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Les dirigeants ouest-africains exigent de nouveau des élections au Mali

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Le colonel Assimi Goïta est arrivé à la tête du pays sahélien par un putsch en août 2020 (archives).

Photo : Reuters / AMADOU KEITA

Agence France-Presse

Les dirigeants ouest-africains réunis en sommet au Nigeria dimanche ont de nouveau exigé des élections au Mali en février et imposeront des sanctions supplémentaires dès le 1er janvier sans engagement des autorités maliennes en ce sens.

Les chefs d'État, après de longs échanges, ont décidé de maintenir la date du 27 février 2022 pour l'organisation des élections au Mali. Ils ont décidé de l'entrée en vigueur de sanctions additionnelles en janvier 2022 si les autorités n'honorent pas leur engagement initial de tenir à cette date des élections censées ramener les civils au pouvoir, a dit devant la presse le président de la Commission de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO), Jean-Claude Kassi Brou.

La nature desdites sanctions n'a cependant pas été précisée. Le médiateur de la CEDEAO dans la crise, Goodluck Jonathan, se rendra dans les prochains jours au Mali pour des discussions avec les autorités, a précisé cette source.

La CEDEAO est donc passée outre à la tentative d'apaisement du président de transition malien, le colonel Assimi Goïta, qui s'était engagé avant le sommet à soumettre un calendrier électoral avant le 31 janvier.

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Le colonel Assimi Goïta

Photo : Reuters / FRANCIS KOKOROKO

Avant le sommet, le colonel Goïta, arrivé à la tête du pays sahélien par un putsch en août 2020 et conforté par un second coup d'État en mai 2021, a écrit à la présidence en exercice de l'organisation.

La République du Mali, par ma voix, s'engage à vous fournir au plus tard le 31 janvier 2022 un chronogramme [calendrier] détaillé, a-t-il affirmé dans ce courrier de deux pages.

Lors du précédent sommet le 7 novembre, les dirigeants ouest-africains avaient pris acte de l'officialisation par les autorités maliennes qu'elles ne respecteraient pas leur engagement à organiser fin février 2022 des élections présidentielles et législatives qui ramèneraient les civils à la direction du pays, plongé dans une profonde crise aussi bien sécuritaire que politique et économique.

La CEDEAO avait gelé les avoirs financiers et interdit de voyage au sein de l'espace ouest-africain tous ceux qu'elle jugeait coupables de retarder les élections : environ 150 personnalités, dont le premier ministre et quasiment tout le gouvernement, ainsi que leurs familles.

Le retour à l'ordre constitutionnel, une priorité

Pour justifier un report électoral dont on ignore la durée, le gouvernement malien invoque l'insécurité persistante. Depuis des insurrections indépendantiste et djihadiste en 2012, ce pays pauvre et enclavé est livré aux agissements de groupes affiliés à Al-Qaïda et au groupe armé État islamique, ainsi qu’aux violences de toutes sortes perpétrées par des milices autoproclamées d'autodéfense et des bandits. Les forces régulières sont elles-mêmes accusées d'exactions.

Malgré le déploiement de forces onusiennes, françaises et étrangères, la violence s'est propagée au Burkina Faso et au Niger voisins. Aucune amélioration n'a été constatée au Mali depuis la prise du pouvoir par les militaires.

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Des soldats près du village de Kandadji qui se situe dans la région appelée des « trois frontières » (Niger, Mali et Burkina Faso), où des groupes de djihadistes présumés ont multiplié les attaques contre les civils.

Photo : afp via getty images / BOUREIMA HAMA

Dans son courrier, le colonel Goïta ne s'étend pas sur les problèmes de sécurité du pays, illustrés par le massacre de plus de 30 civils par de présumés djihadistes et la mort de sept Casques bleus tués par un engin explosif en décembre dans le centre du pays.

Il invoque les efforts entrepris pour créer les conditions propices à la tenue d'élections transparentes et crédibles : intensification des opérations pour sécuriser le territoire, présentation d'une loi électorale et lancement samedi de consultations, appelées Assises nationales de la refondation, présentées par le gouvernement comme un préalable indispensable.

Ces Assises sont censées déboucher sur des recommandations en vue de réformes de fond. Le bien-fondé des Assises est très contesté au Mali.

Le retour à l'ordre constitutionnel est et demeurera ma priorité absolue, assure le colonel Goïta.

Après le Mali, la CEDEAO a connu en septembre son troisième putsch en un an dans la sous-région, avec le renversement en Guinée du président Alpha Condé.

Elle a suspendu la Guinée de ses instances et sanctionné individuellement les membres de la junte. Elle a réclamé la tenue d'élections dans un délai de six mois.

L'homme fort de la Guinée, le colonel Mamady Doumbouya, a promis de rendre le pouvoir aux civils. Mais il refuse de se laisser dicter un délai de transition.

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