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L’Assemblée législative s’apprête à obliger la Laurentienne à révéler des documents

L'université bilingue, qui est aux prises avec d'importants problèmes financiers, refuse de rendre certaines correspondances à la vérificatrice générale de l'Ontario.

L'Université Laurentienne en hiver.

L'Université Laurentienne s'est déclarée insolvable le 1er février.

Photo : Radio-Canada / Yvon Theriault

Radio-Canada

Les députés provinciaux se prononceront jeudi sur un mandat de comparution pour l’Université Laurentienne. Celui-ci pourrait forcer l’établissement à remettre des documents qu’il tente de garder secrets.

Le vote fait suite à une motion adoptée par les membres du comité permanent des comptes publics mercredi en début d’après-midi.

La motion a été proposée par les progressistes-conservateurs. Tout comme le Nouveau Parti démocratique, le parti au pouvoir s'est engagé à voter en sa faveur jeudi.

En comité, le député progressiste-conservateur Michael Parsa a déclaré que l'Université Laurentienne a résisté à plusieurs reprises au partage de certains documents qu’elle considère comme privilégiés.

M. Parsa soutient que le recteur de l’établissement, Robert Haché, et le président du conseil d'administration, Claude Lacroix, ont laissé les membres du comité totalement insatisfaits après une récente comparution à huis clos.

Il affirme que les réponses de la Laurentienne ne peuvent être caractérisées que comme une opposition directe à l'autorité de l’Assemblée législative.

Ça ne nous laissait pas le choix, abonde la députée néo-démocrate France Gélinas en entrevue avec Radio-Canda.

« Les conséquences sont graves [si la Laurentienne refuse de comparaître]. C'est la prison! »

— Une citation de  France Gélinas, députée néo-démocrate de Nickel Belt
France Gélinas porte un veston mauve.

France Gélinas dit que sa communauté « ne fait plus confiance » à l'Université Laurentienne.

Photo : Radio-Canada

La députée de Nickel Belt, qui siège sur le comité permanent des comptes publics depuis 14 ans, soutient qu'un mandat de comparaître est un outil utilisé très rarement par l'Assemblée législative.

Elle avance qu'un tel mandat n'a été invoqué qu'une seule fois depuis qu'elle siège au comité.

C'est très sérieux, confirme la politologue Geneviève Tellier.

J'ai l'impression que l'Université Laurentienne n'aura pas le choix de s'y plier. Si les parlementaires exigent d'obtenir des documents, ils ont le droit de le faire, que l'Université le veuille ou non, dit-elle.

La motion reçoit l'appui de l'Association des professeures et professeurs de l'Université Laurentienne (APPUL).

Dans un communiqué, la directrice générale de l'APPUL, Linda St Pierre, indique que les membres ont clairement indiqué à l'Université Laurentienne que toutes les informations demandées devraient être mises à la disposition de la vérificatrice générale

Enquête au point mort

En avril, le Comité permanent des comptes publics a mandaté la vérificatrice générale de l’Ontario, Bonnie Lysyk, d’enquêter sur les finances de l’Université Laurentienne de 2010 à 2020.

Or, cette dernière s’est butée à un mur en tenant d’accéder à des documents privilégiés de l’établissement.

L’université bilingue du Nord de l’Ontario soutient que ces documents, qui comprennent notamment des échanges entre l’établissement et ses avocats, ne sont pas nécessaires à l’enquête de la vérificatrice générale.

Les deux parties se sont récemment affrontées devant les tribunaux afin de déterminer quels documents l’Université Laurentienne devra, ou non, rendre à la vérificatrice générale. Un juge de la Cour supérieure de l’Ontario devrait bientôt trancher sur la question.

Dans un courriel, l'Université Laurentienne indique qu'elle respecte et comprend le mandat du Comité [permanent des comptes publics.]

« L’Université a autorisé et incité tout le personnel à participer aux entretiens avec la vérificatrice générale de l’Ontario. Nous avons aussi accordé à son bureau l’accès direct à l’ensemble de notre base de données financières, à notre système d’inscription et à un nombre considérable de documents, et nous nous engageons à fournir tous les documents non confidentiels. »

— Une citation de  Déclaration de l'Université Laurentienne

L’Université Laurentienne fait la manchette depuis février 2020, moment où, incapable de payer ses factures, elle s’est placée à l’abri de ses créanciers.

Depuis, l’établissement a sabré plus d’une soixantaine de programmes, dont plusieurs en français, et a mis à la porte près de 200 professeurs et employés.

Avec les informations de CBC, Erik White, Natasha MacDonald-Dupuis, Mathieu Simard, et Zacharie Routhier

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