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Des Rohingyas poursuivent Facebook pour 190 G$

Des enfants rohingyas se tiennent sur une butte qui surplombe un camp de réfugiés.

Des personnes réfugiées rohingyas au camp de Balukhali, au Bangladesh.

Photo : Reuters / Mohammad Ponir Hossain

Agence France-Presse

Des personnes réfugiées rohingyas ont porté plainte lundi contre Facebook et réclament 150 milliards de dollars américains (190 milliards de dollars canadiens) d'indemnités au réseau social. Ces personnes l’accusent d'avoir laissé se propager sur la plateforme des messages de haine visant cette minorité ethnique.

La plainte déposée affirme que les algorithmes utilisés par le géant du web ont favorisé la désinformation et des idéologies extrémistes qui se sont traduites par des actes violents dans le monde réel.

« Facebook est comme un robot programmé avec une unique mission : se développer. »

— Une citation de  Extrait de la plainte

La réalité indéniable est que la croissance de Facebook, nourrie par la haine, la division et la désinformation, a laissé dans son sillage des centaines de milliers de vies rohingyas dévastées, indique le document consulté par l'Agence France-Presse (AFP).

Un peuple discriminé

La plupart des Rohingyas, une minorité ethnique musulmane, ont trouvé refuge au Bangladesh à partir de 2017 après avoir fui une violente campagne de répression en Birmanie. Ce pays à majorité bouddhiste considère ces personnes comme clandestines, même si elles y sont souvent présentes depuis des générations.

Refusant de retourner en Birmanie tant que la sécurité et l'égalité des droits ne lui sont pas assurées, la communauté vit dans des cahutes de fortune et des conditions insalubres.

Des personnes marchent sur un petit chemin de terre près de milliers d'habitations. Les personnes ont un parapluie ouvert au-dessus de leur tête.

Des Rohingyas dans un camp de réfugiés au Bangladesh, le 23 août 2018

Photo : Getty Images / AFP/Dibyangshu Sarkar

Plusieurs Rohingyas toujours en Birmanie n'y bénéficient pas de la citoyenneté et se butent à des violences communautaires ainsi qu'à une discrimination de la part de la junte au pouvoir.

Facebook pointée du doigt

La plainte collective déposée lundi à San Francisco affirme que les algorithmes de Facebook poussent certains profils d’internautes vers des groupes encore plus extrémistes qu'ils ne le sont déjà, une situation idéale pour les têtes dirigeantes et les régimes autocratiques.

Des organisations de défense des droits de la personne reprochent à Facebook de ne pas s'engager suffisamment dans la lutte contre la désinformation et les informations mensongères.

Des critiques assurent que même lorsque la plateforme est alertée au sujet de contenus haineux, elle n'agit pas, ce qui aboutit à des persécutions sur des minorités et peut même peser sur le résultat de certaines élections.

Frances Haugen, la lanceuse d'alerte qui a claqué la porte de Facebook en mai dernier et qui dénonce les pratiques de son ancien employeur, a déclaré devant le Congrès américain que le réseau, dont la maison mère a été récemment rebaptisée Meta, attisait les violences ethniques dans certains pays.

D'après la loi américaine, Facebook n'a que peu de chances d'être tenue responsable des messages publiés par ses utilisateurs et utilisatrices. Pour contourner cet écueil juridique, la plainte des Rohingyas souligne le fait que la loi birmane, qui n'offre aucune protection de ce genre, devrait primer.

Contactée par l'AFP, Facebook n'avait pas réagi lundi soir à l'annonce de cette plainte.

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