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La hausse des prix des aliments pourrait se poursuivre en 2022

La pandémie et les mesures sanitaires expliquent en grande partie les hausses de prix des aliments.

L'allée des légumes réfrigérés au supermarché; une mère et son enfant choisissent une laitue.

L'inflation marquée pousse les consommateurs à faire des choix et à changer parfois leurs habitudes alimentaires.

Photo : iStock

Les prix des aliments ont augmenté de 3,9 % au Canada en 2021. Cette hausse se poursuivra l’an prochain, pour atteindre 5 % à 7 %, selon les estimations contenues dans le Rapport annuel sur les prix alimentaires, ce qui équivaut à 966 $ de plus pour une famille de quatre personnes.

Les chercheurs de l’Université Dalhousie et des Universités de Guelph, de la Saskatchewan et de la Colombie-Britannique produisent leur rapport en analysant notamment les données de Statistique Canada pour l’année qui se termine et en appliquant des modèles prédictifs à plusieurs variables pour l’année à venir.

En 2021, ce sont les prix des viandes (+9,5 %) et des aliments tels que le sucre, le café, les huiles et les condiments – nommés autres (+5,3 %) – qui ont augmenté le plus. Les prix des produits laitiers ont quant à eux augmenté de 5,1 %.

La pandémie et les mesures sanitaires ont bousculé les chaînes d’approvisionnement et provoqué des pénuries, ce qui explique essentiellement ces hausses marquées, souligne le rapport.

En 2021, l’inflation générale a atteint son plus haut niveau depuis le début des années 2000, sous l’effet des coûts élevés du pétrole, du logement et des denrées alimentaires. La chaîne d’approvisionnement alimentaire a été confrontée à de nombreux défis en raison des coûts de transport élevés et de la réduction de la capacité du transport maritime. Des difficultés liées à la main-d’œuvre ont été constatées dans l’ensemble de la chaîne alimentaire, mais surtout dans le secteur des services alimentaires, peut-on lire.

Un porte-conteneurs sur la côte pacifique canadienne.

Un porte-conteneurs à l'approche du port de Vancouver.

Photo : La Presse canadienne / JONATHAN HAYWARD

Les conditions de sécheresse et les incendies de forêt survenus en 2021 ont également contribué à la hausse du prix des aliments cette année, poursuit le rapport.

La hausse des prix des aliments se poursuivra en 2022, selon le document réalisé sous l’égide du professeur Sylvain Charlebois, directeur du Laboratoire des sciences analytiques en agroalimentaire de l’Université Dalhousie.

Cette augmentation prévue de 5 % à 7 % constituerait la plus forte augmentation en douze ans, d’après les chercheurs, soit depuis que le rapport est produit.

[En 2022], nous prévoyons, par exemple, qu’une famille de quatre personnes, comprenant un homme (âgé de 31 à 50 ans), une femme (âgée de 31 à 50 ans), un garçon (âgé de 14 à 18 ans) et une fille (âgée de 9 à 13 ans), aura des dépenses alimentaires annuelles pouvant atteindre 14 767,36 $, soit une augmentation de 966,08 $ par rapport au coût annuel total observé en 2021.

Plusieurs des facteurs qui ont contribué à l’inflation marquée en 2021 seront encore à l’œuvre en 2022.

On souligne les problèmes logistiques constatés dans les chaînes d'approvisionnement et les effets des changements climatiques, comme le manque d’eau dans certaines régions du globe, des inondations et des températures extrêmes.

À cela, il faudra ajouter l'effet de la taxe carbone, qui passera de 40 $ la tonne de GES en 2021 à 50 $ la tonne en 2022. Cette taxe atteindra 170 $ la tonne en 2030. Elle contribue à la hausse des coûts à tous les niveaux.

Les plus vulnérables frappés de plein fouet

L’ensemble des ménages subissent les répercussions de l’inflation, mais les moins nantis en arracheront davantage.

« L’augmentation disproportionnée du prix des aliments aura des répercussions plus sévères sur les femmes, les populations autochtones, les personnes de couleur et les autres populations vulnérables. »

— Une citation de  Rapport annuel sur les prix alimentaires 2022

Le document prévoit ainsi un plus grand recours aux banques alimentaires à travers le pays, car les revenus ne progressent pas suffisamment pour couvrir les dépenses alimentaires et les autres besoins fondamentaux.

Une femme range des aliments dans des boîtes à la banque alimentaire.

Une bénévole à la banque alimentaire Daily Bread de Toronto.

Photo : CBC/Evan Mitsui

Parallèlement, les organismes qui fournissent de l’aide aux personnes souffrant d’insécurité alimentaire pourraient avoir de plus en plus de mal à satisfaire la demande accrue et affronter la hausse des dépenses alimentaires tout en fonctionnant avec un financement et des budgets stagnants, peut-on lire.

La hausse des vols dans les épiceries, déjà remarquée en 2021, devrait s’accentuer en 2022, selon le rapport.

Finalement, les pénuries de certains produits, que ce soit sur les étagères de l’épicerie ou pour certains mets au restaurant, se poursuivront.

« L’accès aux aliments ne sera probablement jamais un problème au Canada. Mais les étagères vides à l’épicerie deviendront une vision courante en raison de la combinaison des problèmes logistiques et de main-d’œuvre. »

— Une citation de  Rapport annuel sur les prix alimentaires 2022

Évolution des pratiques de consommation

Une enquête de Deloitte (Nouvelle fenêtre) citée dans le rapport indique que les consommateurs font plus attention à ce qu’ils choisissent à l’épicerie, une tendance accentuée par la pandémie.

Les choix alimentaires des consommateurs en 2021 étaient motivés par la santé et la durabilité de l’environnement – avec un désir accru des consommateurs pour plus de transparence et de pratiques éthiques autour des produits alimentaires, lit-on dans le document.

Des recherches font état d’une possible plus grande littératie alimentaire des consommateurs avec la pandémie, soit les compétences et pratiques alimentaires apprises et utilisées tout au long de la vie pour se débrouiller dans un environnement alimentaire complexe.

Malgré tout, beaucoup ont encore du mal à manger sainement et à gérer leurs repas à la suite des perturbations de la vie quotidienne liées à la COVID.

Le rapport fait aussi état d’un plus grand recours à l’épicerie en ligne, une tendance qui est là pour de bon.

On mentionne également l'adoption de stratégies pour éviter le gaspillage, tant dans les chaînes d’approvisionnement, au commerce qu'à la maison.

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