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Malgré l’assaut multimédia d’Internet, la radio persiste et s’adapte

Dans une voiture ancienne, on voit l'appuie-tête rouge du siège en cuir et l'autoradio avec 5 gros boutons blancs.

Pour le chercheur Pierre Bélanger, la radio est devenue un média qui accompagne surtout les déplacements, notamment en voiture.

Photo : Pixabay / Michael Kauer

Le 75e anniversaire de CKSB, devenue la radio de Radio-Canada au Manitoba, tombe alors que ce média doit s’adapter à l’époque d’Internet. Selon le chercheur Pierre Bélanger, la radio continue d’occuper une place importante pour les Canadiens.

M. Bélanger est professeur titulaire au département des communications de l’Université d’Ottawa. Sa recherche porte sur la réglementation des industries médiatiques canadiennes et la netamorphose des médias traditionnels, un néologisme créé avec les mots net et métamorphose.

Pour lui, la radio est devenue un média qui accompagne surtout les déplacements, notamment en voiture. Son rôle de média d’information subit une attaque de toutes parts, par la nature multimédia d’Internet. Les applications de médias en ligne permettent souvent de lire, d’écouter et de visionner des contenus d’information.

À partir du moment où je choisis de lire La Presse+ ou le Winnipeg Free Press, peu importe le journal que je souhaite consulter sur [ma tablette], ça menace mon écoute de la radio. Sur ce plan-là, je pense qu’il y a une transformation importante, fait valoir Pierre Bélanger.

Pour lui la génération montante n’a pas intégré la radio à ses habitudes médiatiques quotidiennes. On vit facilement sans radio parce qu’on va aller écouter notre musique sur l’ensemble des plateformes qui existent, les Spotify, les Deezer, les YouTube, dit-il.

Cette notion de s’informer et de prendre le pouls de notre société avec la radio, malheureusement, à travers mes 35 années enseignement à l’université, je peux vous dire que ce n’est pas une pratique qui est très dominante chez la clientèle jeunesse actuelle, ajoute le chercheur.

Les jeunes, dit-il, ont l’habitude des nouvelles plateformes où c’est moi aux commandes, moi qui choisit quoi écouter, quand je veux l’écouter et sur la plateforme qui me convient.

C’est là que les habitudes de consommation contournent ce que Pierre Bélanger qualifie du plus grand avantage de la radio et des médias traditionnels.

C’est la découverte, un peu comme feuilleter le journal, explique le professeur, qui ajoute que la radio peut faire découvrir des sujets ou des enjeux à un public qui ne sait même pas encore qu’il s’y intéresse.

Cette occasion de découverte que propose la radio contre aussi le phénomène de chambre d’écho, qui décrit la consommation de médias spécialisés par des personnes ayant des intérêts ou des idéologies très similaires.

Le professeur Bélanger note que malgré ses défauts, la radio a toujours démontré une capacité à s’adapter. C’est un média qui a toujours survécu, souligne-t-il.

Il s’agit aussi d’un domaine qui reste profitable, poursuit M. Bélanger, en notant qu’il y a eu des transactions concernant des groupes médiatiques de milliards de dollars, au cours des dernières années.

Il y a des gens qui croient que la radio représente encore des occasions d’affaire qu’ils évaluent en termes de centaines de millions de dollars. De toute évidence il y a un modèle d’affaires qui est rentable, qui est viable, qui est, je dirais encore plus positivement, profitable, affirme le chercheur.

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