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Boom domiciliaire aux Îles : un territoire à la croisée des chemins 

Un paysage de bord de mer avec plusieurs maisons colorées.

Les autorités municipales des Îles-de-la-Madeleine ont profité du Forum des partenaires qui s'est tenu mercredi pour aborder les défis d'aménagement territoriaux de l'archipel (archives).

Photo : Radio-Canada / Isabelle Larose

La Municipalité des Îles-de-la-Madeleine a délivré 82 permis de construction résidentielle en 2021, soit cinq fois plus qu’en 2015.

En hausse constante depuis six ans, le nombre de nouvelles constructions dans l’archipel atteint un record en 2021.

Évolution de la construction résidentielle aux Îles-de-la-Madeleine

Années

Nombre de permis délivrés

2012

45

2013

38

2014

22

2015

17

2016

39

2017

35

2018

48

2019

58

2020

72

2021

82

Le directeur des projets du développement du territoire à la Municipalité des Îles-de-la-Madeleine, Serge Bourgeois, voit dans cet engouement pour la construction domiciliaire une raison de plus pour accorder une grande importance au processus de révision du schéma d'aménagement et de développement amorcé au printemps.

Dans le cadre du Forum des partenaires ayant pour thème À la croisée des chemins : quelle direction voulons-nous prendre? qui se tenait mercredi à L’Étang-du-Nord, les autorités municipales ont fortement encouragé la communauté madelinienne à participer aux consultations publiques qui seront organisées après les Fêtes, dans le but de s'exprimer sur la refonte du cadre réglementaire.

Les enjeux sont drôlement importants et les décisions qui vont être prises dans le cadre de la révision du schéma vont avoir un impact important sur l’avenir de notre territoire, soutient Serge Bourgeois.

Quelques maisons éparses dans un paysage vallonné avec la mer en arrière-plan.

«Les contraintes mises en place en 2010 pour ralentir la construction loin des chemins municipaux ne semblent pas avoir l’effet escompté», souligne Serge Bourgeois. Certains propriétaires n'hésitent pas à construire leur domicile en retrait, bien qu'ils ne bénéficient pas de services municipaux comme la collecte des ordures et l'aqueduc (archives).

Photo : Radio-Canada / Isabelle Larose

Le directeur municipal rappelle que la réglementation actuelle date de 2010 et qu’elle a été adoptée dans un contexte où la pression sur le territoire madelinot était moindre, notamment en ce qui concerne l’étalement urbain, le tourisme et la sauvegarde des paysages et des terres agricoles.

Les outils d’urbanisme mis en place il y a 10 ans ne répondent plus à l’effervescence de la construction que l’on voit aujourd’hui, estime Serge Bourgeois. Si on se projette dans l’avenir, au rythme où on est parti pour se développer, je pense qu’on n’a pas les bons outils en place, à tout le moins, il faut les revoir.

« On doit adapter nos outils d’aménagement du territoire parce que, actuellement, on est un peu dépassé par les événements. »

— Une citation de  Serge Bourgeois, directeur des projets du développement du territoire à la Municipalité des Îles-de-la-Madeleine
Serge Bourgeois photographié devant les falaises de Cap-aux-Meules avec le cinéma Cyrco à l'arrière-plan.

Serge Bourgeois espère que les Madelinots vont participer en grand nombre aux consultations publiques portant sur le processus de révision du schéma d'aménagement (archives).

Photo : Radio-Canada / Isabelle Larose

Serge Bourgeois admet qu’il a mal à la tête , juste à penser que 500 nouvelles maisons pourraient être construites aux Îles d’ici 10 ans, si on anticipe de façon conservatrice, 50 constructions par année.

Où les met-on ces maisons-là? De quelle façon on veut développer, en considérant la protection des paysages, la protection des terres agricoles, le déploiement des services publics?, questionne-t-il en martelant l'importance du processus de révision en cours.

Il y a beaucoup d’enjeux qui sont liés à la pression que l’on subit qui vont devoir trouver des pistes de solution et des actions concrètes d’ici le printemps 2023, espère Serge Bourgeois en référence à l’échéancier fixé pour adopter un nouveau schéma d’aménagement du territoire.

Utilisation des terres publiques : résultats d’un sondage

En plus de la révision du schéma d’aménagement, les élus madelinots travaillent à la création d’un parc régional éclaté visant à mieux baliser les activités pratiquées sur les terres publiques, comme les plages, les lagunes et les dunes.

Des motorisés de camping et des quads sont stationnés près des dunes.

Camping, promenade en véhicule tout-terrain, cueillette de petits fruits, randonnée pédestre, baignade : les Madelinots et les visiteurs sont nombreux à pratiquer des activités sur les terres publiques des Îles (archives).

Photo : Radio-Canada / Isabelle Larose

La Communauté maritime des Îles est gestionnaire des terres publiques madeliniennes depuis 2014, en vertu d’une convention signée avec le ministère des Ressources naturelles.

Cet été, un sondage a été réalisé auprès de 1127 répondants concernant l’utilisation des terres publiques. De ce nombre, 56 % étaient des Madelinots et 44 % des visiteurs.

Le sondage révèle que 87 % des répondants madelinots croient qu'il est nécessaire de mieux encadrer les activités en terres publiques.

Plus de 70 % des insulaires estiment aussi qu'il serait pertinent d'augmenter la surveillance sur les terres publiques de même que d'y installer davantage d'équipements, notamment des toilettes et des poubelles.

Selon le directeur des projets du développement du territoire, Serge Bourgeois, ces résultats viennent donner de la force au projet de création d'un parc régional éclaté.

« Un pourcentage aussi élevé de gens qui pensent qu’il faudrait mieux encadrer la gestion de nos terres publiques, ça démontre hors de tout doute qu’il faut mettre des règles en place. »

— Une citation de  Serge Bourgeois, directeur des projets du développement du territoire à la Municipalité des Îles-de-la-Madeleine

Déjà, des démarches sont en cours pour embaucher deux surveillants des terres publiques dès l’été prochain.

Un homme manipule un cerf-volant aérotracté alors que des quadistes circulent sur la plage en arrière de lui.

Pas moins de 25% des Madelinots ayant pris part au sondage rapportent avoir déjà vécu des conflits d'usage sur les terres publiques madeliniennes (archives).

Photo : Radio-Canada / Isabelle Larose

La création officielle d'un parc régional éclaté était attendue d'ici la fin de l'année, mais sera vraisemblablement repoussée au début 2022.

Le mode de gouvernance du futur parc reste encore à déterminer par les élus municipaux.

Quand on doit travailler avec 4-5 ministères différents, c’est du travail de coordonner ça, mais le travail est assez avancé, explique Serge Bourgeois en précisant que les élections municipales ont contribué à ralentir le processus.

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