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La hausse du prix des aliments pourrait atteindre 7 % en 2022

Une allée d'épicerie.

Cette augmentation risque également d’entraîner une hausse d’insécurité alimentaire à travers le pays.

Photo : Radio-Canada / L'épicerie

La hausse du prix des aliments se poursuivra au Canada en 2022, selon un rapport annuel préparé par des chercheurs de quatre universités canadiennes. Cette augmentation risque également d’accroître l'insécurité alimentaire à travers le pays.

Le rapport tient compte de l’inflation alimentaire, c'est-à-dire de l’augmentation progressive de la valeur des produits alimentaires au détail. Pour 2022, le rapport prédit une augmentation d'entre 5 et 7 % à l’échelle nationale.

Sylvain Charlebois est directeur du laboratoire de sciences analytiques en agroalimentaire à l’Université Dalhousie. Il est également le chef de projet du rapport.

« Pour une famille de quatre, cette augmentation représente 966 $ de plus sur une facture d’épicerie pour l’année. C’est beaucoup plus que les autres années. »

— Une citation de  Sylvain Charlebois, directeur du laboratoire de sciences analytiques en agroalimentaire à l’Université Dalhousie

On s’attend à une année relativement difficile en 2022, encore une fois, dit-il. Une hausse de jusqu’à 7 %, ce n’est pas rien.

Cette inflation de 7 %, qui serait supérieure à la moyenne, pourrait toucher la Colombie-Britannique, l'Alberta, la Saskatchewan, l’Ontario et Terre-Neuve-et-Labrador.

Le professeur Sylvain Charlebois, scientifique du laboratoire en science analytique agroalimentaire de l'Université Dalhousie, à Halifax.

Sylvain Charlebois est le directeur du laboratoire de sciences analytiques en agroalimentaire à l'Université Dalhousie.

Photo : Sylvain Charlebois

Et certaines catégories d'aliments verront aussi des hausses particulièrement importantes.

On s’attend à des hausses de jusqu’à 8 % dans la catégorie du service alimentaire de restauration et pour les produits laitiers, explique le chef de projet.

Selon Sylvain Charlebois, l’augmentation des prix alimentaires au Canada s’explique par trois facteurs.

Le coût des intrants pour la nourriture, comme le coût du grain pour nourrir les animaux, par exemple, est un de ces facteurs. Les problèmes de logistique terrestre et maritime liés à la chaîne d’approvisionnement ainsi que la pénurie de main-d'œuvre contribuent aussi à la hausse des prix.

« Quand il y a un manque de main-d'œuvre, les entreprises doivent la payer plus cher cette main-d'œuvre, ce qui augmente le prix des produits. »

— Une citation de  Sylvain Charlebois, directeur du laboratoire de sciences analytiques en agroalimentaire à l’Université Dalhousie

La pandémie de COVID-19 a surtout eu un impact sur le manque de main-d'œuvre et la chaîne d’approvisionnement alimentaire, que ce soit directement ou indirectement, dit-il.

Mais ce n’est pas tout. L’imprévisibilité des événements météorologiques liés aux changements climatiques doit également être considérée, puisque c’est une variable présente chaque année, constate M. Charlebois.

Une augmentation de l’insécurité alimentaire

Le rapport sur les prix alimentaires pour 2022 indique que cette inflation alimentaire risque d’entraîner une augmentation de l’insécurité alimentaire au Canada.

Et cette insécurité alimentaire se traduit en demande d’aide auprès des banques alimentaires du pays, selon le directeur des relations gouvernementales et de l’engagement politique à Banques alimentaires Canada, Philippe Ozga.

Il y a 1,3 million de visites par mois aux banques alimentaires au Canada, dit-il. Avant la pandémie, ce chiffre était près de 1,1 million, ce qui est quand même très élevé, parce que les chiffres n’ont jamais vraiment baissé après la récession en 2008. Et on s’attend à ce que la demande continue d’augmenter.

« On est inquiets et on pense que les banques alimentaires vont avoir des mois difficiles à venir. »

— Une citation de  Philippe Ozga, directeur des relations gouvernementales et de l’engagement politique, Banques alimentaires Canada

M. Ozga ajoute par ailleurs que les banques alimentaires elles-mêmes risquent de ressentir l’augmentation des prix, puisqu’elles achètent aussi des aliments pour leurs clients.

Chose que confirme Chiara Padovani, directrice des relations communautaires à la banque alimentaire North York Harvest dans le Grand Toronto.

Nous ressentons la pression de l’augmentation des prix alimentaires tout comme les individus, et nous avons besoin de plus de fonds pour acheter la même quantité de nourriture, explique-t-elle.

La directrice ajoute que l’augmentation des prix dans les épiceries va avoir un effet particulièrement difficile pour les gens qui ont un revenu fixe.

Les gens dans des situations financières précaires doivent faire des choix déchirants pour arriver à tout payer, et souvent, c’est la nourriture qui est sacrifiée, explique-t-elle. Avec l'augmentation des prix alimentaires pour l’année 2022, nous allons voir encore plus de personnes dans nos banques alimentaires.

Chiara Padovani et Philippe Ozga croient que les divers gouvernements doivent adopter de meilleures politiques sociales pour combattre la pauvreté.

De son côté, Sylvain Charlebois garde espoir pour les consommateurs canadiens, malgré la hausse importante du prix des aliments et les effets néfastes que celle-ci risque d’avoir.

Les consommateurs sont de plus en plus stratégiques dans leur approche alimentaire, dit-il. Je pense qu’ils commencent à s’adapter. Ça peut être choquant de voir une augmentation de 7 %, mais on est beaucoup plus outillé pour gérer cette hausse qu’il y a 10 ans.

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