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Tordeuse des bourgeons de l’épinette : une aide d’urgence réclamée

Une tordeuse des bourgeons de l'épinette sous sa forme larvaire.

La tordeuse des bourgeons de l'épinette continue de faire des ravages au Bas-Saint-Laurent (archives).

Photo : Christian Bélisle, ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs

Le Syndicat des producteurs forestiers du Bas-Saint-Laurent et les élus de la région réclament une aide d'urgence de 2 millions de dollars au gouvernement du Québec afin de « sauver » la forêt bas-laurentienne, grandement affectée par la tordeuse des bourgeons de l'épinette.

Au cours de la dernière année, la tordeuse a gagné du terrain. La superficie de forêt touchée dans la région a augmenté de 23 % et s'établit maintenant à 1,62 million d'hectares, selon la Table de concertation de la forêt privée du Bas-Saint-Laurent.

C'est dans l'est du territoire bas-laurentien, particulièrement dans les Municipalité régionale de comté de La Matapédia et de La Matanie, que les peuplements d'arbres sont les plus ravagés. C'est aussi dans ce secteur que la majorité des sommes allouées à la région pour les travaux sylvicoles sont investies, au détriment de l'ouest de la région, déplore le Syndicat des producteurs forestiers du Bas-Saint-Laurent (SPFBSL).

Carte montrant du vers dans l'ouest du Bas-Saint-Laurent et du rouge/brun dans la Matapédia et la Matanie.

Les zones vertes sont les secteurs les moins touchés par l'infestation de tordeuse, tandis que les zones en rouge et en brun sont celles où le taux de mortalité des peuplements d'arbres sont les plus élevés.

Photo : Radio-Canada / Simon Rail-Laplante

Présentement, l'ensemble des budgets qui sont alloués à la région sont affectés aux travaux de récupération de ces bois-là et à la remise en production de ces bois-là, indique son président, Maurice Veilleux.

Si M. Veilleux – dont le syndicat représente les producteurs privés – considère qu'il est primordial de récolter le bois dans les secteurs envahis par la tordeuse, il ne faut pas négliger le reste, prévient-il. Les forêts en santé ont aussi besoin d'être entretenues et, entre autres, d'être éclaircies afin de permettre aux arbres de croître et d'atteindre leur pleine maturité.

« Le fait de moins jardiner, à court et à moyen terme, [ça fera qu'il] y a des usines qui vont être pénalisées par un approvisionnement qui va devenir déficient en bois de qualité. »

— Une citation de  Maurice Veilleux, président du Syndicat des producteurs forestiers du Bas-Saint-Laurent
                Portrait de M. Veilleux

Le président du Syndicat des producteurs de bois, Maurice Veilleux, estime que l'ensemble de la forêt bas-laurentienne doit être entretenue, pas seulement les secteurs affectés par la tordeuse.

Photo : Radio-Canada / François Gagnon

Les propriétaires des forêts privées fournissent environ 50 % des approvisionnements en bois des usines de sciage bas-laurentiennes.

Des impacts sur la main-d'œuvre et l'économie

Le Collectif régional de développement du Bas-Saint-Laurent, la Fédération des groupements forestiers et la Table des élus municipaux (TREMBSL) appuient le Syndicat des producteurs forestiers du Bas-Saint-Laurentdans ses démarches auprès du gouvernement. Si des sommes supplémentaires ne sont pas consenties, c'est toute l'économie de la région du Bas-Saint-Laurent qui en souffrira, estiment leurs membres.

« Ça vide nos villages. Avec la pénurie de main-d'œuvre, si tu ne fournis pas du travail à ces ouvriers spécialisés là, qui font ça année après année, un moment donné, ils vont se chercher une job ailleurs. »

— Une citation de  Bertin Denis, président du Collectif régional de développement du Bas-Saint-Laurent et préfet de la MRC des Basques

Les élus ont rencontré le ministre des Forêts, de la Faune et des Parcs pour le sensibiliser à la situation en août dernier. Le ministre Pierre Dufour avait alors fait preuve de beaucoup d'ouverture, beaucoup de sensibilité, a expliqué le président de la Table des élus municipaux du Bas-Saint-Laurent, Michel Lagacé. Mais depuis, leurs demandes sont restées lettre morte, se désole-t-il.

Portrait de M. Lagacé.

Le président de la TREMBSL et préfet de la MRC de Rivière-du-Loup, Michel Lagacé, estime que l'économie reliée à la forêt est menacée par le manque de budget alloué aux travaux sylvicoles.

Photo : Radio-Canada / François Gagnon

Si le gouvernement du Québec ne veut pas perdre les intérêts qui sont en ligne avec le capital qu'il a investi au cours des 50 dernières années via les travaux sylvicoles, on demande à ce qu'il y ait une aide d'urgence, dit-il.

En plus de l'aide d'urgence demandée, les élus et les producteurs demandent à Québec de bonifier les sommes allouées aux travaux sylvicoles de 4,7 millions par année. Il faut que les transferts du gouvernement correspondent à la réalité, considère Bertin Denis.

Au moment de publier ces lignes, le cabinet du ministre Dufour n'avait toujours pas répondu à notre demande d'information dans ce dossier.

Avec la collaboration d'Alexandre Courtemanche

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