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Un pas de plus vers l’enfouissement des déchets nucléaires en Ontario

Une photo des lieux vue de haut, prise par un drone. Il y a plusieurs bâtiments au milieu d'une forêt enneigée.

En exécutant les travaux de forage, le SGDN espère mieux comprendre les propriétés de la formation rocheuse située au sud de la route 17, à environ 35 kilomètres à l’ouest d’Ignace.

Photo : Société de gestion des déchets nucléaires du Canada

La Société de gestion des déchets nucléaires (SGDN) du Canada a annoncé la fin des travaux de forage exploratoire sur le site d’Ignace, dans le Nord de l’Ontario.

Ces travaux, qui ont pris plus de quatre ans à réaliser, permettront de recueillir des données sur la géologie du terrain et de déterminer s’il serait un emplacement adéquat pour le futur tombeau nucléaire canadien.

Selon les données du gouvernement fédéral, il y a présentement 2 553 069 mètres cubes de déchets radioactifs au pays, soit l’équivalent de plus de 1 000 piscines olympiques. La mission de la Société de gestion des déchets nucléaires est de trouver une solution à long terme pour gérer ces déchets.

À l’heure actuelle, il reste seulement deux emplacements sur la liste d’endroits potentiels où enterrer les déchets nucléaires : Ignace, dans le Nord-Ouest de l'Ontario, et Bruce Sud, une municipalité située au sud-est du lac Huron, également en Ontario.

En exécutant les travaux de forage, le Société de gestion des déchets nucléaires du Canada espère mieux comprendre les propriétés de la formation rocheuse batholite de Revell, située au sud de la route 17, à environ 35 kilomètres à l’ouest d’Ignace.

Jusqu’à tout récemment, le Société de gestion des déchets nucléaires du Canada avait beaucoup plus d’informations sur la géologie du terrain à Bruce Sud, en raison de l’exploration pétrolière et minérale exécutée par des entreprises à cet endroit. Il était donc nécessaire de mener plus de travaux de forage à Ignace pour récolter davantage de données géophysiques.

Les résultats préliminaires de nos études montrent que le terrain d’Ignace est tout à fait adéquat pour l’enfouissement des déchets nucléaires, affirme Vince Ponka, le responsable des communications de la Société de gestion des déchets nucléaires du Canadadans le Nord de l’Ontario.

De longs cylindres rocheux entreposés dans des contenants en bois.

L'équipe de la SGDN a creusé plus de 6 kilomètres dans la formation rocheuse batholite de Revell pour mieux comprendre les caractéristiques géophysiques de l'emplacement.

Photo : Société de gestion des déchets nucléaires du Canada

Mais les informations recueillies sont complexes et seront envoyées dans différents laboratoires à travers le monde, alors ça va prendre au moins un an avant qu’on ait les résultats finaux, tempère-t-il.

En ce moment, nous considérons Ignace autant que Bruce Sud, nous ne savons toujours pas lequel est préférable, conclut M. Ponka.

Le porte-parole confirme également qu’une décision devrait être finalisée d’ici 2023. Nous devons laisser suffisamment de temps pour que tous soient informés et puissent fournir un consentement éclairé, surtout les communautés autochtones.

Indécision du côté autochtone

Du côté de la Première Nation ojibwée de Wabigoon Lake, la prise de position reste plutôt neutre, du moins pour l’instant.

Nous participons à un programme d’information sur le projet, explique le chef de la Première Nation, Clayton Wetelainen.

« Nous avons été forcés de nous impliquer dans ce dossier après qu’Ignace a postulé pour devenir le site d’enfouissement, et le site est très proche de notre territoire. »

— Une citation de  Clayton Wetelainen, chef de la Première Nation ojibwée de Wabigoon Lake

Nous avons accepté de participer à ce programme d’information, à condition d'avoir notre mot à dire avant que le projet soit lancé.

Le chef Wetelainen ajoute qu’il connaît bien les arguments de la Société de gestion des déchets nucléaires du Canada, et qu’il est présentement à l’écoute des groupes environnementaux qui s'opposent au projet.

« Notre position, c’est qu’on doit entendre les différentes perspectives avant de prendre une décision. »

— Une citation de  Clayton Wetelainen, chef de la Première Nation ojibwée de Wabigoon Lake

La communauté est encore en train de se pencher sur les données scientifiques et socioéconomiques, en plus de débattre sur les enjeux de sécurité.

On n'a même pas encore abordé la question des avantages et des bienfaits économiques du projet pour notre communauté, illustre-t-il.

La Première Nation d’Eagle Lake abonde dans le même sens.

« Lorsque nous en saurons plus, nous aurons un référendum au sein de notre communauté. »

— Une citation de  Arnold Gardner, chef de la Première Nation d'Eagle Lake

Nous avons besoin d’avoir toutes les données avant d'en discuter dans une réunion de conseil de bande, affirme le chef Arnold Gardner.

Le Nord sans nucléaire maintient sa position

D'après Charles Faust, un des bénévoles du groupe activiste Nuclear Free North (le Nord sans nucléaire; traduction libre), ce développement ne changera pas l’opinion de ceux qui s’opposent au projet, bien au contraire.

Ce qui me fâche dans la fin des travaux de forage, c’est qu’on la présente comme étant une bonne chose, et que ça fait une sorte de publicité médiatique gratuite pour la Société de gestion des déchets nucléaires du Canada, déplore-t-il.

Le groupe estime que la SGDN minimise plusieurs risques, spécialement sur la question de savoir comment les déchets radioactifs seront transportés des centrales nucléaires jusqu’au site d’enfouissement.

Deux femmes et des enfants tiennent des pancartes.

Le groupe le Nord sans nucléaire s'oppose au projet d'enfouissement des déchets nucléaires.

Photo : Charles Faust

Le Nord sans nucléaire veut comprendre quelles procédures seront mises en place pour s’assurer qu’il n’y aura pas de déversements toxiques dans les cours d’eau le long des artères routières principales de la province.

Les membres du groupe ne sont pas convaincus qu’il y a suffisamment de preuves scientifiques pour garantir, en toute confiance, que le projet de tombeau nucléaire ne pose pas de risque pour l’environnement et pour les cours d’eau.

De son côté, la Société de gestion des déchets nucléaires affirme que le système de multiples barrières de protection et les avancées scientifiques permettent de réaliser le projet tout en minimisant les risques pour l'environnement et pour la communauté d'accueil.

Qu’est-ce que le consentement des communautés d’accueil, réellement?, demande M. Faust.

« Il y a environ 1 200 personnes à Ignace, peut-être la moitié d’entre elles sont en mesure de voter, mais c’est un projet qui concerne tout le Nord de l’Ontario, et même l’ouest du Canada en général. »

— Une citation de  Charles Faust, bénévole auprès du groupe activiste le Nord sans nucléaire

Le groupe a amassé plus de 5 000 $ en dons l'été dernier. L'argent a été utilisé pour imprimer et distribuer des feuillets informatifs dans les communautés d’Ignace et des environs.

Maintenant que la SGDN continue de faire des progrès, il espère rejoindre plus de communautés le long de la route 17, en amassant au moins 10 000 $ par l'entremise d'un site de levée de fonds virtuel comme GoFundMe.

On veut présenter notre point de vue, mais ce n’est pas égal, note M. Faust, en faisant référence aux ressources de relations publiques dont dispose la Société de gestion des déchets nucléaires du Canada, qui exploite un centre d’information au cœur d’Ignace.

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