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L’Alberta retarde partiellement sa réforme controversée du programme scolaire

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La réforme scolaire du primaire prend plus de temps que prévu en Alberta.

Photo : Shutterstock

Les nouveaux programmes de langue et de littérature anglaise, de mathématiques et d'éducation physique seront les seuls à être enseignés dans les écoles primaires albertaines l’automne prochain.

La réforme controversée du programme de sciences sociales, mais aussi celle des programmes de sciences naturelles, des beaux-arts et de français langue première et d’immersion sont repoussés.

« Nous avons entendu haut et fort de la part des enseignants que ce n’était simplement pas possible [d’implanter tout le nouveau programme à l’automne].  »

— Une citation de  Adriana LaGrange, ministre de l’Éducation de l’Alberta

Nous avons écouté les précieux commentaires des parents, des acteurs du milieu de l’éducation, des enseignants et des Albertains, et nous faisons des changements importants au contenu et à l’implantation du programme pour refléter cela, explique la ministre de l’Éducation, Adriana LaGrange, par voie de communiqué.

Un nouveau comité consultatif sera mis sur pied au début de l’année 2022. Il devra soumettre une version finale des programmes scolaires de mathématiques, d'anglais et d'éducation physique au printemps.

La réforme de ces trois matières devra être enseignée dans toutes les écoles primaires albertaines dès l’automne, comme prévu.

De nouvelles ébauches de programmes pour les matières restantes seront aussi publiées au printemps prochain. 

Le comité consultatif devra étudier des façons de les mettre à l’essai à l’automne 2022. 

Le gouvernement n’a toutefois pas encore déterminé avec certitude quand les versions finales de ces programmes seront implantées.

Il n’a pas non plus révélé qui siégera au nouveau comité.

Réforme scolaire critiquée

Une première réforme du programme scolaire primaire avait été entamée par le gouvernement néo-démocrate de Rachel Notley, mais les conservateurs y ont mis un frein dès leur arrivée au pouvoir, estimant qu’elle était teintée d’idéologie politique.

Le gouvernement de Jason Kenney a ainsi recommencé le processus du début. Les ébauches de programme scolaire publiées depuis ont toutefois suscité de nombreuses critiques.

Des enseignants lui reprochent notamment d’avoir des attentes irréalistes quant à la quantité de concepts et de matières que les enfants peuvent assimiler et retenir selon leur âge. 

L’Association des enseignants de l’Alberta (ATA), entre autres, estime par ailleurs que l’inclusion des perspectives autochtones manque d’authenticité, alors que les perspectives des francophones, des femmes et de la communauté 2SLGBTQ+ sont pratiquement passées sous silence.

Une pétition en ligne lancée par l’ATA pour dénoncer cette situation a récolté plus de 23 000 signatures.

Les dinosaures et les changements climatiques inclus

Le ministère de l'Éducation a aussi publié ses plus récentes ébauches de programme, comprenant notamment des changements apportés en réponse aux commentaires reçus.

Le programme de sciences inclura dorénavant des sections sur les dinosaures, leur histoire et les fossiles trouvés en Alberta.

Des informations sur les changements climatiques y ont aussi été ajoutées.

Le programme d’éducation physique et de bien-être a aussi été revu, pour inclure des notions sur la diversité corporelle et le développement d’une image positive de son corps à partir de la maternelle.

Dans le programme de sciences humaines, certains sujets, comme la route de la soie, seront enseignés plus tard que ce que prévoyait la première ébauche.

Les fêtes culturelles francophones ont été ajoutées au programme de première année.

Du contenu sur les héritages culturels des francophones, des Premières Nations, des Inuit et des Métis sera aussi enseigné pendant plusieurs années.

La ministre de l’Éducation affirme toutefois que l’approche et la philosophie qui guident la réforme n’ont pas changé.

Nous croyons toujours à un programme riche en contenu, dit-elle.

Nous avons promis aux parents albertains que nous allions avoir une solide base de connaissances fondamentales et que nous allions avoir de la rigueur dans le programme. Nous ne nous en excusons pas.

Un pas dans la bonne direction

Le président de l’association des enseignants de l’Alberta, Jason Schilling, estime que le gouvernement a enfin fait un pas dans la bonne direction pour améliorer cette ébauche désastreuse de programme en retardant la transition dans plusieurs matières.

Mais il y a encore des problèmes importants avec le contenu proposé en langue anglaise, en math et en éducation physique et de bien-être, ajoute-t-il.

Selon lui, le programme met trop peu d’accent sur l’apprentissage et la pratique de l’écriture en anglais, par exemple.

Il dit aussi que la littérature suggérée dans le nouveau programme est dépassée et qu’elle ne reflète pas la réalité actuelle des élèves.

Par ailleurs, certains des éléments controversés du programme de sciences sociales sont demeurés intacts dans la nouvelle feuille de route.

Le sujet des pensionnats pour Autochtones, par exemple, n’est pas abordé avant la quatrième année, alors que la Commission de vérité et réconciliation recommande qu’il le soit dès la maternelle.

Taylor Schroeter, une mère de deux enfants établie à Beaumont, n’est pas convaincue que les changements de dernière minute puissent sauver la situation.

Dans le meilleur des cas, ils auraient brûlé [le programme au complet], lance-t-elle.

Selon elle, le processus de consultation lancé par le ministère était extrêmement insatisfaisant.

Elle a d’ailleurs cocréé le groupe Facebook Albertans reject curriculum draft (Les Albertains rejettent l’ébauche de programme scolaire) pour aider les parents à se faire entendre.

Il compte maintenant plus de 40 000 membres.

Avec des informations de François Joly et Janet French

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