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Omicron : un party de Noël en Norvège inquiète les autorités du Québec

Malgré les précautions, le virus a contaminé 80 des 111 participants à une fête tenue dans un restaurant d'Oslo.

Un plateau qui contient des verres de champagne, sur un comptoir dans un restaurant.

Toutes les règles sanitaires avaient été respectées dans le restaurant, affirme la santé publique norvégienne.

« C’est fou, c’est vraiment impressionnant », dit la coordonnatrice du séquençage de la COVID-19 au Québec, Sandrine Moreira, en racontant l'épisode du party de Noël d'Oslo. Selon les autorités sanitaires norvégiennes, le restaurant a été le théâtre d'une « transmission généralisée », puisque 73 % des participants au party de bureau ont été contaminés par le variant Omicron.

C'est vraiment inquiétant, dit une source à la santé publique québécoise, qui n'est pas autorisée à parler aux journalistes. Les autorités ne sont pas préoccupées des gens qui ont assisté à cette fête, mais plutôt que des événements avec une propagation aussi fulgurante se produisent ici.

Non seulement 80 des 111 participants au party de Noël norvégien ont été infectés, mais 60 autres personnes qui se trouvaient dans le même restaurant le soir du 26 novembre ont été également contaminées, conclut l'Institut norvégien de santé publique, après son enquête préliminaire.

Selon le quotidien norvégien VG, qui cite le propriétaire du restaurant Louise, de 400 à 500 personnes ont fréquenté le restaurant ce soir-là, en plus de la centaine de participants au party de bureau.

Les clients étaient doublement vaccinés contre la COVID-19, la vaste majorité avec des vaccins à ARN messager [Pfizer ou Moderna]. Les autorités sanitaires locales indiquent que tout avait été fait en règle et aucune règle n’a été violée.

« Tous les participants au party de Noël avaient dû passer un test de dépistage rapide avant la fête. Tout le monde avait obtenu un résultat négatif entre un et trois jours précédents. »

— Une citation de  Institut norvégien de la santé publique

La source de la contamination serait probablement une convive revenue d'Afrique du Sud quelques jours plus tôt.

Omicron comme coupable

L'analyse préliminaire des cas a confirmé que 17 personnes contaminées l'ont été par le variant Omicron et l'Institut norvégien de santé publique considère que la plupart des malades sont dans le même cas.

C’est un variant qui est extrêmement transmissible. À un niveau de contagiosité qu’on n’avait pas vu auparavant, explique Sandrine Moreira, la responsable de la coordination génomique et de la bio-informatique au Laboratoire de santé publique du Québec.

La propagation fulgurante du virus dans les derniers jours a été comparée à un raz-de-marée par le premier ministre britannique Boris Johnson. En Ontario, le nouveau variant sera dominant d'ici la fin de la semaine, selon le Groupe consultatif ontarien indépendant de lutte contre la COVID-19.

Chaque personne qui contracte ce variant contamine en moyenne 3,7 autres personnes.

« C’est vraiment énorme. »

— Une citation de  Sandrine Moreira, coordonnatrice du séquençage de la COVID-19 au Québec

À Montréal, sur les 95 personnes infectées par le variant Omicron, 90 % sont doublement vaccinées, a révélé mercredi la directrice régionale de la santé publique, la Dre Mylène Drouin.

Il faut réduire considérablement nos contacts d'ici Noël pour nous protéger, nous, mais aussi pour protéger la capacité de notre réseau de la santé, a-t-elle prévenu.

Des symptômes, mais pas de maladie grave, après le party de Noël

La santé publique norvégienne et la Ville d'Oslo ont interrogé par téléphone 95 % des participants au party de bureau. Leur enquête préliminaire conclut que tous ceux qui ont reçu un diagnostic de COVID-19, sauf un, ont ressenti des symptômes trois jours après le repas de Noël.

Plus de 70 % ont signalé de la toux, de la léthargie, des maux de tête, des maux de gorge et plus de la moitié ont eu de la fièvre. Aucun des participants n'a été gravement malade ou hospitalisé. La plupart sont âgés entre 30 et 50 ans.

Même si Omicron provoque des symptômes moins graves, le nombre de cas pourrait une fois de plus submerger les systèmes de santé qui ne sont pas préparés, a mis en garde l'Organisation mondiale de la santé, mardi.

« Nous sommes préoccupés par le fait que les gens considèrent Omicron comme bénin.  »

— Une citation de  Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur général de l'Organisation mondiale de la santé

C’est mécanique, c’est statistique, dit Sandrine Moreira. Quand on augmente le nombre de cas, il y a un plus grand risque d’avoir des personnes qui malheureusement finissent à l’hôpital. C’est là où il faut continuer de faire des efforts pour limiter la transmission.

Hydro-Québec a demandé à ses employés de suspendre les partys de bureau en raison de la progression inquiétante du variant Omicron.

Au Québec, les restaurants accueillent des grands groupes, mais ils doivent être séparés afin que chaque table compte un maximum de 10 convives.

La santé publique a aussi permis que la limite de 10 soit portée à 20 dans les résidences à partir du 23 décembre pour les partys de Noël familiaux, tant que les participants sont tous vaccinés.

Le premier ministre François Legault avait exprimé lui-même ce souhait. Face à la montée du variant, il a maintenu sa position mercredi.

La Norvège a dévoilé cette semaine des mesures renforcées pour empêcher l'explosion des cas associés au variant Omicron. Depuis mercredi, les bars et les restaurants ne peuvent plus servir de l'alcool, le télétravail est généralisé dans le pays et la campagne de vaccination accélérée pour que les plus de 45 ans reçoivent une troisième dose.

Maintenant, c'est sérieux, a déclaré le premier ministre norvégien Jonas Gahr Store.

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