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La Saskatchewan, province la plus touchée par la violence conjugale au Canada

Une femme en tailleur regarde droit dans la caméra.

Selon Jo-Anne Dusel il existe des moyens d'aider les personnes vivant dans des situations de violence avant que la situation ne devienne dramatique.

Photo : Radio-Canada / Craig Edwards

Radio-Canada

La Saskatchewan est la province la plus touchée par les problèmes de violence conjugale, avec un taux deux fois plus élevé que la moyenne nationale, selon des données de Statistique Canada.

CBC a passé 16 mois à compiler et à analyser des données sur les homicides entre conjoints au Canada de janvier 2015 à juin 2020 pour la série d'enquêtes Deadly Relationships. (Nouvelle fenêtre)

En Saskatchewan, le taux de violence conjugale se situe à 724 pour 100 000 habitants, tandis qu'au Canada il est de 344 pour 100 000 habitants.

Au moins 37 victimes d'homicides de personnes vivant en couple en Saskatchewan ont été signalées pendant cette période. Environ 17 de ces victimes étaient des Autochtones, et 29, des femmes.

L'homicide entre conjoints est la forme la plus évitable, parce que prévisible, selon la directrice générale de l'Association provinciale des maisons et services de transition de la Saskatchewan (PATHS), Jo-Anne Dusel.

Plus d'une personne sur trois accusée d'homicide entre conjoints a présenté au moins un signe d'avertissement avant le meurtre, selon l'enquête de CBC News. 

Les signes avant-coureurs qu’une relation intime se terminera par la mort ont également été bien documentés par les défenseurs, selon Mme Dusel. 

Le moment le plus dangereux, c'est lorsque la victime décide de sortir d'une relation.

Selon CBC, 25 femmes sur 29 ont été tuées en Saskatchewan, victimes de la violence conjugale. Plus de la moitié d'entre elles étaient récemment séparées de leur conjoint ou avaient dit vouloir arrêter la relation. 

Selon Jo-Anne Dusel, il existe des moyens d'aider les personnes aux prises avec la violence conjugale avant que la situation ne devienne dramatique en criminalisant le phénomène.

Seuls les territoires présentent les taux les plus élevés au Canada comme l'indique le tableau, mais la comparaison de l'article ne prend en compte que les provinces canadiennes.

La criminalisation de ce type de comportement pourrait aider les victimes, par le biais d'ordonnances de non-communication ou de protection, affirme la directrice des recherches de la Association provinciale des maisons et services de transition de la Saskatchewan, Crystal Giesbrecht

Selon elle, des rapports étayés au sujet des homicides conjugaux indiquent une présence soutenue de « contrôle coercitif » dans presque tous les cas de violence conjugale.

Plus de 36 victimes étaient sous surveillance policière au moment où elles ont été tuées. L'une des femmes aurait même contacté la police six fois.

Toutefois, Jo-Anne Dusel reconnaît qu'il peut être dangereux d'augmenter le pouvoir des policiers, particulièrement au sein de communautés qui font déjà l'objet d'une surveillance policière excessive. Elle soutient néanmoins qu'il faut mettre en place une loi.

Réglons le problème du système de justice, et assurons-nous que les populations vulnérables ne subissent pas de traitement différent […]  plutôt que d'empêcher l'entrée en vigueur d'une loi qui procurerait de la protection, affirme-t-elle.

Jo-Anne Dusel et Crystal Giesbrecht pensent toutes deux qu'un changement d'approche est nécessaire. Si les ressources destinées aux victimes sont maigres, celles destinées aux agresseurs le sont davantage encore.

Une approche qui allierait redevabilité, traitement et soutien aux agresseurs est la pièce manquante qui permettrait d'enrayer le cycle de la violence conjugale, selon Jo-Anne Dusel.

Selon Crystal Giesbrecht, les personnes susceptibles d'avoir des comportements violents devraient s'inscrire à ce type de programmes avant qu'il y ait un geste violent. Si des accusations peuvent être portées dans une situation de contrôle coercitif, il pourrait s'agir d'un premier pas vers un programme de justice réparatrice, conclut-elle.

Avec les informations de Kendall Latimer

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