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Boris Johnson s’excuse pour la fête tenue au 10 Downing Street en 2020

Boris Johnson est derrière un lutrin.

Le premier ministre britannique s'excuse après la diffusion d'une vidéo prouvant qu'une fête de Noël réunissant une quarantaine de personnes a eu lieu au 10 Downing Street en 2020.

Photo : Reuters / Adrian Dennis/Pool

Agence France-Presse

Vertement critiqué, le premier ministre britannique Boris Johnson s'est excusé mercredi, et sa conseillère de l’époque a démissionné après la publication d'une vidéo dans laquelle elle plaisantait sur une fête de Noël qui aurait eu lieu à Downing Street l'an dernier, en violation des règles anti-COVID.

Visionnée par des millions de personnes, cette vidéo a suscité l'indignation au Royaume-Uni, où le gouvernement avait démenti de manière répétée des informations selon lesquelles une fête rassemblant des dizaines de personnes s'était tenue le 18 décembre 2020.

Je m'excuse sans réserve pour l'offense que [cette vidéo] a causée dans tout le pays et je m'excuse pour l'impression qu'elle donne, a déclaré Boris Johnson lors de la séance hebdomadaire de questions au Parlement.

Se disant furieux, il a réaffirmé qu'il lui avait été assuré à plusieurs reprises depuis le début de l'affaire qu'il n'y avait pas eu de fête et qu'aucune règle n'avait été enfreinte.

Alors que certains députés ont réclamé sa démission, le dirigeant conservateur a annoncé une enquête interne menée par le plus haut fonctionnaire britannique, Simon Case, et promis des conséquences pour ceux qui n'auraient pas respecté les règles.

La vidéo, diffusée par la chaîne ITV, montre l'attachée de presse du premier ministre, Allegra Stratton, préparant avec d'autres conseillers, le 22 décembre 2020, des réponses à d'hypothétiques questions de journalistes sur une supposée fête de Noël à Downing Street tenue quatre jours plus tôt.

Cette ex-journaliste de 41 ans, devenue depuis la porte-parole du gouvernement pour la COP26, a démissionné mercredi, en larmes, disant qu'elle regretterait toute [sa] vie ses propos.

Dans la vidéo, un collègue lui demande, se faisant passer pour un journaliste, s'il y a bien eu une fête, ce à quoi elle répond en riant : Je suis rentrée chez moi, avant de changer de sujet.

Sur le ton de la plaisanterie, Allegra Stratton précise ensuite que cette fête imaginaire était une réunion d'affaires et il n'y avait pas de distanciation sociale.

Quand de nombreux Britanniques étaient privés l'an dernier de la possibilité de voir leurs proches à Noël, cette fête aurait réuni une quarantaine de personnes.

« Je comprends la colère de tout le pays en voyant le personnel du 10 [Downing Street] sembler prendre à la légère les restrictions, je comprends à quel point ça doit être exaspérant. »

— Une citation de  Boris Johnson

Embarras

En début de soirée, la police londonienne a annoncé qu'elle n'ouvrirait pas d'enquête à ce stade, évoquant l'absence de preuves et sa politique de ne pas enquêter rétrospectivement sur les violations des règles anti-COVID.

Cette affaire met tout de même à mal le gouvernement, déjà mis en cause par le passé pour d'autres violations aux restrictions. Deux sondages disent les Britanniques majoritairement favorables à une démission de Boris Johnson.

Le premier ministre a passé la semaine à dire au public qu'il n'y avait pas eu de fête, a dénoncé devant le Parlement le chef de l'opposition travailliste, Keir Starmer, estimant qu'il est pris la main dans le sac. Des millions de personnes pensent maintenant qu'il les a pris pour des idiots, a-t-il ajouté.

Même au sein du Parti conservateur, la colère gronde. Pour le dirigeant des conservateurs écossais, Douglas Ross, il faut que l'exécutif dise pourquoi ça a été autorisé alors que c'était totalement contraire aux directives.

Ces révélations embarrassent d'autant plus le gouvernement que Boris Johnson a dû annoncer mercredi un durcissement des restrictions afin d'enrayer la propagation du variant Omicron du coronavirus au Royaume-Uni, dont le retour au télétravail et l'introduction du passeport vaccinal dans certains lieux.

Le Royaume-Uni, un des pays d'Europe les plus touchés par la pandémie, avec presque 146 000 morts, compte désormais plus de 45 000 contaminations quotidiennes. Un total de 131 nouveaux cas du variant Omicron ont été rapportés mercredi.

Devant ce bilan, le ton jovial employé dans la vidéo ne passe pas, un an jour pour jour après le lancement de la campagne de vaccination au Royaume-Uni.

Il est bouleversant et honteux d'entendre les membres de l'équipe de Boris Johnson plaisanter sur la violation des règles qu'ils ont édictées, a déploré dans un communiqué une association de familles ayant perdu des proches durant la pandémie.

Pour Matthew Taylor, qui dirige une confédération d'organisations de santé publique, ces révélations sont un coup au moral des soignants.

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