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L’industrie du tourisme secouée par les conséquences du variant Omicron

Un garçon et une femme tirent leurs valises dans un couloir d'un aéroport décoré de boules de Noël.

Selon le directeur de l'École Ted Rogers en gestion du tourisme et de l'hôtellerie à l'Université Ryerson, Frédéric Dimanche, de nouvelles mesures liées au variant Omicron vont faire du mal à l'industrie du voyage.

Photo : Associated Press / Nam Y. Huh

La suggestion d'éviter les voyages à l'étranger par le gouvernement fédéral et l'instauration potentielle de mesures plus contraignantes concernant les déplacements plongent les professionnels du tourisme dans le doute, l'incompréhension, voire la colère.

À quelques jours des fêtes de fin d'année, le gouvernement Trudeau a décidé de réviser, mercredi, son avis aux voyageurs, à qui il déconseille de nouveau d'effectuer des séjours non essentiels à l'étranger.

Cette décision est appuyée par Adrian Dix, le ministre de la Santé de la Colombie-Britannique.

Si le gouvernement provincial ne déconseille pas formellement les voyages à l’intérieur du Canada, M. Dix a cependant prévenu qu’il y aurait des changements dans les conseils et règles de la santé publique dans les semaines à venir.

Cette incertitude, les professionnels du tourisme de la Colombie-Britannique, déjà fortement touchés par les répercussions de la pandémie, l'accueillent froidement.

À la station de sport d’hiver de Whistler, alors que les règles d'entrée au pays s'étaient assouplies, la saison touristique était attendue avec beaucoup d’espoir. Les récentes annonces ont toutefois désarçonné certains commerçants.

C’est sûr que cela installe un petit peu de crainte par rapport au nombre de touristes que l’on espère avoir, explique Pierre-Maxime Richer, cofondateur de Green Moustache, une chaîne qui possède deux restaurants à Whistler.

Toutes les petites business, et même les gros, on a besoin d’avoir des touristes qui viennent skier, on est prêt à les accueillir, précise M. Richer, qui craint une troisième saison morose successive et des pertes de revenus.

« Venez, mais avec encore plus de prudence. »

— Une citation de  Pierre-Maxime Richer, cofondateur de la franchise de restaurant Green Moustache

M. Richer dit pouvoir compter sur la fréquentation de touristes régionaux, mais l’affluence des visiteurs des autres provinces et de la côte ouest-américaine reste essentielle pour que l’économie locale continue de fonctionner.

Un homme debout derrière un comptoir de café.

Pierre-Maxime Richer, cofondateur de la franchise de restaurant Green Moustache, est inquiet pour la fréquentation de deux de ses établissements à Whistler et ne veut pas revivre une troisième saison creuse consécutive.

Photo : Radio-Canada / Wildinette Paul

Face à la montée des cas liés au variant Omicron, M. Richer reste calme.

C'est évident que deux doses ne sont pas assez fortes pour ce variant […]. Mais, même si l’on a une troisième dose, il y aura peut-être un autre variant qui continue. Donc, je pense que c'est vraiment d’apprendre à vivre avec cette réalité, avec précaution, et de continuer à vivre et à voyager.

Le temps de l’incertitude

Le directeur de l'École Ted Rogers en gestion du tourisme et de l'hôtellerie, à l'Université Ryerson, Frédéric Dimanche, dit qu'il s'agit d'une mauvaise nouvelle pour le secteur du tourisme, qui commençait à peine à reprendre des forces.

Depuis la réouverture des frontières, les professionnels du voyage et du tourisme commençaient à reprendre confiance, tout comme les Canadiens, explique-t-il.

Ces nouvelles mesures liées au variant Omicron vont faire du mal à l'industrie, mais aussi à la confiance que nous avions reprise vis-à-vis du voyage.

M. Dimanche souligne que, si la porte reste ouverte aux voyageurs étrangers, il faut s'attendre, selon Jean-Yves Duclos, le ministre fédéral de la Santé, à de nouvelles mesures restrictives.

Je crois que c’est cela qui va faire du mal au secteur, car nous sommes dans une situation où l'on ne sait pas, et il n’y a rien de pire que de ne pas savoir, conclut-il.

Alors que les restrictions de voyage se multiplient dans le monde pour freiner la propagation du variant Omicron, le gouvernement canadien s'en tient, pour l’heure, à déconseiller les voyages à l'étranger sans motif essentiel.

Cette recommandation a soulevé l'ire de l’industrie de l’aviation. Ce sont des mesures prises en panique, non réfléchies, croit Pierre Lessard, le président du conseil exécutif principal des pilotes d'Air Transat.

« C’est un coup de massue. »

— Une citation de  Pierre Lessard, président du conseil exécutif principal des pilotes d'Air Transat

Le monde qui s’en va en vacances pendant la période des Fêtes va dans le Sud, sur des plages, à l’extérieur. Il n’y a pas plus de chances d’attraper le virus que d’aller voir un match de hockey, poursuit-il.

Dans un communiqué diffusé mercredi, le président-directeur général de la compagnie aérienne WestJet, Harry Taylor, a qualifié la recommandation du gouvernement fédéral de chaos inutile et dévastateur pour la poursuite de la reprise économique du pays.

Il a rappelé que les interdictions et les restrictions de voyage mettaient en danger des dizaines de milliers d'emplois au Canada récemment rétablis dans le secteur des voyages et du tourisme.

Avec des informations de Wildinette Paul et de l'émission Phare Ouest

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