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La nation anishinabeg accuse les Algonquins de l’Ontario d’appropriation culturelle

Kebaowek dénonce un manque de transparence des Laboratoires nucléaires canadiens.

Cinq personnes autour d'une grosse roche où il est inscrit « Minwamon Building ».

Le bâtiment porte le nom de Minwamon, qui signifie « chemin clair » en langue algonquine.

Photo : Laboratoires Nucléaires Canadiens

L’inauguration d’un nouveau bâtiment au nom autochtone des Laboratoires nucléaires canadiens à Chalk River a été dénoncée par la Première Nation de Kebaowek et la Nation algonquine anishinabeg. Le nom aurait été choisi par les Algonquins de l’Ontario, groupe qui n’est pas reconnu par les Anishinabeg.

Le 3 décembre dernier, les Laboratoires nucléaires canadiens (LNC) et Énergie atomique du Canada limitée (EACL) ont annoncé que les Algonquins de l’Ontario ont honoré un nouveau bâtiment et le nom que ces derniers lui ont donné : Minwamon, qui signifie chemin clair en langue algonquine.

Toutefois, la Première Nation de Kebaowek et la Nation algonquine anishinabeg affirment que les Algonquins de l'Ontario ne représentent pas véritablement les Algonquins, parce que leur groupe n’est pas constitué de communautés algonquines, à l’exception de la communauté de Pikwàknagàn.

Les Algonquins de l’Ontario ne sont pas Algonquins. Ils sont neuf communautés que le gouvernement fédéral a créées pour la négociation d’une revendication territoriale, indique Lance Haymond, chef de la Première Nation de Kebaowek, au Témiscamingue.

La Première Nation de Kebaowek

La Première Nation de Kebaowek (archives)

Photo : Radio-Canada / Tanya Neveu

La grande cheffe du Conseil tribal de la nation algonquine anishinabeg, Savanna McGregor, appuie Kebaowek. Elle affirme aussi que les Algonquins de l'Ontario ne sont pas légitimes.

Le fait que les Algonquins de l’Ontario agissent ainsi sur le territoire de notre nation algonquine sans respecter le protocole démontre que ces gens ne sont pas de véritables membres des Premières Nations, dit-elle.

Dans un communiqué de presse, Kebaowek qualifie d’appropriation culturelle le fait de donner un nom algonquin à ce nouveau bâtiment.

Les Algonquins de l’Ontario n’ont pas donné suite à nos demandes d'entrevue. Sur leur site web, ils se définissent comme 10 communautés algonquines qui, sur la base d’un protocole signé en 2004, travaillent ensemble pour arriver à une entente d’une revendication de territoire algonquin.

Des négociations étaient entamées

Lance Haymond affirme se sentir en colère, parce que sa communauté entretenait des discussions depuis plusieurs mois avec le ministère de l’Environnement du Canada et les LNC concernant les projets de ces derniers à Chalk River.

Cependant, il rapporte ne pas avoir été mis au courant que les LNC collaboraient aussi avec les Algonquins de l’Ontario.

Nous sommes frustrés que le gouvernement et d’autres entités comme les LNC utilisent les Algonquins de l’Ontario pour inventer du consentement et diffuser des annonces comme celle que nous avons vue en nommant cette installation. Ça fait juste envoyer le mauvais message, parce que ça donne l’impression que les Algonquins ont été consultés et qu’on est d'accord avec le nucléaire, déplore Lance Haymond.

Les LNC et EACL ont décliné notre demande d’entrevue. Ils ont répondu par courriel qu’ils sont particulièrement engagés envers la réconciliation avec les peuples autochtones.

Ils reconnaissent également que certains de leurs sites et activités sont situés sur des territoires autochtones traditionnels non cédés, dont les laboratoires à Chalk River.

Nos relations avec les communautés autochtones peuvent se situer à des stades différents selon les communautés; cependant, nous restons déterminés à travailler avec toutes celles intéressées pour apprendre, collaborer et progresser ensemble, écrivent-ils.

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