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En retard, Québec ignore le nombre de lecteurs de CO2 livrés aux écoles

Le ministère de l'Éducation évoque des « difficultés d’approvisionnement, de production et de transport ».

Jean-François Roberge regarde ses feuilles durant une conférence de presse.

Le ministre de l'Éducation du Québec, Jean-François Roberge

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

La majorité des écoles du Québec n'a pas reçu les lecteurs de dioxyde de carbone (CO2) qui doivent mesurer la qualité de l'air afin de prévenir la propagation de la COVID-19. Le plan du ministère de l'Éducation prévoyait pourtant que 100 % des classes soient fournies en date du 17 décembre. Pendant ce temps, un fabricant menace de déposer une plainte contre le gouvernement devant l'Autorité des marchés publics.

Le ministère multiplie les actions envers les fournisseurs pour que ceux-ci livrent [...] l’entièreté des lecteurs le plus rapidement possible, malgré le contexte de pénurie de composantes électroniques et les difficultés d’approvisionnement, de production et de transport vécues mondialement, explique le porte-parole du ministère de l'Éducation Bryan St-Louis.

Depuis le 4 décembre, Radio-Canada tente de connaître l'état d'avancement des livraisons dans les écoles du Québec. Après plusieurs relances, le ministère nous a répondu cette semaine que les lecteurs de CO2 ont tous été livrés vendredi 10 décembre dernier dans toutes les écoles ayant des locaux d’apprentissage jugés prioritaires, soit les priorités 1 et les priorités 2.

Malgré nos demandes répétées, le ministère ne nous a pas donné le nombre d'écoles qui correspond aux priorités 1 et 2.

Il existe au total quatre groupes de priorités. Les deux premiers correspondent aux établissements où au moins une classe a enregistré un résultat supérieur à 2000 parties par million (ppm) et supérieur à 1500 ppm de CO2 lors d'une série de tests menés l'hiver dernier, dans des conditions critiquées.

Officiellement, Québec demande de respecter une concentration de 1000 ppmpour garantir une bonne qualité de l’air, car un taux de CO2 supérieur nuit à la réussite éducative.

Au moins 35 % des classes équipées

Des capteurs de CO2 sans fil

La compagnie Assek va fournir plus de la moitié des capteurs de CO2 commandés par le gouvernement du Québec.

Photo : Assek

Selon des données dévoilées au Journal de Québec par un sous-ministre associé, les écoles de priorités 1 et 2 représentent 16 800 classes. Comme la province compte 48 000 classes, ça signifie qu'au moins 35 % d'entre elles ont reçu les appareils.

Certaines écoles de priorité 3 en auraient aussi reçu, mais le ministère n'a pas été en mesure de nous dire combien.

Québec ne connaît pas non plus les quantités de lecteurs de CO2 réellement en fonction sur le terrain. En effet, un appareil livré doit ensuite être installé. Selon nos informations, le délai peut-être long entre les deux.

L’installation des lecteurs de CO2 est la responsabilité des centres de services scolaires, des commissions scolaires et des établissements d’enseignement privés, explique Bryan St-Louis.

« Le ministère les a sensibilisés fréquemment à l’importance de procéder sans délai à l’installation des lecteurs dès leur réception. »

— Une citation de  Bryan St-Louis, porte-parole du ministère de l'Éducation du Québec

En plus des 48 000 classes du Québec, les lecteurs seront installés dans les cafétérias, les gymnases, les salles communes, les corridors, ainsi qu'à l'extérieur. Outre le CO2, ils mesureront la température et l'humidité.

Quoi faire en cas de mauvais résultat?

Le ministère explique que si l’enseignant observe une concentration de CO2 supérieure à 1000 ppm, il doit ouvrir la fenêtre pour permettre l’aération du local. Les directions d'écoles surveilleront, quant à elles, les moyennes de concentration afin de sensibiliser les intervenants en classe à la bonne ventilation des locaux et pourraient même engager des travaux majeurs de ventilation.

Les retards s'accumulent dans le dossier

Une classe remplie de pupitres, sans élèves.

L'enjeu de la ventilation a mis le gouvernement dans l'embarras une bonne partie de l'année 2021.

Photo : CBC/Evan Mitsui

Dans le Plan pour la rentrée 2021, publié avant l'été par le gouvernement, il était indiqué que les écoles allaient être bien préparées avec notamment un détecteur de CO2 dans toutes les classes.

Finalement, ce n'est que le 16 juillet, avec plus d'un mois de retard sur l'échéancier prévu, que Québec avait publié son appel d'offres.

Le gouvernement devra payer au moins 75 millions de dollars pour installer 90 000 lecteurs.

C'est demain que toutes les écoles du Québec devaient être équipées de lecteurs de dioxyde de carbone, afin de mesurer la qualité de l'air. Le gouvernement du Québec ignore combien de lecteurs de CO2 ont été installés. Les réactions de Sylvain Mallette, président de la fédération autonome de l'enseignement.

La Fédération autonome de l'enseignement réclame plus d'échangeurs d'air

La FAE, qui représente 50 000 enseignants, demande à Québec d’installer des échangeurs d’air dans beaucoup plus de classes, alors que la situation sanitaire dans les écoles inquiète, en vue de la rentrée de janvier. « Malgré les 376 échangeurs d’air que le gouvernement a fourni aux classes dites les plus  problématiques  au cours de l’automne, force est de constater que ceux-ci ont été en nombre nettement insuffisant », écrit le syndicat.

Menace de poursuite

Une compagnie qui avait remporté une partie du contrat avant d'être disqualifiée menace le gouvernement de déposer une plainte contre lui devant l'Autorité des marchés publics (AMP).

Il s'agit de l'entreprise de Lettonie SAF Tehnika, cotée en bourse au NASDAQ Nordic, qui fabrique le lecteur de CO2 Aranet. Par l'intermédiaire de son sous-traitant canadien, Pilot Things, elle avait été la plus basse soumissionnaire pour un des lots.

Sa représentante de produits au Canada, Evja Baula, affirme que la compagnie a été disqualifiée pour une raison technique contestable.

Evja Baula rappelle par ailleurs que, contrairement à ses concurrents, elle ne fabrique pas ses produits en Chine, mais en Lettonie. On ne fait pas face aux mêmes problèmes de transport. Les écoles du Québec auraient été pourvues plus rapidement si le gouvernement ne nous avait pas écartés, conclut-elle.

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