•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Guide pour ne pas inviter la COVID-19 chez vous pendant les Fêtes

Alors que se poursuit la hausse fulgurante des cas, deux groupes d’experts québécois vous offrent leurs suggestions pour réduire le risque de propager le virus lors de vos rassemblements festifs.

Une boule de Noël avec comme motif un village.

Le temps des fêtes est synonyme de rassemblement, mais avec prudence en temps de pandémie.

Photo : Radio-Canada

Les recommandations ont évolué au fil de la pandémie, en raison d’une meilleure compréhension du virus, un phénomène normal, mais qui a entraîné énormément de confusion.

Beaucoup de ces informations ne sont pas claires dans la tête des gens. Je le comprends, les gens sont perdus dans tout ça, reconnaît la Dre Anne Bhéreur. C'est dans cet esprit qu'elle et ses collègues du groupe Pop Québec (Nouvelle fenêtre) (Protégeons notre province Québec) offrent leurs conseils afin d'aider le public à mieux comprendre la COVID-19.

Les gens sont tannés et ils veulent se voir. Mais je trouve ça tellement important que les gens aient les moyens concrets de se protéger, explique-t-elle.

Leur démarche n'est pas unique. Le collectif COVID-Stop, qui regroupe des médecins et des scientifiques, a lui aussi publié un guide pour un temps des Fêtes en santé. Toutes les recommandations contenues dans le guide sont basées sur la science et sur de nombreuses études.

Ce sont des mesures de protection faciles à appliquer pour protéger vos proches, amis et collègues, affirme Nimâ Machouf, épidémiologiste et chargée de cours à l'École de santé publique de l'Université de Montréal.

Ces experts rappellent que les mesures sanitaires n’ont pas changé avec l’arrivée du variant Omicron; il faut cependant mieux les appliquer pour réduire la propagation de ce variant beaucoup plus contagieux.

Ils évoquent notamment le modèle du fromage suisse, qui illustre pourquoi un seul type d’intervention ne sera jamais suffisant pour freiner la propagation, chacun ayant ses défauts, que ce soit avec le port du masque, la vaccination, ou encore dans l'application de différentes mesures de confinement.

C’est pourquoi toutes les tranches du fromage – toutes les interventions – sont importantes. En les superposant toutes – en combinant une série d'interventions – le fromage est plus étanche. Plus il y a de couches, plus il y a de protection, et moins le virus passe à travers les mailles du filet.

Voici comment utiliser quelques-unes de ces tranches de fromage pour vous protéger pendant le temps des Fêtes.

Une image montrant qu'il faut plusieurs types d'intervention pour se défendre contre la COVID-19

Cette version est une adaptation du modèle créé par le professeur James T. Reason en 1990. Dans une version plus récente, on a ajouté la couche « contrôle des frontières ».

Photo : Université Queensland / Ian MacKay

Réduire les rassemblements, multiplier les tests rapides

Rappelons d'abord que, dans la plupart des provinces, les rassemblements sont limités (notamment à 10 ou moins au Québec, voire à cinq personnes à Kingston en Ontario).

Si vous vous rassemblez, les experts suggèrent de :

  • limiter le nombre d’invités;
  • favoriser les rassemblements extérieurs;
  • assurer une certaine distanciation physique;
  • offrir ce qu'il faut pour encourager les invités à respecter les mesures de santé publique (eau, savon, désinfectant pour les mains, masques additionnels).

Idéalement, faire un test rapide juste avant une rencontre est un bon moyen de réduire les risques. Les autotests rapides peuvent détecter si une personne est infectieuse au moment où il est effectué (il ne vaut donc plus pour les jours suivants). Il faut aussi éviter de le faire à l’extérieur où il fait froid.

Mais le plus important, estime Nimâ Machouf, est de rester à la maison si vous avez des symptômes.

D'ailleurs, une personne qui présente des symptômes s’apparentant à la COVID-19 et qui reçoit un résultat négatif lors d’un autotest rapide, devrait tout de même éviter de participer à un rassemblement. Il est possible que le résultat soit un faux négatif, ou qu'il ait été fait trop tôt. Il est suggéré que cette personne reprenne le test 24 heures plus tard pour s’assurer que le résultat est bel et bien négatif.

Vous vous questionnez sur le risque pour vous et vos invitées de recevoir des personnes non vaccinées? Vous pouvez utiliser ce calculateur de risque d'exposition à la COVID-19 lors de visites (Nouvelle fenêtre), conçu par le National Institute on Ageing (NIA) de l’Université Ryerson, à Toronto.

N'hésitez pas à ventiler les lieux

Un des éléments les plus importants à considérer est la ventilation des endroits clos, disent les experts de ces deux groupes.

Le SRAS-CoV-2 se transmet non seulement par de grosses gouttelettes lorsqu’on éternue ou que l’on tousse, mais aussi par des aérosols, expirés lorsque l'on parle ou l’on chante. Ainsi, le virus peut rester suspendu dans l'air que nous respirons pendant plusieurs minutes, voire plusieurs heures, comme de la fumée secondaire, explique Nimâ Machouf.

