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« Trop peu, trop tard » : réactions mitigées au prêt de la province à la Laurentienne

Le bâtiment principal de l'Université de Sudbury.

Des intervenants du milieu franco-ontarien continuent à demander le transfert des programmes en français de l'Université Laurentienne vers l'Université de Sudbury.

Photo : Radio-Canada / Yvon Theriault

Les employés actuels et licenciés de l'Université Laurentienne et des intervenants de la communauté franco-ontarienne accueillent avec beaucoup de prudence l’annonce du gouvernement provincial qui s’engage à devenir responsable de la dette de l’Université Laurentienne en janvier 2023.

Plus précisément, la province s'engage à fournir une somme de 35 millions de dollars pour devenir le débiteur-exploitant de l’université.

D’une part, certains employés et observateurs ont souligné qu’un créancier public offre une meilleure flexibilité qu’un créancier privé.

C’est ce que souligne notamment Gilles LeVasseur, professeur de gestion et de droit à l’Université d’Ottawa.

C’est une flexibilité pour l’Université Laurentienne, mais en même temps un contrôle gouvernemental pour être certain qu’on s’en va dans la bonne direction.

Gilles LeVasseur pose pour une photo.

Gilles LeVasseur affirme que les programmes et la gestion de l'Université Laurentienne devront être revus.

Photo : Radio-Canada / Simon Lasalle

L’Association des professeures et professeurs de l’Université Laurentienne (APPUL) indique qu’elle et la communauté universitaire poussent un soupir de soulagement de voir la province enfin soutenir l’établissement.

L’APPUL rappelle que plusieurs professeurs ont perdu leur emploi et que des dizaines de programmes, dont plusieurs en français, ont été supprimés depuis que l’université s’est placée sous la protection de la Loi sur les arrangements avec les créanciers de compagnies (LACC).

Nous avons toujours soutenu que l'utilisation de la LACC était inappropriée et que le gouvernement de l'Ontario devait faire preuve de leadership et faire partie de la solution, a déclaré dans un communiqué la directrice générale de l’APPUL, Linda St-Pierre.

« En raison de leur refus d'agir plus tôt, de nombreux membres du corps professoral et leurs familles ont été contraints de suivre le processus de réclamation, ce qui ne leur laisse que quelques sous sur chaque dollar, une fois le processus terminé. »

— Une citation de  Linda St-Pierre, directrice générale de l'Association des professeures et professeurs de l’Université Laurentienne

Monique Beaudoin, membre du Comité triculturel pour une éducation postsecondaire à Sudbury, croit qu’en surface ça peut avoir l’air d’une bonne nouvelle.

« Pour nous, en fait, c’est un signal qui est très inquiétant. D’une part parce que le processus de la LACC continue. Il n’y a aucune mention de l’obligation de remettre les documents demandés par la vérificatrice générale. »

— Une citation de  Monique Beaudoin, membre du Comité triculturel pour une éducation postsecondaire à Sudbury

Dans les dernières semaines, le ton est monté, a affirmé Denis Constantineau, porte-parole de la Coalition nord-ontarienne pour une université francophone. Je pense que le gouvernement n’a pas eu d’autre choix que de se prononcer publiquement au sujet de l’Université Laurentienne.

Aurélie Lacassagne, qui a perdu son emploi à la Laurentienne au printemps 2021, n’a pas l’impression que cette prise en charge suffira à solidifier la viabilité économique de l’établissement.

Aurélie Lacassagne en studio

Aurélie Lacassagne est professeure invitée à l'Université d'Ottawa (archives).

Photo : Radio-Canada / Patrick Wright

C’est trop peu, trop tard. Ça va permettre à l’Université Laurentienne de ne pas mettre la clé sous la porte cet été, affirme-t-elle.

« Est-ce que ça empêchera le navire de couler? Peut-être. Peut-être que ça va ralentir le naufrage. »

— Une citation de  Aurélie Lacassagne, professeure invitée à l'Université d'Ottawa

Cette décision ne touche en rien les 200 personnes licenciées, ajoute Mme Lacassagne.

Elle estime aussi que l’Université devra faire preuve de beaucoup plus de transparence.

L'avenir de l'éducation postsecondaire en français à Sudbury

La réflexion a aussi porté sur les répercussions que l’annonce pourrait avoir sur l’Université de Sudbury et son projet d’établissement pour et par les francophones.

Il n’y a aucune mention des projets d’universités francophone et autochtone et des coupes dans les programmes francophones, fait remarquer Monique Beaudoin du Comité triculturel pour une éducation postsecondaire à Sudbury.

Il y a tout le côté francophone qui doit être travaillé, affirme aussi Gilles LeVasseur. Les deux établissements devront être adéquatement financés par la province et par Ottawa, selon lui. On ne peut pas avoir deux canards boiteux dans la même région du point de vue universitaire, on va détruire l’éducation postsecondaire dans le Nord de l’Ontario.

Denis Constantineau reste sceptique quant à l’avenir du français à la Laurentienne, même avec un changement de gouvernance.

« Ce n'est pas en remplaçant les gens qui occupent les sièges au Conseil des gouverneurs que tout d’un coup, l’Université Laurentienne va se découvrir une âme francophone. »

— Une citation de  Denis Constantineau, porte-parole de la Coalition nord-ontarienne pour une université francophone

Ce qui est important, c’est de voir une Laurentienne forte pour les anglophones, et une Université de Sudbury forte pour les francophones, a réitéré Carol Jolin, président de l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO).

Carol Jolin s'adresse aux médias derrière un micro.

Le président de l'Assemblée de la francophonie de l'Ontario, Carol Jolin (archives)

Photo : Radio-Canada

Cette nouvelle ne change rien pour l’AFO, poursuit M. Jolin. Nos demandes sont toujours les mêmes : faire la transition de la programmation en français vers l’Université de Sudbury.

Avec les informations de Zacharie Routhier, et Francis Beaudry

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