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François Legault dresse le bilan d’un « gouvernement proche du monde »

François Legault parle, tandis que Geneviève Guilbault et Simon Jolin-Barrette se tiennent en retrait, derrière lui.

Le premier ministre François Legault, accompagné de la vice-première ministre Geneviève Guilbault et du ministre de la Justice, Simon Jolin-Barrette, a présenté son bilan de fin de session parlementaire.

Photo : Radio-Canada / Sylvain Roy Roussel

À moins d'un an du scrutin, et au terme d'une session parlementaire moins marquée par la pandémie que les précédentes, le premier ministre du Québec, François Legault, s'est félicité du bilan de son gouvernement tout en défendant sa gestion de la pandémie.

Car il y a eu le printemps 2020, une première vague de contaminations, la débâcle dans les CHSLD, la mort de presque 4000 personnes... Autant de faits douloureux qui collent à la peau du gouvernement Legault.

Après que Radio-Canada eut révélé que des gestionnaires de CHSLD avaient lancé, en vain, des appels à l'aide, l'opposition a accusé le gouvernement de la Coalition avenir Québec (CAQ) de manquer de transparence.

Ça fait évidemment toujours mal de se rappeler toutes les personnes qui sont décédées durant la première vague, a admis le premier ministre, alors qu'il dressait le bilan de la session parlementaire qui s'achève à l'Assemblée nationale du Québec.

Mais aux partis d'opposition qui réclament d'une seule voix la tenue d'une enquête publique et indépendante sur cette période funeste, il continue de dire non.

Actuellement, il y a quatre enquêtes, a déclaré François Legault, qui se dit convaincu qu'elles permettront d'aller au fond des choses.

La coroner Géhane Kamel et la commissaire à la santé Joanne Castonguay, qui mènent respectivement deux de ces enquêtes, sont des personnes indépendantes qui ont le mandat et les pouvoirs de l'équivalent d'une enquête publique, affirme le premier ministre.

La vérificatrice générale, Guylaine Leclerc, passera quant à elle au peigne fin les dépenses de quelque 21 milliards de dollars engagées par Québec pour lutter contre la pandémie et soutenir l’économie.

Enfin, une autre enquête, menée celle-là par la protectrice du citoyen Marie Rinfret, s'est close sur un terrible constat : Les CHSLD n’ont été pris en compte dans aucun scénario de préparation de la pandémie.

Je ne vous cacherai pas que j'ai trouvé ça dur, a dit M. Legault à propos des conclusions de la protectrice du citoyen.

« J'ai pris et je continue de prendre ma part de responsabilités dans ce qui s'est passé. »

— Une citation de  François Legault

Mais il refuse l'assertion de la cheffe libérale Dominique Anglade qui l'a tenu responsable, dit-il, du décès d'un homme après la fermeture du service d'urgence à Senneterre. Je suis fait fort, s'est-il exaspéré, mais c'est difficile d'entendre des choses comme celles-là.

Des regrets, il en a : Si on avait su, j'aurais souhaité qu'on augmente, entre autres, les salaires des préposés aux bénéficiaires plus rapidement.

Quand on a vu à partir de mars 2020 la situation, je pense qu'on a tout fait pour agir, se défend-il.

Un gouvernement nationaliste, économique et proche du monde

Faute de pouvoir tourner la page sur la pandémie – le Québec enregistrait 2013 nouveaux cas de coronavirus vendredi – le premier ministre se fait fort de rappeler que la province performe dans l'arène économique. On a actuellement une des meilleures croissances économiques au monde, affirme-t-il, et le taux de chômage le plus bas de toutes les provinces canadiennes.

Devant la pénurie de main-d'œuvre, son gouvernement n'est pas resté les bras croisés, soutient le premier ministre.

Il cite en exemple les préposés aux bénéficiaires, dont la durée de formation est passée de 18 mois à quelques mois, ce qui a permis la formation et l'embauche de 9000 d'entre eux.