C’est pourquoi il faut considérer chaque invité comme un fumeur qui exhale des aérosols potentiellement contagieux, ajoute Nancy Delagrave. Plus on inspire du virus, plus on a de chance de développer la maladie.

Il n’est pas nécessaire d’avoir un système de ventilation industriel pour bien ventiler sa maison.

Voici quelques trucs qui peuvent changer la donne :

  • privilégiez les grandes pièces et les plafonds hauts;

  • allumez votre hotte de cuisine et votre ventilateur de salle de bain;

  • ouvrez une fenêtre ou une porte quelques minutes chaque heure;

  • demandez aux invités de fermer le couvercle de la toilette avant de tirer la chasse d’eau (oui, le virus peut se cacher dans nos excréments (Nouvelle fenêtre)).

Si vous souhaitez utiliser un purificateur d’air, les experts disent qu’il est préférable qu'il soit doté d'un filtre à haute efficacité contre les particules (HEPA).

Tara Kahan, chimiste de l'atmosphère et professeure à l'Université de la Saskatchewan, ajoute qu'il vaut mieux privilégier les purificateurs sans ozone ni ions. Il n’y a pas de preuve que ça ajoute à l’efficacité, dit-elle, en ajoutant que ce type de purificateur émet des produits dans l’air, et ce n’est pas nécessairement bon pour vous.

À vos masques!

À la fin novembre, le gouvernement du Canada a modifié ses recommandations quant aux types de masques à privilégier.

En général, même si les masques non médicaux [en tissu] peuvent aider à prévenir la propagation de la COVID-19, les masques médicaux et les respirateurs (N95/KN95) offrent une meilleure protection, indique le gouvernement.

Une étude de l'Université Yale et de Stanford (Nouvelle fenêtre) a par ailleurs démontré que les masques chirurgicaux sont efficaces à 95 % pour filtrer les particules virales, contre seulement 37 % pour les masques en tissu.

Un masque non médical doit être bien ajusté et composé de plusieurs couches, dont au moins deux faites d’un tissu serré perméable à l'air comme du coton et une couche intermédiaire filtrante efficace.

Le gouvernement rappelle aussi que les écrans faciaux, les cache-cous et les foulards ne sont pas des couvre-visages recommandés.

Un masque respiratoire (N95/KN95) porté dans la communauté n'a pas besoin d’un test d'ajustement formel.

On suggère de demander aux personnes non vaccinées de porter un masque pour réduire le risque d'infection.

Vaccination

La vaccination est un moyen très important pour réduire les risques de symptômes graves de la COVID-19, rappelle le Comité consultatif national de l'immunisation (CCNI). C'est pourquoi les autorités recommandent que le maximum de vos invités soient vaccinés.

Rappelons que les Canadiens âgés de 12 à 59 ans non vaccinés sont 32 fois plus susceptibles d'être hospitalisés que les personnes vaccinées; c'est 16 fois plus pour les personnes de plus de 60 ans.

Le Comité consultatif national de l'immunisation recommande par ailleurs une dose de rappel du vaccin contre la COVID-19 à tous les Canadiens de 18 ans et plus qui ont reçu leur deuxième dose depuis au moins six mois. Le Comité consultatif national de l'immunisation insiste fortement pour que les 50 ans et plus reçoivent cette dose de rappel.

Pourquoi? Parce qu'il y a des signes que la vaccination semble protéger en partie contre les symptômes graves causés par le variant Omicron, mais que cette protection n’est pas aussi efficace que pour les autres variants.

L'efficacité du vaccin de Pfizer-BioNTech contre les symptômes graves passe ainsi de plus de 90 % (pour le variant Delta) à 70 % lorsqu’il est confronté au variant Omicron.

L'efficacité du vaccin à empêcher d'être infecté par le variant Omicron est quant à elle presque nulle pour les personnes vaccinées dans le cas du vaccin d’AstraZeneca et de moins de 40 % pour ceux qui ont reçu le vaccin de Pfizer-BioNTech.

Une dose de rappel augmenterait cependant à 75 % la protection contre les infections.

Chaque province a une stratégie de vaccination différente, donc la dose de rappel n'est pas encore disponible pour tous les Canadiens.

Par exemple, au Québec, les 65 ans et plus peuvent obtenir leur troisième dose à compter du 20 décembre; les 60-64 ans à partir du 27 décembre. L'intervalle minimal entre l'administration de la deuxième et de la troisième dose passe de six à trois mois.

Dès le 20 décembre, les Ontariens de 18 ans et plus pourront recevoir une troisième dose d'un vaccin contre la COVID-19. L'intervalle minimal entre la deuxième et la troisième dose doit être de trois mois.

Voyages, à vos risques et périls

Ottawa déconseille aux Canadiens d'effectuer des séjours non essentiels à l'étranger. Les Canadiens qui voyagent pourraient contracter le virus et se retrouver coincés à l’étranger dans des conditions difficiles, rappelle le gouvernement.

Face à la montée des cas, les pays annoncent quotidiennement de nouvelles mesures autant pour les voyageurs que pour leurs citoyens. Ainsi, les voyageurs pourraient se retrouver soit pris en quarantaine, soit confrontés à de nombreuses fermetures et restrictions dans le pays en question.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !