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Dons de sang : un critère excluant les hommes gais pourrait disparaître

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À l’heure actuelle, un homme qui n’a eu des relations qu’avec un seul homme au cours des trois derniers mois ne peut pas donner de sang.

Photo : iStock

La Société canadienne du sang (SCS) ne veut plus que les hommes soient empêchés de donner du sang s’ils ont eu une relation homosexuelle au cours des trois derniers mois.

Santé Canada a annoncé mercredi qu’elle a reçu une demande en ce sens de l’organisme sans but lucratif qui gère les dons de sang partout au pays, à l’exception du Québec.

La SCS propose d'abandonner l'approche actuelle de période d'exclusion de don de trois mois pour tous les hommes sexuellement actifs ayant eu des relations sexuelles avec d'autres hommes et d'adopter plutôt une approche d'exclusion de tous les donneurs ayant des comportements sexuels risqués, peu importe leur identité de genre ou leur orientation sexuelle, écrit Santé Canada dans un communiqué.

Une porte-parole de la SCS, Catherine Lewis, avait indiqué à La Presse canadienne il y a un mois que cette demande allait être déposée.

Les comportements sexuels et non l’orientation déterminent le niveau de risque de transmission du VIH. Les critères que nous proposons visent à identifier de manière précise et fiable les personnes à risque d’être porteuses d’une infection transmissible par le sang, avait-elle indiqué.

Santé Canada affirme qu’elle va s'assurer que tout changement s'appuie sur des données scientifiques probantes solides et demeure conforme aux normes rigoureuses du Canada en matière d'innocuité et de sécurité.

Le ministère indique que sa cible pour répondre à cette demande est de 90 jours, mais que cela peut varier en fonction de l'exhaustivité des données fournies et des discussions avec l'organisation.

À l’heure actuelle, un homme qui n’a eu des relations qu’avec un seul homme au cours des trois derniers mois ne peut pas donner de sang, alors qu’un homme hétérosexuel le peut, indépendamment du nombre de partenaires sexuelles qu’il a eues au cours de la même période.

Les femmes, elles, se font demander si elles ont eu une relation sexuelle au cours des trois derniers mois avec un homme qui, lui, aurait eu une relation sexuelle avec un autre homme dans les 12 derniers mois.

À Ottawa, le chef du Nouveau Parti démocratique, Jagmeet Singh, a salué cette annonce. Il affirme qu'il n'existe aucune base scientifique pour maintenir ce critère d'exclusion visant les hommes gais, qu'il a jugé homophobe.

La période d'exclusion des donneurs masculins ayant eu des relations sexuelles a été modifiée à plusieurs reprises au cours des dernières années. Elle est passée d'une exclusion à vie, décrétée en 1992, à une exclusion de cinq ans en 2013, d'un an en 2016, puis de trois mois en 2019.

Héma-Québec prendra un chemin différent

Un porte-parole d’Héma-Québec, Laurent-Paul Ménard, a confirmé à Radio-Canada que son organisation vise le même objectif que son pendant canadien, mais qu'elle prendra un autre chemin pour y parvenir.

Elle demandera plutôt à Santé Canada, au cours des prochains jours, d’abandonner ce même critère d’exclusion, mais uniquement pour les dons de plasma sanguin, la composante liquide du sang.

L’organisme sans but lucratif québécois estime que le risque peut être réduit plus clairement pour les dons de plasma sanguin en raison d’un traitement d’inactivation des pathogènes.

Cette mesure de sécurité supplémentaire dans la transformation du plasma apporte à notre avis un niveau d'acceptabilité plus grand pour les instances réglementaires, de même que pour les groupes de receveurs de produits sanguins, affirme M. Ménard.

Si Santé Canada autorise ce premier changement, ajoute-t-il, Héma-Québec pourra obtenir des données probantes qui lui permettront, si elles confirment qu’il n’y a pas de risque accru, de présenter une seconde demande pour l’ensemble des types de dons de sang.

C'est notre plan de match, affirme-t-il.

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