•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Fusillade dans une bibliothèque : le maire de Laval dénonce un geste « inacceptable »

La victime pourrait s'être réfugiée dans l'établissement pour échapper à son agresseur.

Une trou de balles dans une fenêtre.

Des trous de balle étaient encore visibles, mardi matin, dans les fenêtres de la bibliothèque Philippe-Panneton.

Photo : Radio-Canada / Charles Contant

Radio-Canada

C'était la consternation, mardi, au lendemain de la fusillade qui a fait un blessé, lundi soir, dans une bibliothèque de Laval-Ouest. Rarement a-t-on vu un incident aussi violent se dérouler dans un établissement culturel comme celui-là.

Le maire de Laval, Stéphane Boyer, s'est rendu sur place, mardi matin, pour rencontrer les policiers et les médias, ainsi que pour accueillir les employés de la bibliothèque. Il s'est dit préoccupé par un geste aussi inacceptable que choquant.

À la Ville, on souhaite tout mettre de l'avant ce qui peut être mis de l'avant pour [faire] cesser cette situation-là, a assuré M. Boyer.

On est présent, on va mettre plus d'argent dans l'intervention policière, mais aussi dans la prévention, a-t-il ajouté. Mais après ça, on a besoin de la collaboration du milieu scolaire, des parents [et] des gens qui sont témoins de ce genre d'événement là.

« C'est un enjeu de société, et si on veut enrayer le problème, il faut que tout le monde mette la main à la pâte. »

— Une citation de  Stéphane Boyer, maire de Laval

L'incident est survenu vers 19 h 15 à la bibliothèque Philippe-Panneton du boulevard Arthur-Sauvé – un geste violent posé sans égard aux familles qui se trouvaient à l'intérieur. Au moins quatre coups de feu ont été tirés à travers l'une des vitrines de la façade. Des éclats de vitre brisée étaient encore visibles sur les lieux, mardi.

C'est un homme de 18 ans qui a été pris pour cible. La victime est connue des milieux policiers. Selon nos informations, le Service de police de Laval (Service de police de Laval) étudie la thèse que le jeune homme, qui se sentait poursuivi, se serait cru à tort plus en sécurité à l'intérieur de la bibliothèque que dans la rue.

Atteint au bas du corps, la victime a été transportée à l'hôpital sans que l'on craigne pour sa survie, a relaté le Service de police de Laval. Elle a reçu son congé depuis.

L'incident, cela dit, aurait pu avoir des conséquences bien pires, car une quinzaine de personnes, employés et usagers, se trouvaient à l'intérieur lorsque la fusillade a éclaté. Le tireur, lui, a pris la fuite. Aucune arrestation n'a été effectuée dans ce dossier jusqu'à maintenant.

La bibliothèque Philippe-Panneton est demeurée fermée, mardi. Elle devrait normalement rouvrir ses portes mercredi.

Une voiture de police garée près de la bibliothèque.

Un jeune de 18 ans blessé par balles à Laval

Photo : Radio-Canada / Charles Contant

Les coups de feu sont plutôt rares à Laval, mais la municipalité, qui se trouve à un jet de pierres de Montréal, n'échappe pas à la spirale de violence armée qui déferle sur la région métropolitaine depuis un an et demi.

Ce qui se passe à Montréal se passe aussi à Laval : il y a juste un pont à traverser, souligne Solange Guay, directrice de Mesures Alternatives Jeunesse, un groupe de soutien aux jeunes contrevenants.

Sur l'île Jésus, ce n'est pas tant Laval-Ouest que Chomedey qui a mauvaise réputation. Un gang criminalisé sème la peur dans ce quartier, explique Mme Guay. Il y a une rivalité, dit-elle. On voit des tags un peu partout, ce qu'ils appellent "Chomedey 45", qui est plus un réseau de jeunes criminalisés.

Les jeunes contrevenants qui doivent effectuer des travaux communautaires refusent d'aller dans ce quartier, soutient Mme Guay. Parce qu'ils ont peur, dit-elle.

« Les jeunes qui viennent ici aussi nous le disent : "Là, je n'ai pas d'armes, mais des fois, je me promène avec un couteau. Je ne veux plus aller dans Chomedey." »

— Une citation de  Solange Guay, directrice de Mesures Alternatives Jeunesse Laval

Et les armes illégales circulent aussi sur l'île Jésus. Depuis un an et demi, les policiers ont intercepté beaucoup de jeunes avec des armes : armes blanches, armes à feu... Dans les écoles aussi, précise Mme Guay.

Les organismes communautaires le disent : il leur faut plus de moyens financiers et plus de ressources en amont pour atténuer le problème de la violence.

Le comité fédéral sur la sécurité publique doit par ailleurs se pencher sur le trafic d'armes et les fusillades dès mercredi à Ottawa, la Chambre des communes ayant accepté mardi une demande en ce sens formulée par le Bloc québécois.

Avec les informations de Pascal Robidas

Commentaires fermés

L’espace commentaires est fermé. Considérant la nature sensible ou légale de certains contenus, nous nous réservons le droit de désactiver les commentaires. Vous pouvez consulter nos conditions d’utilisation.