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En pleine flambée d’Omicron, Boris Johnson fragilisé par la fronde de ses troupes

Boris Johnson porte un masque.

Le premier ministre britannique Boris Johnson, au sortir de Downing Street, mercredi.

Photo : Reuters / Henry Nicholls

Agence France-Presse

En pleine flambée du très contagieux variant Omicron, le premier ministre britannique Boris Johnson a défendu mercredi ses mesures pour contrer la propagation de la COVID-19, après une rébellion sans précédent de ses troupes au Parlement qui met à mal son autorité.

Deux ans après sa victoire électorale historique, le dirigeant conservateur est fragilisé par une série de scandales, sur les conflits d'intérêts au sein de son parti ou encore les fêtes à Downing Street fin 2020 au mépris des règles sanitaires. Il risque jeudi la perte d'un bastion conservateur lors d'une législative partielle test.

Mardi soir, il a subi un camouflet à la Chambre des communes : 99 députés de sa majorité ont voté contre l'instauration d'un passeport sanitaire pour les grands événements. Il a fallu le soutien de l'opposition travailliste pour adopter cette mesure phare du gouvernement visant à lutter contre le raz-de-marée des cas d'Omicron dans un pays qui comptabilise déjà 146 500 morts de la COVID-19.

L'évolution de la COVID-19 d'heure en heure.

Il s'agit de la plus grosse rébellion subie par Boris Johnson. À l'échelle du parti, seule l'ex-première ministre Theresa May avait déjà essuyé pire soufflet depuis la Seconde Guerre mondiale, avant d'être destituée par les siens.

Coup de massue, grand revers ou encore Boris meurtri : les journaux britanniques soulignaient mercredi l'ampleur de la défiance, alors que seulement une soixantaine de Tories rebelles étaient initialement attendus, et non 99.

Nous avons gagné le vote d'hier avec les voix des conservateurs, s'est défendu Boris Jonhson, lors de la séance hebdomadaire des questions des députés, particulièrement agitée.

Je respecte et comprends les inquiétudes légitimes de mes collègues concernant les restrictions de leur liberté, a-t-il ajouté, mais je crois que l'approche que nous adoptons est équilibrée, proportionnée et juste pour ce pays.

Les députés conservateurs ont eu tort de voter contre des mesures sanitaires basiques, mais je peux comprendre pourquoi, car ils sont en colère contre lui, lui a lancé le leader travailliste Keir Starmer, jugeant le chef du gouvernement trop faible pour gouverner et lui demandant s'il avait la confiance et l'autorité nécessaires.

Keir Starmer est debout et parle dans la Chambre des communes, sous le regard des élus.

Le leader travailliste Keir Starmer questionne le premier ministre Boris Johnson à la Chambre des communes du Royaume-Uni.

Photo : via reuters / Parlement britannique/Jessaica Taylor

Cette rébellion signe le mécontentement de certains Tories à l'encontre de mesures sanitaires qu'ils jugent liberticides et néfastes pour l'économie britannique. Mais il s'agit aussi d'une sanction plus large à l'encontre d'un gouvernement qui multiplie les scandales.

Le premier ministre a reçu hier le message très clair que ses collègues ne sont pas contents de la façon dont le gouvernement fonctionne en ce moment, a indiqué sur les ondes de Times Radio le député conservateur Mark Harper

Selon lui, tout a commencé il y a plusieurs semaines, lorsque Boris Johnson a tenté de modifier les règles disciplinaires du Parlement au profit d'un député conservateur, Owen Paterson, qui a dû démissionner pour une affaire de lobbying.

À cela s'ajoutent des révélations explosives sur la tenue d'événements à Downing Street en décembre 2020 – quand le gouvernement exigeait des Britanniques qu'ils limitent extrêmement leurs interactions sociales – et de nombreuses accusations de corruption.

Un gouvernement en fonction, mais plus au pouvoir

Devant ce ras-le-bol des Tories, le Parti conservateur pourrait organiser un vote de défiance à l'encontre de son dirigeant, en perte drastique de popularité dans les sondages. Le député Goeffrey Clifton-Brown a déjà publiquement indiqué sur Sky News souhaiter un tel scrutin.

Les vautours tournent à nouveau, deux ans à peine après que le Parti conservateur a déchiré son dernier dirigeant, a estimé dans le Guardian l'éditorialiste Polly Toynbee, pour qui la ministre des Affaires étrangères Liz Truss constituerait la candidate évidente pour succéder à Johnson.

Le gouvernement dépend maintenant de Starmer pour fournir une majorité stable à sa politique, souligne dans un édito du Times Daniel Finkelstein, selon qui le gouvernement est en fonction, mais plus au pouvoir.

La légitimité du premier ministre sera mise à l'épreuve dès jeudi lors d'une élection partielle à valeur de référendum dans le North Shropshire (centre de l'Angleterre), destinée à remplacer Owen Paterson.

Selon les experts, ce bastion conservateur pourrait échapper au premier ministre au profit des libéraux-démocrates.

Certains députés ont suggéré en privé que la perte du North Shropshire enfoncerait le dernier clou du cercueil du leadership de M. Johnson, affirme le Daily Telegraph.

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