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Le vice-amiral Haydn Edmundson accusé d’agression sexuelle et d’actions indécentes

Le vice-amiral Haydn Edmundson, photographié de près.

Le vice-amiral Haydn Edmundson a nié les allégations le concernant.

Photo : La Presse canadienne / Justin Tang

Radio-Canada

Le Service national des enquêtes des Forces armées canadiennes (FAC) a déposé mardi des accusations d'agression sexuelle et d'actions indécentes contre le vice-amiral Haydn Edmundson, ex-responsable des ressources humaines de l'Armée canadienne.

Son inculpation suit la décision annoncée le mois dernier par la ministre de la Défense nationale, Anita Anand, de transférer toutes les allégations d’inconduite sexuelle visant des membres des Forces armées canadiennes aux autorités civiles des différentes provinces, conformément à une recommandation provisoire de l’ex-juge Louise Arbour, qui a réalisé un examen indépendant du traitement de ces plaintes par l'armée.

Comme l’affaire est maintenant confiée au système de justice civil, aucun autre renseignement ne peut être divulgué pour l'instant, a déclaré un porte-parole du ministère de la Défense nationale, Daniel Le Bouthillier, dans un communiqué.

L'armée explique cependant avoir mené à terme son enquête avant de transférer le dossier, parce que l’enquête était presque terminée.

Les allégations contre Haydn Edmundson remontent à environ 30 ans, à l'époque où il agissait comme capitaine de corvette responsable de l'entraînement des officiers de la marine à Esquimalt, en Colombie-Britannique.

Elles ont été rendues publiques en mars dernier par une ancienne militaire, Stéphanie Viau, qui a affirmé au réseau CBC que Haydn Edmundson, alors un supérieur hiérarchique, lui a exposé ses parties génitales pendant qu’ils étaient tous les deux à bord d’un navire déployé dans l’océan Pacifique.

Celle qui avait à l'époque 19 ans a dit avoir clairement indiqué au haut gradé des Forces armées canadiennes que son comportement était inacceptable, mais ses inconduites se seraient même intensifiées quelques jours plus tard.

Alors que le navire était amarré à Pearl Harbour, à Hawaï, en novembre 1991, il l'a, selon elle, agressée sexuellement.

Il ne voulait pas me laisser partir, a-t-elle déclaré à CBC News. Je ne peux pas dire que c'était une situation violente, mais il m'a en quelque sorte poussée contre le mur et il a commencé à me déshabiller. Puis, il m'a retournée et m'a violée. Il n'y a pas d'autre façon de le dire [...] Mon corps s'est figé. Je ne savais pas quoi faire. J'étais terrifiée.

Le vice-amiral Edmundson continue de nier toute inconduite criminelle et attend avec impatience l'occasion de rétablir son excellente réputation acquise en servant notre pays, a écrit son avocat, Brian Greenspan, dans une déclaration transmise à CBC News après l'inculpation.

Celui de Stéphanie Viau, Paul Champ, a pour sa part déclaré au réseau que sa cliente ne fera aucun commentaire sur cette affaire, si ce n'est que nous attendrons que la justice suive son cours.

Haydn Edmundson a démissionné en mars en raison d'une enquête criminelle lancée dans la foulée du reportage de CBC.

Il avait initialement été mis en congé payé pour une durée indéterminée, puis remplacé en tant que commandant responsable des ressources humaines de l’armée.

Un scandale de grande ampleur

Le successeur d'Haydn Edmundson, le lieutenant-général Steven Whelan, également visé par la suite par une enquête sur une allégation d'inconduite sexuelle, a pour sa part quitté ses fonctions en octobre. Il a lui aussi nié tout acte répréhensible.

Depuis le début de février, au moins 11 hauts gradés de l'armée, dont l'ex-chef d'État major Jonathan Vance ainsi que son successeur Art McDonald, ont fait l'objet de ce type d'allégations.

Les contribuables canadiens ont dépensé entre 639 000 $ et 720 900 $ pour les salaires d'officiers militaires de haut rang qui ont été mis en congé ou démis de leurs fonctions à la suite de révélations d’inconduite sexuelle dans l'armée, a révélé en octobre une analyse de CBC.

Le mois dernier, le Bureau du Grand Prévôt des Forces canadiennes (GPFC) a estimé qu'environ 145 plaintes d'allégations d'inconduite sexuelle visant des membres des Forces armées canadiennes, tous rangs confondus, pourraient être transférées à la police civile pour enquête.

Avec des informations d'Ashley Burke, de CBC News

Avec les informations de La Presse canadienne

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