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Pandémie : plus de visites à l’urgence pour les opioïdes et le cannabis

L'affiche H indique où se trouve l'hôpital, qu'on voit en arrière.

La pandémie a entraîné une détérioration de l’état de santé mentale des Canadiens et a augmenté la consommation de certaines substances.

Photo : Radio-Canada / Luc Lavigne

La pandémie a eu un impact majeur sur la santé mentale des gens et l’une de ces conséquences a été une augmentation des visites à l’urgence et des hospitalisations pour la consommation de certaines substances, notamment les opioïdes.

C’est ce que rapportent de nouvelles données de l’Institut canadien d’information sur la santé (Nouvelle fenêtre) (ICIS).

De mars 2020 à juin 2021, les visites à l’urgence en raison de l’utilisation de diverses substances (alcool, opioïdes, cocaïne, cannabis, etc.) ont diminué de 2 %. Par contre, les hospitalisations ont augmenté de 9 % (16 000 hospitalisations de plus, par comparaison avec la période prépandémie), alors qu'elles ont diminué pour la plupart des conditions pendant cette période.

La hausse des hospitalisations la plus remarquée a été observée entre octobre 2020 et juin 2021, soit au plus fort de la vague de l’hiver dernier.

Le nombre de visites à l'urgence en raison de la consommation de substances a particulièrement augmenté en Saskatchewan (21 %) et à l'Île-du-Prince-Édouard (39 %). Quant aux hospitalisations, elles ont connu une hausse davantage au Manitoba (19 %) et en Alberta (16 %).

Selon les données de l’ICIS, cette augmentation a surtout été attribuable aux méfaits causés par l’utilisation d’opioïdes et de cannabis.

Entre octobre 2020 et juin 2021, les visites à l’urgence liées à la consommation d’opioïdes ont augmenté de 36 %; les hospitalisations, de 30 %. Cette hausse a particulièrement touché les hommes, ainsi que les provinces de la Saskatchewan (58 %), de l'Île-du-Prince-Édouard (57 %) et de la Colombie-Britannique (40 %).

En nombre absolu, c'est l'Ontario qui a connu la hausse la plus importante avec près de 5500 visites aux urgences de plus qu'avant la pandémie, suivi de l'Alberta avec plus de 3100 visites de plus et de la Colombie-Britannique avec plus de 2200 visites supplémentaires.

Entre octobre 2020 et juin 2021, le nombre de visites au service d’urgence ainsi que le nombre d’hospitalisations liées à l’utilisation de cannabis ont augmenté de 14 %. Cette hausse était plus élevée chez les femmes que chez les hommes.

Par contre, le nombre de visites à l’urgence en raison de méfaits causés par l’alcool a diminué de près de 10 %. La baisse est particulièrement importante chez les jeunes, soit de 36 % chez les 10 à 19 ans et de 18 % chez les 20 à 29 ans. Ce recul peut être attribué en partie à la fermeture des bars et des restaurants, indique l’ICIS.

Toutefois, les hospitalisations en raison de méfaits causés par l’alcool ont augmenté de 10 %, et encore plus chez les jeunes de 30 à 39 ans (22 %). L’ICIS recense notamment 4300 séjours à l’hôpital pour des affections chroniques liées à l’alcool, et près de 8000 hospitalisations supplémentaires pour des troubles mentaux et comportementaux liés à l’utilisation d’alcool.

L’augmentation du nombre d’hospitalisations en raison de méfaits causés par l’utilisation de substances a été presque trois fois plus élevée chez les personnes à faible revenu (13 %) que chez celles à revenu plus élevé (5 %).

Par ailleurs, le nombre de visites à l’urgence pour des blessures auto-infligées a augmenté de 10 % chez les filles et les femmes de 10 à 24 ans, principalement d’octobre 2020 à juin 2021; le nombre d'hospitalisations a augmenté de 12 %.

Les filles et les femmes de 10 à 24 ans étaient à l’origine de près de 40 % des visites au service d’urgence et de plus de 30 % des hospitalisations liées aux blessures auto-infligées de mars 2020 à juin 2021.

Ces données concordent avec divers sondages menés pendant la pandémie au sujet de la santé mentale et de l’utilisation de substances.

Selon le Centre canadien sur les dépendances et l’usage de substances (Nouvelle fenêtre), 30 % des répondants avaient indiqué consommer une plus grande quantité d’alcool, et 40 %, une plus grande quantité de cannabis. Au moins 5 % des répondants avaient dit avoir de sérieuses pensées suicidaires.

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