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La carboneutralité toujours loin d’être en vue, selon la Régie de l’énergie du Canada

La REC prévoit que la production canadienne de pétrole augmentera jusqu’en 2032, avant de décliner.

Deux cheminées éliminent de la fumée.

Le rapport prévoit que le charbon occupera une place négligeable dans la consommation canadienne d'énergie.

Photo : CBC

Atteindre la carboneutralité en 2050 demandera une importante accélération de la lutte contre les gaz à effet de serre, selon la Régie de l’énergie du Canada (REC). Les prévisions de l’organisme fédéral qui encadre notamment le transport de pétrole par pipeline tiennent en plus pour acquise une importante croissance des capacités de captage et de stockage du carbone.

Dans son rapport annuel (Nouvelle fenêtre) sur l’avenir énergétique du Canada, la REC présente deux scénarios. Le premier affirme que les politiques climatiques sont maintenues dans leur état actuel jusqu’en 2050.

Le deuxième, qu’elle décrit comme son scénario central, prévoit que les mesures de lutte contre les changements climatiques deviendront progressivement plus ambitieuses en maintenant la tendance des dernières années.

Dans les deux cas, le Canada raterait son objectif de carboneutralité en 2050.

En général, nous calculons une diminution de 62 % de la consommation d’énergie fossile [dont les émissions ne sont pas captées], mais il va falloir faire encore plus de changements pour atteindre le Net zéro en 2050, explique l’économiste en chef de la REC, Darren Christie.

Dans le scénario le plus ambitieux, on prévoit un prix sur le carbone de 250 $ la tonne, et même cela n’est pas suffisant pour atteindre Net zéro, ajoute pour sa part le chercheur à l’École de politiques publiques de l’Université de Calgary Richard Masson.

La taxe sur le carbone mise en place par le gouvernement fédéral est actuellement de 40 $ la tonne et passera à 170 $ la tonne en 2030.

Un camion passe devant un bâtiment industriel.

Les usines de transformation des sables bitumineux peuvent fonctionner pendant de nombreuses années après leur ouverture.

Photo : La Presse canadienne / JASON FRANSON

Le rapport prévoit tout de même une diminution de 21 % de toute l’énergie consommée au Canada entre 2021 et 2050 grâce à des gains dans l’efficacité énergétique. Il prévoit aussi que la part de l’électricité canadienne qui provient de sources à faible émission passera de 82 % à 95 % pendant la même période.

La demande d’électricité augmentera de 44 % pour combler les nouveaux besoins créés par les véhicules électriques et la production d’hydrogène.

Le scénario le plus optimiste prévoit cependant une croissance importante de la technologie de captage et de stockage du carbone.

Celle-ci permettrait d’éliminer 87 millions de tonnes de carbone par année en 2050. Actuellement, le Canada enfouit un peu plus de 1 million de tonnes par année, principalement grâce au projet Quest, de la pétrolière Shell.

Une expertise mal utilisée

Cela fait longtemps que nous demandons à la Régie de l’énergie du Canada de publier des modèles qui reflètent le monde dans lequel nous voulons vivre, explique Nichole Dusyk, analyste principale à l’Institut Pembina.

Elle voudrait que la REC utilise son expertise afin d’élaborer des scénarios permettant au Canada d’atteindre ses objectifs climatiques au lieu de se limiter à prédire l’impact des politiques actuellement en place.

« On modélise la catastrophe climatique. »

— Une citation de  Nichole Dusyk, analyste principale à l’Institut Pembina

Le pétrole plafonne en 2032

Selon les nouvelles prévisions de la REC, la production canadienne de pétrole atteindra un sommet en 2032, soit 5,8 millions de barils par jour. Elle déclinera lentement par la suite pour s’établir à 4,8 millions de barils, légèrement en dessous de la moyenne de production de 2021.

Cette résistance est due aux sables bitumineux, explique Darren Christie. Une fois [que les usines] sont construites, elles restent en fonction très longtemps, et le coût d’exploitation est relativement faible.

Le rapport prévoit également une baisse de 17 % de la production de gaz naturel d’ici 2050. La Colombie-Britannique devancerait l’Alberta en tant que première province productrice.

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