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Les défis d’adaptation aux changements climatiques en Atlantique

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Un restaurant inondé à Sydney, en Nouvelle-Écosse, le lendemain de la tempête du 23 novembre 2021

Photo : CBC/Holly Connors

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Les conséquences des changements climatiques au Canada atlantique se font de plus en plus sentir : risques d’inondations causées par des pluies torrentielles, érosion du littoral, vagues de chaleur extrême et bien d’autres phénomènes. Même si les communautés font des pieds et des mains pour s’y adapter avec des ressources humaines et financières restreintes, des efforts d’adaptation renforcés seront nécessaires, selon un nouveau rapport.

Ressources naturelles Canada vient de publier le chapitre sur le Canada atlantique de son rapport Le Canada dans un climat en changement : rapport sur les perspectives régionales (Nouvelle fenêtre). Ce chapitre fait état des changements climatiques que subissent les communautés de l’Atlantique, de l'impact de ces changements sur l’environnement et l’économie de cette région et des tentatives d’adaptation. 

État de la situation

Le Canada atlantique compte environ 42 000 km de littoral et est caractérisé par trois régions climatiques différentes : le climat continental humide et frais, le climat subarctique et la toundra arctique. L’Atlantique représente 6,5 % de la population du pays.

En matière de changements climatiques, la température moyenne annuelle a augmenté de 0,7 degré Celsius de 1948 à 2016 et les précipitations saisonnières ont augmenté de 11 %.

Le rapport indique que les élévations du niveau de la mer relatif sont particulièrement préoccupantes pour la région, l’élévation projetée du niveau de la mer étant supérieure à la moyenne mondiale dans la plupart des zones du Canada atlantique.

Par exemple, les données prédisent une élévation de 20 cm du niveau de la mer à Halifax dans les deux ou trois prochaines décennies, ce qui entraînera une multiplication par quatre de la fréquence des inondations côtières dans la municipalité, peut-on lire dans le rapport.

Des infrastructures menacées

Selon le rapport, de nombreuses régions devraient connaître une augmentation du niveau de la mer supérieure à la médiane mondiale. Plus précisément, l’élévation du niveau de la mer devrait se situer dans une fourchette de 75 à 100 cm avant la fin du XXIe siècle pour Terre-Neuve, la Nouvelle-Écosse, le Nouveau-Brunswick et l’Île-du-Prince-Édouard.

Cette situation provoquera inévitablement une augmentation des risques d’inondations côtières et dans les terres, le plus souvent attribuables aux ouragans, embâcles, tempêtes d’automne ou à la fonte des neiges qui se produit de plus en plus tôt, en raison des températures plus élevées.

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Des pluies torrentielles ont endommagé la Transcanadienne près de Port aux Basques, à Terre-Neuve, en novembre 2021.

Photo : Radio-Canada / Héloïse Rodriguez-Qizilbash

De plus, l’érosion côtière est un problème bien particulier au Canada atlantique. Certaines régions y sont plus vulnérables, comme celles du détroit de Northumberland au Nouveau-Brunswick et à l’Île-du-Prince-Édouard.

Ainsi, il est inévitable que des infrastructures subissent les conséquences des changements climatiques liées aux inondations et à l’érosion, par exemple des bâtiments inondés, des services de base interrompus, ou des routes grandement endommagées. Il s'agit souvent de la seule liaison routière pour plusieurs communautés devenant ainsi très vulnérables.

Comment s’y adapter?

De nombreuses municipalités ont mis à jour leur carte des zones inondables et modifié leurs règlements municipaux. Le document cite en exemple les villes de Paradise et de Mount Pearl, à Terre-Neuve-et-Labrador, qui ont opté pour des études approfondies de l’évaluation des risques et la modernisation de leur carte.

Cependant, le rapport souligne que plusieurs endroits n’ont pas encore fait ce processus qui permet d’orienter la construction de nouvelles infrastructures, par exemple dans certains secteurs non constitués en municipalité au Nouveau-Brunswick où des plans d’aménagement du territoire ou des règlements administratifs n’existent pas. 

Selon le gouvernement du Nouveau-Brunswick, seulement 34 % des municipalités dans la province avaient évalué les risques climatiques actuels et futurs en 2020.

En Nouvelle-Écosse, une loi protégeant le littoral limite la construction, les rénovations et les agrandissements dans les zones côtières vulnérables.

Quelques exemples d’adaptation :

  • Journées d’apprentissage sur les infrastructures naturelles : comment les bassins naturalisés d’eaux de ruissellement, les jardins de pluie et les berges restaurées peuvent réduire les risques d’inondation;

  • Réalignement de digues en Nouvelle-Écosse (site de Belcher Street et site de Converse);

  • Site de démonstration du littoral vivant dans la Municipalité régionale d’Halifax;

  • Surélévation d’un pont à Pointe-du-Chêne, au Nouveau-Brunswick.

