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Val-Des-Sources : sursis pour des chiens jugés dangereux

Une clôture sur laquelle on peut lire « Attention : secteur patrouillé par des grands danois » en anglais.

L'euthanasie de chiens qui ont attaqué deux femmes à Val-des-Sources l'été dernier est momentanément suspendue.

Photo : Radio-Canada / Thomas Deshaies

Radio-Canada

L'euthanasie de chiens qui ont attaqué deux femmes à Val-des-Sources à la fin de l'été est momentanément suspendue par la Cour supérieure.

La Cour a en effet accordé un sursis aux cinq chiens impliqués dans l’incident, même si la Ville avait ordonné leur euthanasie. Le délai a pour but de permettre à leur propriétaire de demander une contre-expertise, alors qu'une évaluation comportementale avait conclu qu'ils étaient dangereux.

En attendant la suite des procédures, deux des cinq chiens ont pu retourner dans leur milieu de vie à Val-des-Sources. Jacqueline Sévigny, l’une des femmes qui avaient été mordues alors qu’elles marchaient dans le secteur en août dernier, s'explique mal cette décision. 

« Je ne suis pas capable d’y aller en sachant que les chiens sont là. »

— Une citation de  Jacqueline Sévigny, une résidente de Val-des-Sources
Micheline Beaulieu et Jacqueline Sévigny.

Micheline Beaulieu et Jacqueline Sévigny, deux amies, ont été attaquées en août dernier alors qu'elles marchaient sur un sentier de Val-des-Sources.

Photo : Radio-Canada / Thomas Deshaies

Son amie Micheline Beaulieu dit encore vivre avec des séquelles de l’attaque. J’ai fait une demande pour la psychologue. C’est sûr qu’on est rendus là. Je fais des sauts à rien. Je fais un saut pour une niaiserie. Je ne suis pas capable de travailler encore, la main ne veut pas suivre. 

Les trois autres chiens seront quant à eux hébergés dans des familles d’Ham-Sud et de Sherbrooke.

La municipalité déçue

La municipalité de Val-des-Sources se dit déçue par la décision de la Cour supérieure.

Quand un juge de la Cour supérieure nous l’ordonne, on n’a pas le choix, on doit le faire, se désole Georges-André Gagné, directeur général de Val-des-Sources. On était d’accord avec l’idée de dire "Ok, si vous voulez faire une contre-expertise, c’est normal, vous pouvez la faire faire dans un délai raisonnable, mais ne ramenez pas les chiens chez nous. On n’a pas eu de gain de cause là-dessus. 

Le directeur général de Val-des-Sources dans son bureau.

Georges-André Gagné, le directeur général de Val-des-Sources.

Photo : Radio-Canada / Thomas Deshaies

La Ville n'hésitera pas à intervenir si le propriétaire des chiens ne respecte pas les conditions de garde imposées par le juge.

« S’il advenait que les décisions n’étaient pas respectées, on ne se gênerait pas d’aviser les autorités. »

— Une citation de  Georges-André Gagné, directeur général de Val-des-Sources

Le propriétaire des chiens, Patrick Houle, n’a pas souhaité accorder d’entrevue à la caméra mercredi. Il juge cependant que ses chiens ne représentent pas une menace et croit que le contre-expert le prouvera.

Dominique Alain, qui a été victime d’une attaque de chiens très médiatisée à Potton en 2019, déplore aussi ce revirement. Elle craint que la décision de la Cour dissuade les municipalités à agir devant les chiens dangereux. C’est terrible. Si leur décision est remise en cause et amenée en Cour, je ne crois pas que les municipalités ont les ressources nécessaires.

Elle estime qu'un chien jugé dangereux devrait être euthanasié sans possibilité de contestation. Ça va devoir être une loi pour enlever ce fardeau-là aux municipalités.

Le propriétaire des chiens sera de retour au tribunal le 10 janvier prochain. 

Avec les informations de Thomas Deshaies 

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