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S’intégrer dans une nouvelle communauté grâce à l’écoute de la radio

Des écouteurs et une petite radio.

La radio est un média facilement accessible.

Photo : iStock

Le 75e anniversaire de la radio de Radio-Canada au Manitoba est l’occasion d'examiner de quelle façon la radio peut être un vecteur pour l’intégration des nouveaux arrivants dans une communauté, y compris en situation minoritaire.

Professeur au département d’information et de communication à l’Université Laval, Henri Assogba se décrit comme un citoyen du monde. Originaire du Bénin, son parcours professionnel l’a amené à vivre au Sénégal, en France, en Égypte et au Québec.

Ancien journaliste, M. Assogba dit avoir une affection particulière pour la radio, ce média de masse où les auditeurs ont l’impression que le message n’est adressé qu’à eux, ce qui, selon lui, fait la magie de la radio par son côté de proximité et d’intimité.

Henri Assogba dans son bureau donne une entrevue en vidéoconférence.

Henri Assogba, professeur au département d’information et de communication à l’Université Laval

Photo : Google Meet / Capture d'écran

Est-ce que la radio a été votre premier point de contact avec la culture locale lorsque vous changiez de pays?

D’abord, il faut dire que j’ai peut-être un biais. J’ai été journaliste radio, donc j’ai une appétence particulière pour la radio. Je pourrais même parler d’une déformation professionnelle. Quand j’arrive dans un nouveau pays, je suis curieux de savoir ce qu’on écoute dans ce pays. Je zappe. J’écoute différentes radios pour savoir! C’est mon côté découverte, ça me permet donc de savoir comment on fait de la radio dans les différents pays.

De mon point de vue, c’est aussi un facteur d’intégration, ne serait-ce que pour connaître les informations de service relatives à la météo, comment s’habiller, mais aussi les informations de circulation!

Comment la radio joue-t-elle un rôle dans l’intégration des nouveaux arrivants?

Au-delà de ces informations de service, on va découvrir les spécificités locales comme la manière de s’exprimer.

Est-ce qu’il y a des radios francophones dans le pays d’accueil? Si oui, eh bien, il y a une facilité d’écoute.

Un appareil radio ancien sur une table de bois.

Un ancien appareil radio.

Photo : getty images/istockphoto / jakkapan21

On parle tous le français, mais il y a des particularismes. Ça permet donc de se faire comprendre dans la vie quotidienne, donc de pouvoir s’intégrer.

Il y a des contenus humoristiques, je peux apprendre la langue et je peux améliorer ma pratique de la langue par rapport à la radio.

À l’inverse, est-ce que la radio pourrait ne pas jouer son rôle d’intégration ?

Si j’écoute la radio, que je ne me sens pas représenté, que je ne me retrouve pas, que mes intérêts ne sont pas représentés, qu’on me renvoie des images négatives de mon identité, je peux ne pas me reconnaître dans cette radio.

C’est un couteau à double tranchant. Les médias peuvent être autant un facteur d’intégration qu’un facteur d’exclusion. C’est aux producteurs et aux responsables de ces médias-là d’en tenir compte dans leur programmation et de permettre aux gens de se sentir concernés.

Si je ne me retrouve pas facilement à la radio, je peux trouver autre chose. Les producteurs doivent en être conscients pour pouvoir varier leur offre et permettre à celui qui arrivera de passer de l’individuel au collectif.

Quelle est la place des nouvelles technologies en rapport avec l'intégration dans une communauté?

Avec les nouvelles technologies, il est facile de garder un lien avec son pays d’origine et d’écouter la radio de ce pays. Aussi, aujourd’hui, la radio a changé, la technologie permet l’écoute en rattrapage et on peut s’adresser aux gens par la baladodiffusion. L’offre se multiplie.

Des écouteurs blancs sur une vague de son verte.

La baladodiffusion est en vogue et fait compétition à la radio traditionnelle.

Photo : iStock

L’auditeur a cette capacité-là, donc, de faire sa propre programmation de radio, son magasinage, comme on peut le faire pour plein d’autres choses, en fonction de ses intérêts.

Il faut concevoir l’offre radio comme plurielle. Cette hybridité fait toute la beauté de la chose et c’est le défi en même temps pour les producteurs dans leur proposition de contenu.

Il faut maintenant penser à une double intégration en termes d’identité. On ne demande pas aux gens de faire table rase et de nier leur propre existence. L’identité peut se concevoir de manière hybride, ancrée à la fois dans la société d’origine et d’accueil. C’est ce qui apporte une richesse et une spécificité à la société d’accueil.

Que voyez-vous pour les 75 prochaines années de la radio, est-ce qu’elle serait toujours un vecteur d’intégration?

Il faut qu’elle demeure et qu’elle ait les moyens de ses ambitions. La radio doit continuer à se cultiver sans se fermer aux nouvelles technologies et conquérir de nouveaux publics. C’est d’être à l’écoute de ses publics et d’avoir une offre qui permet aux gens de se reconnaître : surprendre l’auditeur, le sortir de sa zone de confort et l’intégrer.

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