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Le maire de Toronto visé par une plainte au sujet de tweets sur une juge

John Tory devant des micros en point de presse.

Le maire de Toronto, John Tory, rend hommage au policier Jeffrey Northrup, tué en juillet 2021.

Photo : Radio-Canada / Rozenn Nicolle

Radio-Canada

Le maire de Toronto, John Tory, fait l'objet d'une plainte auprès de la Commission civile de l’Ontario sur la police après qu'il eut dénoncé sur Twitter la décision d'une juge d'accorder une libération sous caution à un homme accusé d'avoir tué un policier.

Le maire a qualifié la décision en septembre de la juge Jill Copeland de douteuse, affirmant qu'il était presque impossible d'imaginer des circonstances justifiant une libération sous caution dans une affaire de meurtre au premier degré.

La controverse porte sur le cas d'Umar Zameer, 31 ans, qui est accusé d'avoir happé volontairement l'agent Jeffrey Northrup en juillet dernier dans le stationnement souterrain de l'hôtel de ville. M. Northrup était alors habillé en civil.

Le premier ministre Doug Ford et le maire de Brampton, Patrick Brown, avaient également critiqué la décision de la magistrate de libérer l'accusé sous caution.

En raison d'un interdit de publication, le contenu des audiences et les raisons citées par la juge de la Cour supérieure pour expliquer la libération sous caution ne peuvent pas être rapportés publiquement.

L'agent Northrup vêtu de son uniforme.

L'agent Jeffrey Northrup est mort après avoir été happé par un véhicule dans le stationnement de l'hôtel de ville.

Photo : Twitter/Division 52

Le regroupement d'avocats Law Union of Ontario a déposé une plainte contre M. Tory lundi auprès de la Commission civile de l’Ontario sur la police, une organisation quasi judiciaire indépendante.

Selon la plainte, le maire, qui siège aussi à la Commission des services policiers de Toronto, a enfreint le code de conduite de la Commission. La Law Union of Ontario écorche aussi le premier ministre Ford et le maire Brown.

Le fait qu'ils critiquent [la juge] sans connaître les faits peut mettre en péril le droit de l'accusé à un procès équitable, soutient Howard Morton de la coalition.

À la défense du maire

Le bureau du maire Tory indique qu'il maintient ses commentaires du 24 septembre dernier.

Le maire Tory exprimait son opinion personnelle en tant qu'élu sur un dossier sérieux d'intérêt public, comme on s'attend à ce qu'il le fasse chaque jour, explique sa porte-parole Lawvin Hadisi dans un courriel.

Le maire en conférence de presse.

Le maire John Tory a présenté ses condoléances à la femme, aux enfants et aux autres membres de la famille de l'agent Northrup.

Photo : CBC/Lorenda Reddekopp

Mme Hadisi y écrit que le maire continue à croire que lorsqu'un individu est accusé d'un crime sérieux est libéré sous caution, les raisons expliquant cette décision ne devraient pas être cachées par un interdit de publication.

Comme il l'a dit à plusieurs reprises, le maire pense vraiment que le fonctionnement actuel du système de libération sous caution mine la confiance du public dans l'appareil judiciaire, ajoute-t-elle.

Aucune date d'audience n'a encore été prévue devant la Commission civile de l’Ontario sur la police. L'organisme a le loisir de rejeter la plainte ou d'entendre le plaignant si sa plainte est fondée.

La juge Copeland, de la Cour supérieure de l'Ontario, doit décider à la mi-janvier si elle compte finalement révéler une partie de ses raisons comme le lui demande la défense d'Umar Zameer.

Autres vives critiques

L'Association des avocats de la défense ne se dit pas surprise que le maire fasse l'objet d'une plainte, parce qu'elle soutient qu'il a bien commis un impair.

Le maire aurait dû être mieux avisé, puisqu'il est lui-même avocat, explique le vice-président de l'Association, Daniel Brown.

M. Brown l'accuse d'avoir émis des commentaires inappropriés par opportunisme politique, sans connaître le moindre fait avéré dans cette affaire.

Il ajoute que les propos de M. Tory ont compromis le droit de l'accusé à un procès juste et équitable, et que ce n'est pas le système des libérations sous caution qui mine la confiance du public dans la bonne administration de la justice comme le prétend son bureau.

John Tory n'aurait jamais formulé de tels commentaires si la victime n'avait pas été un policier, poursuit-il.

M. Brown se dit enfin désolé que le maire n'ait pas été désavoué par le procureur général de l'Ontario ou les procureurs de la Couronne dans le procès à venir d'Umar Zameer ou encore par le conseil municipal de Toronto ou la Commission des services de police de la métropole.

Il rappelle qu'il est très difficile pour un individu accusé de meurtre au pays d'obtenir une libération sous caution en attendant son procès, mais que l'intervention de M. Tory laisse entendre le contraire dans l'esprit du public.

Avec des renseignements fournis par CBC News et Jean-Philippe Nadeau

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