en ligne)

À Thunder Bay, Guilaine Leterme-Auzanneau prépare un tout autre réveillon : ce sera homard et escargot au menu, et jeux d’évasion en ligne avec sa famille vivant en France. Pandémie ou pas, l’Ontarienne d’adoption préfère de toute façon rester chez elle.

En neuf ans au Canada, je ne suis allée qu’une fois en France pour les Fêtes et j’ai trouvé ça ennuyeux, se souvient-elle. Tout était fermé, comme les musées, c’est pas la bonne période.

Alors qu’en ligne, les activités fourmillent. Noël dernier, elle a étrenné un jeu d’évasion en se connectant à distance avec ses parents. Bingo! L’expérience a été si concluante qu’elle revient au programme cette année. Noël et Nouvel An, c’est généralement la bonne période pour jouer à des jeux de société, estime Guilaine Leterme-Auzanneau, c’est une façon de prendre ce temps-là temps en famille quand ça peut devenir plus difficile le reste de l’année.

Quelques ajustements ont toutefois dû être apportés entre les équipes éloignées. Des parents septuagénaires qu’il a fallu aider à se connecter d’un côté, et un conjoint anglophone nécessitant des traductions de l’autre.

Au-delà de l'aspect convivial, ces activités offrent l’occasion de réfléchir ensemble tout en s’amusant, dit-elle. Sur le terrain de jeu numérique, Guilaine recommande aussi les chasses au trésor en ligne (geocaching) qui invitent le participant à découvrir de nouveaux lieux, guidé par son GPS.

Un téléphone, et à l'arrière-plan, une cheminée et un sapin.

La pandémie a encouragé certaines personnes à s'approprier davantage la vidéo.

Photo : getty images/istockphoto / monkeybusinessimages

Sans la pandémie, les longues conversations téléphoniques de la famille Karger à Noël n’auraient sûrement pas migré en visioconférence.

Avant l’an dernier, personne n’était familier avec Zoom, reconnaît cette Torontoise avec une famille éparpillée en Amérique du Nord et en Europe.

Depuis la crise sanitaire, les créations d’événements en ligne à six fenêtres n’ont plus de secret pour elle. Avec une sœur à New York, un frère et des neveux en Écosse, Paula Karger est rompue au décalage horaire lors des réunions de famille.

Avec de jeunes enfants, on s’organise pour ne pas se voir trop tard avec l’Écosse, explique-t-elle. Malgré tout, l’exercice de la conversation filmée peut relever du sport d’équipe pour les jeunes familles. L’an dernier, les enfants n’ont pu déballer qu’un cadeau devant nous, ils étaient trop excités, se souvient-elle.

Zoom est devenu pour beaucoup une bonne solution de substitution, en attendant des retrouvailles en bonne et due forme.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !