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Je ne suis pas un robot : une série sur le monde aliénant de la modération web

Une femme est assise à son bureau de travail, qui est orné de plusieurs animaux en porcelaine.

Geneviève Schmidt dans le rôle de Marie-Chantal, une modératrice de contenu un peu naïve qui vivra une véritable descente aux enfers.

Photo :  Télé-Québec

Radio-Canada

Dans Je ne suis pas un robot, une comédie noire qui tire sur l’horreur, la réalisatrice Mélanie Charbonneau nous propose une incursion dans le difficile métier des modérateurs et modératrices de contenu pour les grands réseaux sociaux. Cœurs sensibles s’abstenir.

En janvier 2020, The Verge nous apprenait que les gens chargés de la modération de YouTube avaient été invités à signer un document dans lequel ils reconnaissaient les risques de stress post-traumatique (TSPT) liés à leur travail; une directive qui avait fait grand bruit.

Viols, décapitations, torture, pédopornographie… Les personnes qui filtrent le contenu qui se trouve sur le web doivent en effet faire face quotidiennement au pire de ce que l’humanité peut imaginer. Et ce n’est pas seulement sur YouTube.

D’après les Facebook Papers, des milliers de documents internes de Facebook révélés par la lanceuse d’alerte Frances Haugen, le nombre de messages haineux, violents, sexuels ou racistes bloqués sur plateforme au Canada s’élèverait à environ 123 000 par mois.

La descente aux enfers de Marie-Chantal

La nouvelle websérie de Mélanie Charbonneau, qui nous a entre autres offert le film Fabuleuses, nous plonge dans le quotidien de Marie-Chantal, interprétée par Geneviève Schmidt, une femme un peu naïve qui travaille depuis plusieurs années pour l’entreprise de modération Soulshine.

Bien que déjà désensibilisée, elle finit par tomber sur la vidéo de trop, celle qui touche une corde sensible. S'ensuit une véritable descente aux enfers, alors que Marie-Chantal sombre dans la folie. Ce qui me fascine dans mon personnage de femme-enfant est sa naïveté et sa volonté à se convaincre que sa vie a du sens, qu’elle sauve l’humanité du pire de l’Internet, a résumé Geneviève Schmidt.

La série met également en vedette Leïla Donabelle Kaze, Nicolas Michon et Jade-Mariuka Robitaille.

« En utilisant les réseaux sociaux, on impose à des humains de trier du contenu choquant et de vivre des traumatismes au quotidien. Finalement, on sacrifie les modérateurs de contenus pour un accès sain aux réseaux sociaux. »

— Une citation de  Mélanie Charbonneau, réalisatrice

Une fiction qui flirte dangereusement avec la réalité

Bien qu’ancrée dans la fiction, la série s’inspire grandement de faits véridiques. Sandrine Viger-Beaulieu et Charles-Alex Durand, le tandem qui a écrit Je ne suis pas un robot, se sont d’ailleurs basés sur des reportages publiés par Vice et The Verge mettant en lumière la réalité de l'équipe de modération de Facebook.

J’ai voulu écrire sur les modérateurs web pour mettre en lumière leur métier aliénant et problématique, mais aussi parce que je trouve leur quotidien profondément absurde et inspirant, a expliqué Mme Viger-Beaulieu, qui est également idéatrice de la série, dans un communiqué.

Un bureau où les employés passent leurs journées à trier de la pornographie, de la violence, du contenu haineux et des complots, c'est dur de trouver mieux pour camper une comédie noire.

Les six épisodes de Je ne suis pas un robot sont offerts gratuitement sur le site de Télé-Québec (Nouvelle fenêtre).

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