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La disponibilité des taxis pourrait diminuer à l’approche des Fêtes

Andrée Bruneau porte un masque dans son taxi.

Andrée Bruneau, présidente de Co-op Taxi.

Photo : Radio-Canada / Andrei Audet

La pénurie de chauffeurs de taxi provoque des délais importants pour obtenir un transport en Abitibi-Témiscamingue. Selon la présidente de Co-op Taxi de Rouyn-Noranda, le temps d'attente peut atteindre 30 à 60 minutes en moyenne. Une situation qui pourrait s’aggraver pendant le temps des Fêtes.

Il y aura très peu de taxis en service autour des fêtes de Noël et du jour de l’An à Rouyn-Noranda, avertit Mme Bruneau. Plusieurs chauffeurs prennent des journées de congé lors de cette période. Elle suggère à la population de prévoir des chauffeurs désignés pour se déplacer en cas de consommation d’alcool.

Selon Andrée Bruneau, il manquerait une vingtaine de chauffeurs de taxi pour desservir la population de Rouyn-Noranda de façon adéquate. Elle pilote la seule compagnie de taxi à Rouyn-Noranda.

L’aire d’attente des chauffeurs de Co-op Taxi

L’aire d’attente des chauffeurs de Co-op Taxi

Photo : Radio-Canada / Andrei Audet

Le temps d’attente pour avoir accès à un taxi est encore plus élevé la nuit. Et la demande est très forte à la fermeture des bars. La pandémie de COVID-19 a aussi aggravé la pénurie de chauffeurs de taxi.

Il y avait quand même une quinzaine de taxis de nuit, mais avec le couvre-feu, il y a en a beaucoup qui sont tombés de jour. [...] Ils ont vu que les clients de jour sont beaucoup plus agréables que ceux de nuit. C’est pour ça qu’il en reste à peu près juste huit, note la présidente de Co-op Taxi.

De son côté, le porte-parole de l’Association des taxis des régions du Québec (ATRQ), Serge Lebreux, craint que la situation ait un impact sur les services préhospitaliers. Selon lui, le temps d'attente pourrait décourager des personnes voulant se déplacer vers l'hôpital en taxi.

Il va y avoir une mal-utilisation des différents modes de transport, qui fait en sorte que souvent l’ambulance se promène dans le chemin avec des clients qui pourraient être transportés dans des modes de transports alternatifs dont le taxi adapté, croit-il.

Le recrutement

Afin que de nouveaux chauffeurs rejoignent les rangs de Co-op Taxi organise depuis cet automne des journées portes ouvertes.

La personne intéressée doit tout d’abord prendre rendez-vous pour être parrainée par un chauffeur.

On travaille quand qu’on veut, on fait les heures qu’on veut, les journées qu’on veut. C’est certain que pour que ça soit payant, il faut faire au moins 40 heures semaine. [...] Puis ce qui est le fun, c’est qu’on travaille dehors, précise-t-elle.

Serge Lebreux affirme toutefois que les conditions de travail d’un chauffeur de taxi peuvent être difficiles.

Les gars ne travaillent pas à quinze, vingt dollars de l’heure. Ils travaillent souvent en bas du salaire minimum pour de longues heures de travail. En bas de soixante heures par semaine, les gars ne peuvent pas se faire une paie décente. [...] Quand il faut que je monte à La Sarre parce que le gars est quasiment entrain de faire une dépression parce qu’il ne sait plus où se pitcher, raconte le président de l’ARTQ.

Uber, la solution?

La multinationale Uber, qui offre ses services de transport notamment à Montréal, a annoncé en septembre 2020 vouloir les étendre à la grandeur du Québec. L’Abitibi-Témiscamingue est toujours dans les cartons de l’entreprise.

C’est dans notre intention de rendre notre application disponible prochainement dans le secteur. Je n’ai pas de date à soumettre, mais c’est clairement notre intention, assure Jonathan Hamel, gestionnaire des affaires publiques pour le Québec chez Uber.

Une femme tient un téléphone intelligent sur lequel l'application d'Uber est en marche.

Uber offre le service de transport ou de livraison dans plusieurs la livraison d'épicerie par exemple à Montréal. (archives)

Photo : CBC/Julia Page

M. Hamel soutient qu'Uber fait partie de la solution pour atténuer les conséquences de la pénurie de chauffeurs de taxi en Abitibi-Témiscamingue.

Qu’on soit là ou qu’on soit pas là en ce moment, les services de taxi traditionnels ne sont pas capables de répondre à la demande. C’est ce qu’on entend un peu partout. On se voit complémentaire à ce qu’il y a déjà sur le terrain. [...] Nous sommes confiants que lorsque nous lancerons l’application dans la région, il y aura des gens qui voudront l’utiliser pour travailler et compléter leurs revenus, souligne le gestionnaire des affaires publiques pour le Québec chez Uber.

La propriétaire de Co-op Taxi n’est pas convaincue qu'Uber puisse attirer un grand nombre de clients à Rouyn-Noranda.

Peut-être les étudiants, peut-être la nuit à la sortie des bars. Mais les personnes régulières qui sont habituées à payer leurs courses six, sept dollars, et bien parce qu’il fait une tempête de neige, la demande est plus grande, ils vont payer vingt dollars [avec Uber] , conçoit Andrée Bruneau.

Retirer le système d’enregistrement des ventes pour Revenu Québec, obligatoire pour tout chauffeur de taxi depuis le 1er novembre, viendrait donner un peu de répit à l'industrie, pense Mme Bruneau. Il serait la cause de la perte d’une dizaine de chauffeurs chez Co-op Taxi.

Les chauffeurs à temps partiel qui faisaient ça comme sideline, ils pourraient revenir sans être obligés de déclarer le petit peu qu’ils font, espère-t-elle.

Le porte-parole de l’ARTQ dénonce la sourde oreille du ministre des Transports du Québec, François Bonnardel, sur les propositions dont son association lui a fait part dans le passé. Serge Lebreux promet de continuer à plancher sur des solutions pour limiter les impacts de la pénurie de main-d'œuvre sur les compagnies de taxi situées en région au Québec.

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