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Ottawa et la Banque du Canada maintiennent à 2 % leur cible d’inflation

Chrystia Freeland et Tiff Macklem s'adressent aux journalistes.

La ministre des Finances du Canada, Chrystia Freeland et le gouverneur de la Banque du Canada, Tiff Macklem, ont renouvelé le cadre de la politique monétaire canadienne pour cinq ans.

Photo : The Canadian Press / Justin Tang

Le gouvernement Trudeau et la Banque du Canada s’entendent pour maintenir entre 1 % et 3 % la cible d'inflation annuelle au pays au cours des cinq prochaines années en dépit de la flambée des prix et des pénuries de main-d’œuvre des derniers mois.

Tous les cinq ans, le gouvernement fédéral et la Banque du Canada se rencontrent pour renouveler et réorienter au besoin la politique monétaire du pays en fonction de la situation économique actuelle et anticipée.

Dans la version renouvelée de la politique monétaire 2022-2026 présentée lundi, à Ottawa, la ministre des Finances, Chrystia Freeland, et le gouverneur de la Banque du Canada, Tiff Macklem, comptent bien entendu s’attaquer au contrôle de l’inflation et protéger le pouvoir d’achat des ménages canadiens. Ceux-ci paient de plus en plus cher pour combler leurs besoins de base comme se nourrir, se vêtir ou se déplacer à la faveur d'une économie surchauffée par la relance postpandémique.

« Nous connaissons la deuxième plus forte reprise de l’emploi parmi les pays membres du G7. Le nombre d’entreprises en activité a dépassé son niveau d’avant la pandémie. »

— Une citation de  Chrystia Freeland, ministre des Finances du Canada

La situation de l'emploi fait son entrée dans les calculs

Mais désormais, il n'y aura pas que l'inflation en tête des priorités de la Banque du Canada lorsque viendra le temps d'ajuster son taux directeur. Le maintien du niveau élevé de l'emploi au pays entrera aussi en ligne de compte.

Pour tenter de contenir la flambée des prix, la Banque du Canada continuera certes de baser ses interventions sur le taux d’augmentation sur 12 mois de l’Indice des prix à la consommation (IPC), mais elle devra aussi désormais veiller à maximiser le niveau d'emplois dans ses décisions.

Ce qui signifie que la banque centrale pourrait, par exemple, tolérer plus longtemps qu'à son habitude une inflation élevée – dans les limites prévues – dans le but de maintenir l'emploi à son niveau optimal. Ce qu'elle ne faisait pas avant.

La prise en compte des indicateurs liés à l'emploi dans ses calculs et prévisions constitue un changement notable dans le mandat de la Banque du Canada, qui n'avait pas été modifié depuis 1995.

« Le Canada a maintenant récupéré 106 % des emplois qu’il avait perdus durant la pandémie. »

— Une citation de  Chrystia Freeland, ministre des Finances du Canada

Flexibilité

Bien qu’elle demeure à 2 % jusqu’à nouvel ordre, la cible annuelle d'inflation continuera de bénéficier d'un intervalle de tolérance allant de 1 % à 3 %. Une mesure en place depuis 1991.

Compte tenu de l’incertitude quant au niveau d’emploi durable maximal qui serait en accord avec la stabilité des prix, la Banque continuera d’utiliser la flexibilité de la fourchette de maîtrise de l’inflation de 1 à 3 % pour rechercher activement ce niveau quand les conditions le justifient, peut-on lire dans la documentation de la Banque du Canada.

La banque centrale a également l’intention de tirer parti de cette flexibilité pour surmonter les défis posés par la faiblesse structurelle des taux d’intérêt, ce qui implique que l’institution pourrait, au besoin, maintenir son taux directeur à un niveau bas plus longtemps, et ce, même en période de poussée inflationniste.

L’institution assure par ailleurs qu’elle expliquera en détail chacune de ses décisions lorsqu’elle mettra à profit la flexibilité du cadre monétaire.

Cette nouvelle entente entre la banque centrale et le gouvernement fédéral sera officiellement valide jusqu’au 31 décembre 2026.

Flambée des prix à la consommation en Amérique du Nord

Le maintien d'une cible d'inflation à 2 % soulève plusieurs questions dans les milieux financiers ainsi que sur les bancs de l'opposition, où on s'inquiète devant la flambée des prix des derniers mois. En octobre dernier, l'inflation annuelle a grimpé à 4,7 %, du jamais vu depuis 18 ans au Canada.

La situation n'est guère mieux aux États-Unis, où la hausse des prix à la consommation a franchi la barre des 6 % le mois dernier, alimentant une hausse des prix jamais vue en 40 ans dans le pays.

Selon la ministre Chrystia Freeland, au cours de la pandémie, des millions de personnes à travers le monde ont tous redirigé en même temps vers l'achat de biens de consommation les sommes d'argent qu'ils consacraient auparavant à des services. Ce qui a décuplé la demande, alors que le transport des biens et marchandises étaient, lui, entravé par les restrictions sanitaires.

Mercredi dernier, la Banque du Canada estimait que les perturbations dans le transport et la production industrielle touchée par la pandémie sont en grande partie responsables des goulots d’étranglement qui déstabilisent l’offre.

Les produits, carburants et matériaux étant plus rares, ils sont plus courus et donc plus chers. Comme les denrées et les produits de consommation sont plus chers, des pressions s’exercent sur les salaires.

Dans ses prévisions, la Banque du Canada estimait que l’inflation devrait demeurer élevée encore un moment – au moins jusqu’à la première moitié de 2022 – avant de redescendre graduellement vers sa cible historique de 2 %.

Une prévision qui génère de plus en plus de scepticisme, notamment aux États-Unis, où le patron de la FED, Jerome Powell, déclarait le 30 novembre dernier devant la commission bancaire du Sénat qu’il n’est plus approprié d’utiliser le terme transitoire pour qualifier le niveau élevé d’inflation observé dans son pays.

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