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Décentralisation en santé : la MRC de la Vallée-de-la-Gatineau élabore son projet pilote

L'entrée d'un édifice brun

Regardez le reportage du Téléjournal Ottawa-Gatineau sur le projet pilote en santé de la MRC de la Valléée-de-la-Gatineau.

Photo : Radio-Canada / Yasmine Mehdi

Radio-Canada

Les élus de la MRC de la Vallée-de-la-Gatineau ont adopté, mardi, à l'unanimité, le projet préliminaire du projet pilote de gouvernance locale en santé. Un projet qui vise à décentraliser les pouvoirs en matière de santé sur le territoire, et dont on connaît désormais les grandes lignes.

La MRC de la Vallée-de-la-Gatineau a engagé le consultant Roch Martel, gestionnaire retraité du réseau de la santé, pour rédiger la demande de projet pilote.

Ce qui a été mis en place en 2015 [...] a fait en sorte qu’on a réuni l’ensemble des établissements de la santé [...] dans des établissements de nature régionale [...]. La conséquence a été une hypercentralisation de l’ensemble des pouvoirs [...] et, en région [...], il s’en est suivi une concentration [...] de l’ensemble de la gouvernance vers Gatineau, vers le CISSS [de l'Outaouais], au détriment des communautés comme celle de la Vallée-de-la-Gatineau, analyse M. Martel.

Un homme en entrevue.

Roch Martel, consultant MRC Vallée-de-la-Gatineau

Photo : Radio-Canada / Jonathan Dupaul

La version finale du document adopté par les élus de la MRC devrait être adoptée en janvier, puis envoyée directement à Québec en février prochain, et non au Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) de l'Outaouais.

L'objectif est de mettre en place un véritable projet pilote de gouvernance locale et de gestion de proximité et aussi d’améliorer l’accès et la continuité des services, peut-on lire dans le document présenté aux élus.

« On veut que ce soit un projet pilote parce qu’on souhaite montrer l’exemple, que ça fonctionne et qu’ensuite, ce soit étendu à la grandeur du Québec. »

— Une citation de  Dre Audrey Bertrand, médecin de famille à Maniwaki

Il faut comprendre que l’objectif n’est pas de revenir en arrière [...], mais de s’assurer que tout ne se décide pas à Gatineau, qu’on donne une place aux gens de la Vallée-de-la-Gatineau, plaide M. Martel, en entrevue à ICI Ottawa-Gatineau.

Mettre en place une gouvernance locale

La structure de gestion envisagée par le projet pilote assurerait une gouvernance locale sous l’autorité de la PDG du CISSS de l’Outaouais.

Ainsi, un cadre supérieur serait affecté à temps plein à la Vallée-de-la-Gatineau. Son rôle serait de régler les problèmes d’intendance, de s’occuper de la gestion des opérations et de l’encadrement de la coordination des ressources humaines.

« Cette personne-là sera la référence pour la communauté [...] pour discuter de ce qui va et de ce qui va moins bien. »

— Une citation de  Roch Martel, consultant de la MRC de la Vallée-de-la-Gatineau et gestionnaire retraité du réseau de la santé

Pour la médecin de famille à Maniwaki, Dre Audrey Bertrand, un tel poste ferait une grande différence.

On ne peut pas attendre et être géré par des gens qui sont à des centaines de kilomètres, qui ne comprennent pas la réalité de ce qu’on vit et qui pensent avoir des solutions pour des gens qui ont une réalité totalement différente de la leur, illustre-t-elle.

Valorisant le travail soutenu du personnel, la préfète de la MRC de la Vallée-de-la-Gatineau, Chantal Lamarche, considère que l'implication des employés doit être appuyée par un cadre supérieur afin de les soutenir et les guider, pour que tout le monde soit bien soigné dans la Vallée-de-la-Gatineau.

Chantal Lamarche en entrevue à la télévision.

Chantal Lamarche, préfète MRC Vallée-de-la-Gatineau

Photo : Radio-Canada / Jonathan Dupaul

Autre avantage mis de l’avant par la préfète de la MRC de la Vallée-de-la-Gatineau, Chantal Lamarche, le service aux citoyens prioritaires.

