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Dépistage du cancer du sein : le fédéral fait fausse route, disent des médecins

Une médecin tient une mammographie devant un écran lumineux.

Une nouvelle étude remet en question les recommandations en matière de dépistage du cancer du sein au Canada.

Photo : iStock

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2021 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Des médecins et des experts du cancer du sein se disent inquiets. De nouvelles découvertes remettent en question une étude vieille de plusieurs décennies qui a servi au Canada à établir ses recommandations en matière de dépistage du cancer du sein, dans lesquelles la mammographie annuelle pour les femmes de plus de 40 ans n’est pas recommandée.

Un article publié récemment dans le Journal of Medical Screening apporte un important bémol à l’Étude nationale canadienne sur le dépistage du cancer du sein. Depuis les années 1990, cette étude a servi au gouvernement fédéral à établir ses recommandations, en soutenant que les avantages des mammographies annuelles pour les femmes dans ce groupe d’âge n’en contrebalancent pas les risques.

Or, selon les auteurs du nouvel article, les participants à cette étude n'étaient pas convenablement randomisés, ce qui aurait faussé les résultats.

Cette récente étude donne un nouvel élan à un long débat, qui polarise les opinions à savoir si les femmes dans la quarantaine devraient faire une mammographie de façon régulière ou non. L’étude incite aussi à revisiter les recommandations sur lesquelles chaque province se base pour établir ses propres politiques.

Un homme tient un ruban rose entre ses doigts devant lui.

En Ontario, les patientes doivent être recommandées par un médecin pour une mammographie.

Photo : iStock

Les allégations [...] sont inquiétantes, a réagi la Société canadienne du cancer dans un communiqué, et devraient être prises au sérieux et examinées, indique son vice-président principal, mission, recherche et défense de l’intérêt public, le Dr Stuart Edmonds.

Selon la Société canadienne du cancer, les femmes dans la quarantaine devraient faire des dépistages en fonction du risque auquel elles sont exposées et également en fonction de leurs valeurs personnelles et devraient faire ce choix de façon éclairée, d’après des informations exactes, ajoute le Dr Edmonds.

Le plus important de ces risques est le surdiagnostic, rappelle le Dr Edmonds, et il entraîne un traitement qui présente aussi ses propres risques.

En accord avec la science

De son côté, le médecin de famille d'Ottawa, le Dr Alykhan Abdulla, affirme également être inquiet par rapport aux résultats de cette étude.

Ces nouvelles informations devraient nous faire réfléchir quant aux décisions que nous avons prises dans le passé. Nous le faisons maintenant avec la variant Omicron, donc pourquoi ne le ferions-nous pas avec des études sur le cancer du sein menées il y a 25 ou 30 ans? illustre le Dr Abdulla.

Bien qu'il n'y ait pas de programme national de dépistage du cancer du sein, de nombreux programmes provinciaux suivent les recommandations du groupe de travail. En Ontario, les patientes doivent être recommandées par un médecin pour une mammographie. Seules trois provinces permettent aux femmes de 40 à 49 ans de recevoir un test de dépistage sans recommandation : la Colombie-Britannique, la Nouvelle-Écosse et l'Île-du-Prince-Édouard.

Un mammographe.

Certains médecins soutiennent que des mammographies précoces peuvent conduire à un surdiagnostic.

Photo : Radio-Canada / Benoît Jobin

Le Dr Abdullah, qui a également été président de la section de médecine générale et familiale de l'Association médicale de l’Ontario, a déclaré que les conclusions de ce nouveau document devraient pousser le groupe de travail et Santé Ontario, l'agence qui supervise une grande partie du système de santé de la province, à envisager un changement.

Si nous passons notre temps et notre énergie à penser que seules les femmes entre 50 et 74 ans devraient passer une mammographie de dépistage, alors nous sommes dans l’erreur, dit-il.

Une détection plus précoce est favorable, selon les experts

Certains membres de la communauté médicale, notamment des radiologistes, demandent depuis longtemps que les femmes dans la quarantaine soient incluses dans les programmes provinciaux de dépistage. Ils soutiennent que la détection plus précoce des cancers augmente les chances de survie d'une femme ou au moins réduit le risque de nécessiter des traitements plus invasifs.

Nous détectons énormément de cancers chez les femmes de moins de 50 ans qui viennent pour une mammographie, déplore le Dr Murray Miller, chef du service de radiologie à l'Hôpital général de Collingwood et ancien président de l'Association ontarienne des radiologistes.

Le Dr Miller estime que les nouvelles preuves démontrées par l’étude sont assez convaincantes, en ajoutant qu'il est important que le dépistage soit effectué dans le cadre d'un programme de dépistage organisé.

Aucun changement prévu chez Santé Ontario

Malgré ces nouvelles préoccupations, Santé Ontario ne dit pas vouloir apporter de modifications à ses recommandations et qu’il continue à se fier au groupe de travail national.

Santé Ontario continuera de surveiller de près les preuves et les lignes directrices sur le dépistage du cancer du sein chez les personnes âgées de 40 à 49 ans, peut-on lire dans une déclaration envoyée par courriel.

La mammographie d'une femme

Des radiologistes demandent depuis longtemps que les femmes dans la quarantaine soient incluses dans les programmes provinciaux de dépistage.

Photo : iStock

Dans une entrevue précédente avec CBC, le groupe de travail avait défendu ses directives sur le dépistage du cancer du sein en affirmant qu'elles avaient été reconnues comme étant les meilleures au monde.

La coprésidente du groupe de travail, la Dre Brenda Wilson, a réagi à la nouvelle étude en disant que le groupe revoit régulièrement toutes ses lignes directrices pour s'assurer qu'elles étaient toujours pertinentes et basées sur les preuves les plus récentes.

Nous examinons les nouvelles études, les intégrons dans l'examen des preuves et puis confirmons ou mettons à jour nos recommandations en conséquence, a soutenu la coprésidente du groupe de travail.

Avec les informations de Nicole Wiliams, CBC

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