Et il qualifie d'audacieux et d'ambitieux le programme de bourses instauré à l'intention d'étudiants du collégial et de l'université qui s'inscrivent dans des secteurs où la pénurie de travailleurs qualifiés est encore plus criante, en technologies de l'information, par exemple.

Devant l'inflation qui fait augmenter notamment le coût des denrées, son gouvernement accordera en janvier 400 $ aux ménages québécois à plus faible revenu et 1200 $ aux personnes âgées de 70 ans et plus (par couple).

Le gouvernement de la CAQ est nationaliste, économique et proche du monde, se targue M. Legault à moins d'un an du scrutin, une échéance pour laquelle les partis d'opposition fourbissent leurs armes.

Jeudi, dans son bilan de fin de session, la cheffe de l'opposition officielle a tracé à grands traits le portrait d'un éventuel gouvernement Anglade. La cheffe du Parti libéral du Québec (PLQ) assure qu'elle ne prolongerait pas l'état d'urgence sanitaire comme le fait actuellement le gouvernement Legault.

Dominique Anglade reproche aussi au gouvernement d'agir de façon paternaliste, d'être déconnecté et de gouverner par sondages.

Des sondages qui sont par ailleurs favorables à la CAQ à l'aube de cette année électorale.

Mais François Legault affirme ne rien tenir pour acquis. Je pense que ça va se resserrer dans les prochains mois, a-t-il même évoqué relativement à l'écart qui sépare la CAQ de ses opposants dans les intentions de vote.

Questionné sur ses craintes à cet égard, il a joué de prudence : J'aime mieux regarder ce scénario-là [...] assurons-nous de mériter la confiance des Québécois.

Un gouvernement autoritaire, dit QS

Vendredi, Québec solidaire (QS) dressait à son tour son bilan de fin de session en se présentant comme la solution de rechange au gouvernement caquiste au jour du vote, le 3 octobre prochain.

Un gouvernement qui se montre autoritaire, de l'avis du député de Gouin, Gabriel Nadeau-Dubois.

Vendredi, François Legault s'est fait demander s'il était sur la défensive devant les attaques de l'opposition. Je suis quelqu'un qui est passionné, a-t-il offert en guise d'explication, avant de s'en prendre au chef du deuxième groupe d'opposition, Gabriel Nadeau-Dubois.

François Legault reproche notamment à ce dernier de l'avoir, à répétition, accusé de négliger les éducatrices lorsque son gouvernement négociait un nouveau contrat de travail avec les employés des centres à la petite enfance (CPE).

Selon lui, M. Nadeau-Dubois savait fort bien que le problème n'était pas avec les éducatrices, mais avec les employés de soutien des CPE.

Ça me choque de voir quelqu'un qui dit des faussetés, a répété M. Legault, pour qui Gabriel Nadeau-Dubois fait de la vieille politique, même s'il est jeune.

Gros programme sur le plan législatif

Le menu législatif de la prochaine session, l'avant-dernière avant le prochain scrutin, s'annonce chargé. Plusieurs projets de loi doivent encore franchir nombre d'étapes avant leur adoption.

Deux d'entre eux sont pilotés par le ministre Simon Jolin-Barrette : le projet de loi 96, qui propose une vaste réforme de la loi 101, et le projet de loi 2, qui prévoit autoriser le recours aux mères porteuses tout en revoyant les notions de sexe et de genre.

Il y a aussi le projet de loi 1, piloté par le ministre Mathieu Lacombe et destiné à améliorer l’accessibilité au réseau des services de garde éducatifs à l’enfance et à le compléter. Et il y a le projet de loi 15, parrainé par le ministre Lionel Carmant, qui veut faire de l'intérêt de l'enfant la considération première dans l’application de la Loi sur la protection de la jeunesse.

Par ailleurs, François Legault s'est dit vendredi favorable à l'élargissement de la Loi concernant les soins de fin de vie pour permettre les demandes anticipées de personnes ayant reçu, par exemple, un diagnostic d'alzheimer.

Avec les informations de La Presse canadienne

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