Quand l’usager a un besoin immédiat, ça ne peut pas prendre six mois avant une réponse, ça ne peut pas prendre six mois avant de régler le problème. Il faut que ce problème se règle dans les heures ou les journées qui suivent, souhaite Mme Lamarche.

Une approche locale en ce qui a trait aux ressources humaines est aussi préconisée, afin de recruter des employés de la région.

Améliorer l’offre et l’accès aux services

Le projet pilote compte évaluer l’écart entre les besoins populationnels et l’offre de services de proximité au niveau de la première ligne.

On sait qu’on ne peut pas offrir dans la Vallée-de-la-Gatineau tous les services spécialisés, ça prend une masse critique [...], par contre, il y a des services spécialisés de base sur lesquels on pense qu’il devrait y avoir un niveau d’accessibilité qui soit plus grand, estime M. Martel.

Rappelons que plusieurs services offerts à l’Hôpital de Maniwaki ont dû être interrompus dans les dernières années, en raison d’une pénurie de personnel.

Ainsi, on souhaite assurer une plus grande disponibilité des médecins et évaluer avec eux la pertinence d’une utilisation accrue de professionnels et de technologues pour supporter leur pratique.

Le projet pilote prévoit aussi de mettre en place des indicateurs de performance pour mesurer les changements qui seraient apportés.

Une demande de longue date

En avril dernier, des médecins de l’Hôpital de Maniwaki avaient indiqué que les cadres en poste n'étaient pas sur place et que cela posait problème en matière de gestion du personnel.

Le CISSS de l’Outaouais avait réfuté cette affirmation en assurant que 23 cadres à temps plein travaillaient actuellement sur le territoire et s’étaient opposés à un changement de structure organisationnelle.

En 2018, la communauté de la Vallée-de-la-Gatineau s’est mobilisée pour maintenir son bloc opératoire en vie, alors qu’un manque criant d’anesthésiologistes menaçait la survie de ce service. Cette mobilisation dénonçait également de graves lacunes de communication entre la haute direction et les secteurs ruraux. Ce dossier a même mené au congédiement du PDG du CISSS de l’Outaouais, Jean Hébert.

Dans la foulée, un mandataire spécial, Sylvain Gagnon, a été désigné afin de brosser un portrait des problématiques dans ce secteur rural de l’Outaouais et de soumettre des recommandations aux autorités de santé régionales.

Une personne assise derrière une table en conférence, avec d'autres personnes assises avec elle.

Dre Audrey Bertrand, médecin de famille à Maniwaki

Photo : Radio-Canada / Jonathan Dupaul

Dans un rapport, le mandataire a notamment proposé de mieux coordonner les actions sur le territoire par la présence de cadres en autorité, responsables de l'organisation des services et des activités qui se réalisent à l'intérieur des installations de l'établissement et auprès des partenaires du milieu.

« M. Legault a dit publiquement qu’il souhaitait la décentralisation, je lui souhaite de prendre notre projet pilote, qu’il puisse s'en servir pour réaliser ses promesses. »

— Une citation de  Dre Audrey Bertrand, médecin de famille à Maniwaki

Selon M. Martel, l'élaboration de ce projet pilote intervient à un moment propice.

Ce n’est pas le seul territoire rural au Québec à travailler sur un dossier comme le nôtre. [...] Je pense que le timing est excellent parce que la mise en place des CISSS au Québec n’a pas apporté que du mauvais, mais pour les communautés rurales comme la Vallée-de-la-Gatineau, il y a beaucoup d’ajustements à faire et actuellement, avec ce qu’on a vécu avec la pandémie, les gens en parlent de plus en plus ouvertement, des groupes de médecins, de chercheurs, d’analystes, d’anciens gestionnaires [...] pour dire [...] qu’il faut redonner du pouvoir aux communautés locales sur un certain nombre d’éléments.

Avec les informations de Laurie Trudel

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