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« Les États-Unis paieront le prix » de leur boycottage des JO, dit la Chine

Les alliés européens de Washington n'ont pas encore dit s'ils emboîteront le pas à l'administration Biden, affirmant qu'ils doivent coordonner leur décision.

Un homme passe devant un compte à rebours numérique indiquant qu'il reste 59 jours avant le début des Jeux olympiques.

À Pékin, l'horloge du compte à rebours pour les Jeux d'hiver rappelle aux Chinois qu'il reste moins de deux mois avant la cérémonie d'ouverture.

Photo : Reuters / CARLOS GARCIA RAWLINS

Radio-Canada

La Chine fulmine après l'annonce par les États-Unis d'un boycottage diplomatique des Jeux olympiques d'hiver de Pékin, que l’administration Biden présente comme une rebuffade pour le « génocide » des Ouigours et d’autres violations des droits de la personne.

La tentative des États-Unis de perturber les Jeux olympiques d'hiver de Pékin, fondée sur un préjugé idéologique, des mensonges et des rumeurs, ne fera qu'exposer aux yeux de tous les intentions malveillantes des États-Unis , a commenté mardi le porte-parole de la diplomatie chinoise, Zhao Lijian.

Selon M. Zhao, les accusations des pays occidentaux sur la situation des musulmans du Xinjiang de mensonge du siècle. Pékin a toujours démenti enfermer des Ouïgours dans des camps de rééducation, affirmant plutôt qu’il s’agit de centres de formation professionnelle pour soutenir l’emploi et combattre l’extrémisme religieux.

Le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères a par ailleurs accusé le gouvernement américain d'avoir violé le principe de la neutralité politique du sport et a de nouveau évoqué des contre-mesures fermes contre Washington.

« Les États-Unis paieront le prix de leur mauvais coup. Restez à l'écoute. »

— Une citation de  Zhao Lijian, porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères

Sur Twitter, l’ambassade chinoise à Washington s’est courroucée, accusant les politiciens américains d’adopter une posture ne servant que leur propre intérêt. En fait, personne ne devrait se soucier que ces gens viennent ou pas, et cela n’aura aucun impact sur le succès de Beijing 2022, a-t-elle écrit.

Franchement, les Chinois sont soulagés d'apprendre la nouvelle, car moins il y aura de responsables américains, moins il y aura de virus, aussi persiflé sur Twitter le tabloïd chinois Global Times, porte-voix du régime communiste.

À Pékin, des citoyens chinois n’ont pas manqué de faire part de leur ressentiment. Le sport, c'est le sport. Quel rapport avec la politique?, s’est demandé M. Wang, un Pékinois de 72 ans interrogé par l’Agence France-Presse.

« C'est un manque de respect envers les athlètes, vous ne trouvez pas? Les sportifs s'entraînent depuis des années (pour les Jeux) et les États-Unis disent sans aucune gêne que leurs diplomates ne viendront pas. Le gouvernement américain est lâche. »

— Une citation de  M. Han, fonctionnaire chinois à la retraite, rencontré par l'AFP près du parc olympique

D'autres pays imiteront-ils les États-Unis?

Pour le moment, aucun autre pays n’a imité les États-Unis. Plusieurs alliés européens de Washington ont tour à tour dit mardi qu’ils en prenaient note, et qu’ils allaient coordonner leurs décisions.

Nous prenons bonne note du choix des Américains, a fait savoir la présidence française. Nous allons nous coordonner au niveau européen, a-t-elle ajouté.

Lorsque nous avons des préoccupations sur les droits de l'homme, nous le disons aux Chinois et nous avons pris des sanctions sur le Xinjiang en mars dernier, a ajouté l'Élysée.

En Allemagne, le futur chancelier Olaf Scholz a aussi évoqué une consultation à venir au niveau européen. Nous devons connaître nos désaccords, mais néanmoins nous entendre, a-t-il répondu lorsqu’il a été interrogé sur la relation entre son pays et la Chine.

Nous arrêterons notre position en temps voulu, s’est contenté de déclarer à Londres un porte-parole du premier ministre Boris Johnson.

On est toujours en discussion avec nos alliés, avait déjà indiqué lundi la ministre canadienne des Sports, Pascale Saint-Onge. Pour le moment, il n'y a pas encore de décision qui est prise.

En février dernier, la Chambre des communes a adopté à l'unanimité une motion stipulant qu'un génocide était actuellement perpétré par la Chine contre les Ouïgours. Le premier ministre Justin Trudeau et tous les ministres s'étaient abstenus étant donné la détention de deux Canadiens en Chine.

La Nouvelle-Zélande a réitéré qu’elle n’enverrait pas non plus de dignitaires dans la capitale chinoise pour les Jeux olympiques, mais en précisant que sa décision, communiquée à Pékin en octobre, était plutôt liée aux restrictions de voyage décidées en raison de la pandémie.

Ailleurs dans la région Asie-Pacifique, l’Australie n’a pas fait part de son point de vue sur la décision américaine, la Corée du Sud a refusé de la commenter et le Japon a fait savoir qu’il prendrait sa propre décision au moment opportun.

Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, s'est plutôt rangé du côté chinois, en soutenant que les Jeux olympiques devaient rester libres de toute politique. L'essentiel [...] est que les athlètes [américains] ne soient pas concernés par le boycottage, a-t-il ajouté.

Avec les informations de Agence France-Presse, et Reuters

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