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Les grandes marées gagnent du terrain dans l’Est-du-Québec

En début de semaine, plusieurs alertes de débordement côtier ont été émises au Bas-Saint-Laurent, en Gaspésie et sur la Côte-Nord.

De grosses vagues déferlent sur le boulevard à Rimouski.

Vents et grandes marées s'observeront de plus en plus en hiver (archives).

Photo : Radio-Canada / Jean-Luc Blanchet

Perrine Bullant

Le phénomène des grandes marées devrait s'intensifier avec la hausse du niveau de la mer, occasionnée par les changements climatiques. Dans l'Est-du-Québec, plusieurs experts travaillent à des solutions d'adaptation.

Lorsque les précipitations de neige ou de pluie sont couplées avec les grandes marées d'automne, les violentes bourrasques augmentent le risque de déferlement des vagues le long des côtes. En début de semaine, plusieurs alertes de débordement côtier ont été émises au Bas-Saint-Laurent, en Gaspésie et sur la Côte-Nord.

La marée astronomique est un phénomène des plus naturels, nous rappelle Dany Dumont, professeur et chercheur en océanographie physique à l'Institut des sciences de la mer de Rimouski (Institut des sciences de la mer de Rimouski).

La marée correspond à la force de gravitation qui s'exerce entre le soleil et la lune par rapport à la Terre. Je pourrais vous dire quel sera le niveau d'eau associée à la marée astronomique en 2044, le 8 décembre, avec une très grande précision, calcule Dany Dumont.

Dany Dumont au parc du Bic.

Dany Dumont, professeur-chercheur à l'ISMER, rappelle que deux facteurs météorologiques influent sur la marée astronomique : la pression atmosphérique et le vent (archives).

Photo : Radio-Canada / François Gagnon

Or, deux autres facteurs météorologiques, moins prévisibles sur le long terme, peuvent aussi faire varier le niveau de la mer, mentionne le chercheur.

Le vent et la pression atmosphériques peuvent déplacer les masses d'eau et occasionner des vagues. Ces deux choses-là, quand elles se superposent de la mauvaise manière, elles contribuent ensemble à augmenter le niveau, et c'est là que ça devient inquiétant, explique-t-il.

C'est dans ces conditions que surviennent les risques de déferlement de vagues le long des côtes, selon Dany Dumont.

Lundi, les citoyens de Sept-Îles qui résident le long du fleuve ont été appelés à redoubler de vigilance en raison des vagues déferlantes. Même chose, de l'autre côté du fleuve, où une partie de la route 132 s'est effondrée sous la force des vagues à la hauteur du village de Marsoui. À Rimouski aussi, les automobilistes ont été surpris des bourrasques le long du boulevard, faisant déborder le fleuve.

D'après Dany Dumont, ces épisodes automnaux s'observeront aussi de plus en plus en hiver.

La disparition du couvert de glace

En plus de l'augmentation du niveau moyen de la mer, Dany Dumont ajoute qu'il faut désormais tenir compte de la disparition progressive du couvert de glace dans le golfe du Saint-Laurent.

Cette nouvelle réalité risque de fragiliser davantage les zones côtières. On va devoir réévaluer la solidité et la permanence de ces infrastructures en fonction de ces variables environnementales, alerte-t-il.

C'est un aspect dont tient compte Pascal Bernatchez, titulaire de la Chaire de recherche en géoscience côtière à l'Université du Québec à Rimouski (Université du Québec à Rimouski). Il travaille de concert avec le gouvernement du Québec pour trouver des solutions d'adaptation.

Un barbu avec  une tuque.

Pascal Bernatchez, titulaire de la Chaire de recherche en géoscience côtière à l'UQAR, travaille avec le gouvernement du Québec à des solutions d'adaptation.

Photo : Radio-Canada

Le fait qu'il y a ait moins de couvert de glace fait en sorte que la côte est exposée davantage aux ondes de tempêtes, mais d'un autre côté, ça permet d'adopter des solutions qui n'étaient pas envisageables à cause de ce couvert de glace, relativise-t-il. Parmi les infrastructures envisagées, il mentionne l'installation de brise-lames, impossible jusqu'alors à cause de la glace qui aurait pu endommager rapidement ce type d'ouvrage.

Enfin, pour mieux prévoir les dégâts causés par la marée, la Chaire de recherche en géoscience côtière a mis sur pied un observatoire du littoral qui permet désormais de profiter d'un réseau de surveillance des côtes avec plus de 7 300 stations de mesure de l’érosion côtière.

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