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La justice britannique valide l’extradition de Julian Assange vers les États-Unis

Des personnes tiennent des affiches et scandent des slogans.

Des partisans de Julian Assange ont manifesté vendredi devant le siège de la justice à Londres.

Photo : Reuters / Henry Nicholls

Agence France-Presse

La Cour royale de justice britannique a annoncé vendredi avoir approuvé l'extradition du fondateur de WikiLeaks Julian Assange vers les États-Unis.

La Cour autorise l'appel formé par les États-Unis, a déclaré le juge Tim Holroyde, ce qui signifie donc que la justice annule la décision de première instance et devra de nouveau statuer sur la demande d'extradition américaine.

Les hauts magistrats britanniques reviennent ainsi sur la décision initiale de la juge Vanessa Baraitser, qui s'était opposée il y a près d'un an à la remise aux autorités américaines de l'Australien de 50 ans, en raison du risque de suicide du fondateur de WikiLeaks.

Dans sa décision, vendredi, la Cour estime que les États-Unis ont fourni des assurances sur le traitement qui serait réservé au fondateur de WikiLeaks en cas d'extradition, répondant ainsi aux inquiétudes de la juge de première instance.

La compagne et avocate de Julian Assange, Stella Moris, a immédiatement dénoncé une grave erreur judiciaire, dans un communiqué transmis par WikiLeaks.

Elle arrive à la cour.

Stella Morris

Photo : Getty Images / Chris J Ratcliffe

Les États-Unis reprochent à Julian Assange d'avoir diffusé, à partir de 2010, plus de 700 000 documents classifiés sur les activités militaires et diplomatiques américaines, en particulier en Irak et en Afghanistan.

Poursuivi notamment pour espionnage, il risque jusqu'à 175 ans de prison dans une affaire qui représente, selon ses soutiens, une attaque gravissime contre la liberté de la presse.

Incarcéré dans une prison de haute sécurité près de Londres, Julian Assange avait été arrêté par la police britannique en avril 2019 après avoir passé sept ans dans l'ambassade londonienne de l'Équateur, où il s'était réfugié alors qu'il était en liberté sous caution.

Il craignait alors une extradition vers les États-Unis ou la Suède, où il faisait l'objet de poursuites pour viol, qui ont depuis été abandonnées.

Il fait un salut de la main droite.

Julian Assange depuis le balcon de l'ambassade de l'Équateur à Londres en mai 2017

Photo : The Associated Press / Frank Augstein

Le traitement réservé à Assange au cœur du litige

Lors de l'audience en appel au sujet de son extradition, qui s'est tenue sur deux jours fin octobre, les États-Unis ont cherché à rassurer sur le traitement qui lui serait réservé.

L'avocat représentant le gouvernement américain, James Lewis, a assuré qu'il ne serait pas incarcéré à la prison de très haute sécurité ADX de Florence, dans le Colorado, surnommée l'Alcatraz des Rocheuses, où sont notamment détenus en isolement quasi total des membres d'Al-Qaïda.

La justice américaine s'assurerait que le fondateur de WikiLeaks reçoive les soins cliniques et psychologiques nécessaires et qu'il puisse demander à purger sa peine en Australie, avait-il affirmé.

L'avocat de Julian Assange, Edward Fitzgerald, avait quant à lui rétorqué que les assurances américaines ne changent rien et que subsiste un grand risque de suicide, quelles que soient les mesures qui seraient prises.

Le mois dernier, Stella Moris, la compagne de Julian Assange avec laquelle il a eu deux enfants lorsqu'il était reclus à l'ambassade d'Équateur, a annoncé que le couple avait reçu l'autorisation de se marier à la prison de Belmarsh où l'Australien est détenu.

Il a également reçu le soutien d'une quarantaine de députés français de tous bords qui ont plaidé pour qu'il bénéficie de l'asile politique en France.

Julian Assange se trouve sous le coup de poursuites lancées sous la présidence de Donald Trump. Sous le prédécesseur de ce dernier, Barack Obama, qui avait Joe Biden pour vice-président, la justice américaine avait renoncé à poursuivre le fondateur de WikiLeaks.

L'élection de Joe Biden à la Maison-Blanche n'a pas apporté l'inflexion espérée par les soutiens de l'Australien.

Profondément inquiètes, plusieurs ONG, dont Amnistie internationale, Human Rights Watch et Reporters sans frontières, ont demandé mi-octobre dans une lettre ouverte au procureur général américain Merrick Garland d'abandonner ces poursuites.

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