Le rapport indique qu’à plusieurs reprises, le Nouveau-Brunswick, la Nouvelle-Écosse et Terre-Neuve-et-Labrador ont dû retirer et réinstaller des installations, comme des maisons trop près des berges, en raison de l'érosion. Cette stratégie d’adaptation côtière peut entraîner de l'inquiétude de la part des résidents touchés. Des discussions avec la population sont à prévoir si les municipalités optent pour cette stratégie d'adaptation.

Les industries de la foresterie, de l’agriculture et de la pêche sont aussi vulnérables aux changements climatiques. Comme elles jouent un rôle crucial pour l’économie du Canada atlantique, elles ont un besoin commun de recherche, de surveillance et d’information pour l’élaboration de politiques afin de contrer les effets des changements climatiques.

L'impact sur la santé physique et mentale

Les changements climatiques ont un impact à court terme sur la santé des gens, selon le rapport. Les inondations peuvent exposer les gens à des conditions froides et humides ou à des agents infectieux lors de refoulement d'égouts. Le rapport souligne aussi l’impact négatif de la croissance de moisissures et de la réduction de la qualité de l’air dans les maisons ayant subi plusieurs inondations.

La santé mentale des résidents du Canada atlantique n’est pas épargnée par les changements climatiques. Le fait de perdre sa maison ou des effets personnels, ou de retourner dans une maison endommagée ou de la reconstruire peut nuire à la santé mentale.

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La crise du verglas a touché plusieurs communautés de la Péninsule acadienne en 2017, au Nouveau-Brunswick.

Photo : La Presse canadienne / Diane Doiron

Le rapport souligne aussi que les fréquentes tempêtes hivernales peuvent laisser les gens sans chauffage ou sans accès à de l’eau potable. Le document rappelle l’importante tempête de pluie verglaçante survenue au Nouveau-Brunswick en 2017. Plus d'un tiers des clients d’Énergie N.-B. a été privé d’électricité, et ce, pendant plus de 10 jours dans certaines régions.

Le Canada atlantique est géographiquement et climatiquement complexe et les impacts sur la santé humaine liés aux phénomènes météorologiques extrêmes, dont on prévoit que beaucoup augmenteront [...] sont particulièrement préoccupants.

Cibler les populations vulnérables

Pour s’adapter aux changements climatiques, le rapport propose de mettre à jour des cartes de vulnérabilité, ce qui permet de cibler les grandes populations de personnes âgées qui sont plus vulnérables aux vagues de chaleur, par exemple. Ainsi, il sera plus facile de cibler les besoins et les moyens d’interventions.

Nombre de jours prévus au-dessus de 30 °C

Ville

Années 2020 (prévues)

Années 2050 (prévues)

Années 2080 (prévues)

Fredericton (N.-B.)

16

31

53

Bridgewater (N.-É.)

12,6

21,6

31,4

Charlottetown (Î.-P.-É.)

2,2

5,3

12,3

La ville de Middleton, dans la vallée d’Annapolis, en Nouvelle-Écosse est située dans l’une des régions les plus chaudes du Canada atlantique. Cette Municipalité a analysé la vulnérabilité à la chaleur de sa population par zone et offre à ses citoyens des installations publiques avec des systèmes de contrôle de température, une piscine extérieure, des aires de jeux d’eau et des parcs avec des arbres.

Capacité d’adaptation limitée

Même si plusieurs bons coups sont cités en exemple dans le rapport de Ressources naturelles Canada concernant l’adaptation aux changements climatiques par les municipalités de l’Atlantique, le document note que cette capacité d’adaptation est souvent limitée par « des ressources humaines et financières restreintes. »

Le rapport note des lacunes en matière de connaissances pour comprendre comment les changements climatiques touchent tous les domaines de gouvernance et de la société. Des recherches approfondies et régulières doivent être faites.

Il est donc impératif d’encourager le partenariat entre les organismes et intervenants du secteur privé, les ONG, les gouvernements municipaux et provinciaux, les chercheurs et les intervenants du milieu de l’éducation. Cette collaboration offrant différents points de vue est un facteur important qui permettra aux communautés de mieux s’adapter aux changements climatiques.

Beaucoup considèrent que la capacité d’adaptation est dévolue à plusieurs organisations ou à un système, plutôt qu’à une seule organisation, et estiment que la participation à un réseau d’institutions peut renforcer collectivement la capacité d’adaptation.

Pour favoriser cette adaptation, il est essentiel de sensibiliser le public à l’impact de ces changements par une communication efficace et adaptée aux besoins et intérêts du public cible, peut-on lire dans le rapport. Les initiatives doivent être « mises en œuvre de manière proactive, plutôt que réactive. »

Les changements climatiques sont un problème commun qui exige une responsabilité partagée de tous les groupes.

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