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Loi 21 : l’enseignante de Chelsea n’aurait pas dû être embauchée, dit François Legault

François Legault, en conférence de presse, écoute une question avec un air sérieux.

Le premier ministre du Québec, François Legault, s'est dit surpris d'apprendre que l’enseignante a été embauchée par la Commission scolaire Western Québec.

Photo : Radio-Canada / Sylvain Roy Roussel

Radio-Canada

Fatemeh Anvari, une enseignante à l’École primaire Chelsea en Outaouais, n’aurait pas dû être embauchée, a déclaré vendredi le premier ministre François Legault.

On a fait le choix de la laïcité au Québec et on a adopté en bonne et due forme la loi 21, a affirmé M. Legault, en point de presse.

Rappelons que Fatemeh Anvari est une enseignante musulmane qui porte le hijab. Elle a dû quitter ses fonctions après avoir refusé d’enlever son voile, comme l'exige la Loi sur la laïcité de l’État. Elle a été affectée à d'autres tâches au sein de l'établissement scolaire.

Fatemeh Anvari avait depuis peu un poste permanent comme enseignante dans une classe de troisième année et avait auparavant fait de la suppléance dans ce même établissement.

« Moi, je vis bien avec le choix qu’on a fait, comme la France l’a fait et comme d’autres pays l’ont fait. C’est le choix de la laïcité. »

— Une citation de  François Legault, premier ministre du Québec

François Legault s’est même dit surpris d'apprendre que l’enseignante avait été embauchée par la Commission scolaire Western Québec, qui administre l’École primaire Chelsea.

Quand elle a été embauchée, ils auraient dû aviser l’enseignante. Ce n’est pas quelque chose de nouveau, là, a-t-il déclaré, et les commissions scolaires sont là pour faire respecter la loi, a-t-il ajouté. Selon lui, l’employeur n’a probablement pas été clair lors de l’embauche.

M. Legault a rappelé que la loi 21 est sans équivoque : les personnes en autorité, incluant les enseignants, ne peuvent pas porter de signes religieux.

Triste et désolant

Le député libéral du Pontiac, André Fortin, soutient que le premier ministre Legault a une vision réductrice du concept de la laïcité. En point de presse, vendredi matin, il a qualifié la situation de désolante.

« Je dois vous dire que, depuis ce matin, je suis triste par rapport à cette situation-là », a-t-il déclaré. « Je suis triste pour les enfants qui ont perdu une enseignante qu'ils aimaient et les parents qui avaient confiance en cette enseignante-là .»

L'affaire est tout aussi déplorable pour la députée de Québec solidaire de Sainte-Marie–Saint-Jacques, Manon Massé. Dans un contexte de pénurie d’enseignants au Québec, cette situation est incompréhensible, a-t-elle déclaré.

« Est-ce que l'on peut se dire qu'à l'heure où on se parle, le Québec ne peut pas se priver d'enseignantes? »

— Une citation de  Manon Massé, Québec solidaire

À Ottawa, les réactions ont été tout aussi vives.

La ministre fédérale du Revenu national, Diane Lebouthillier, n'a pas été en mesure de cacher son étonnement.

« Je trouve ça dommage parce qu'on a des gens qui sont compétents. On doit évaluer les gens sur leur compétence et pas sur leur habillement », a-t-elle dénoncé.

Le gouvernement fédéral va-t-il s'immiscer dans le dossier? « C'est une question pour le procureur général », s'est borné à dire le ministre de la Sécurité publique, Marco E. L. Mendicino. « Dans mon opinion, c'est une loi discriminatoire. »

Le bureau du premier ministre Justin Trudeau dit suivre cette affaire de près , alors que des contestations judiciaires contre la Loi sur la laïcité de l'État suivent leur cours au Québec.

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