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« Tous les travailleurs méritent au moins le salaire minimum », dit Monte McNaughton

Monte McNaughton en point de presse.

Le ministre du Travail, Monte McNaughton

Photo : La Presse canadienne / Chris Young

Radio-Canada

Un comité d’experts formé par le gouvernement Ford recommande de moderniser les normes du travail pour accorder plus de droits et de meilleures conditions aux travailleurs à la demande, comme les chauffeurs de Lyft ou d’Uber ou les livreurs de repas pour des applications comme DoorDash.

Le comité, créé en juin, estime qu’il faut accorder des droits à ces travailleurs comme le salaire minimum, des indemnités de départ et certains avantages sociaux.

Il constate qu’il s’agit d’une catégorie de travailleurs qui se situe entre les pigistes et les employés, puisqu’ils dépendent d’un employeur. Leur statut devrait par conséquent être reconnu et propose le nom de travailleur dépendant.

Le ministre ontarien du Travail, Monte McNaughton, a déclaré jeudi que l'ensemble des 21 recommandations du comité sont étudiées pour être potentiellement adoptées à partir de la reprise des travaux à Queen's Park, le 22 février prochain.

 Un livreur d'Uber Eats à vélo dans une rue de Toronto.

Le comité recommande d'accorder des droits aux livreurs et chauffeurs comme le salaire minimum et certains avantages sociaux.

Photo : CBC / Carlos Osorio

En conférence de presse jeudi matin avec des membres dirigeants du comité, il a lancé un message à tous les Ubers du monde :

Si vous ne vous occupez pas de vos travailleurs, nous vous ferons vous en occuper.

Tous les travailleurs méritent de gagner au moins le salaire minimum, a-t-il ajouté.

Selon des données de Statistique Canada citées dans le rapport, en 2019, 1 Canadien sur 10 travaillait dans ces conditions. La proportion était encore plus élevée, selon la Banque du Canada.

Ces travailleurs précaires profitent d’une certaine flexibilité, mais n’ont en contrepartie pratiquement aucun droit ni protection.

Le comité consultatif croit aussi que les contrats qui lient les travailleurs aux entreprises numériques devraient être plus faciles à comprendre, notamment pour ce qui touche la rémunération, les frais déduits, s’il y a lieu, l’attribution du travail et les règles disciplinaires.

Vers une sous-classe de travailleurs, fustige un groupe de défense

Pour l'organisme de défense des travailleurs Worker's Action Centre à Toronto, le comité fait fausse route dans sa volonté de promouvoir une catégorie de travail à part.

La directrice générale Deena Ladd estime que les recommandations du comité reviennent à créer une nouvelle sous-classe de travailleurs qui auraient moins de droits que les employés classiques.

Deena Ladd sourit devant un micro.

Deena Ladd milite pour que les chauffeurs-livreurs disposent de tous les types de droits statutaires dont bénéficient les travailleurs réguliers.

Photo : Photo fournie par Deena Ladd

En entrevue avec Radio-Canada, elle indique avoir participé à une session du comité avec des chauffeurs-livreurs à la demande, lors de laquelle ces derniers ont demandé les mêmes protections que les autres. Or, les réponses apportées par le rapport ne correspondent pas à ce qu'ils ont dit vouloir.

« Nous voulons des congés payés. Nous voulons le salaire des jours fériés. Nous voulons avoir accès à l'indemnisation des accidents du travail. Nous voulons pouvoir nous assurer que nous sommes protégés lorsque nous allons au travail et tout ça n'est pas dans le rapport. »

— Une citation de  Deena Ladd, directrice générale du Worker's Action Centre

Par ailleurs, les conclusions du comité nous emmènent sur une pente très dangereuse. Mme Ladd craint que des entreprises puissent être tentées de requalifier leurs employés vers le statut de travailleur dépendant.

Des revendications passées et présentes

La Commission des relations de travail de l’Ontario avait reconnu en 2020 que les livreurs de Foodora n’étaient pas des travailleurs indépendants, ce qui avait ouvert la porte à la syndicalisation, une première au pays pour ce type d'entreprise.

La compagnie avait toutefois mis un terme à ses activités au Canada deux mois après la décision, en expliquant qu'elle ne parviendrait pas à atteindre une rentabilité suffisante dans ce marché concurrentiel.

Un travailleur de Foodora manifeste le 1er mai à Toronto.

Foodora a cité des questions de compétitivité et de rentabilité pour expliquer son retrait du marché canadien.

Photo : CBC/Michael Wilson

D’autres travailleurs des applications mobiles continuent toutefois de revendiquer un statut et de meilleures conditions de travail.

Le comité consultatif ontarien de la relance du marché du travail s’est également penché sur la relance économique après la pandémie et les conditions qui permettront à l’Ontario de demeurer concurrentiel pour attirer et conserver une main-d’œuvre qualifiée.

Il a reconnu que ses 21 recommandations ne pourraient toutes être appliquées immédiatement.

Avec les informations de Katherine Brulotte, et Mike Crawley, CBC News

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