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La MRC de Papineau monte aux barricades pour se protéger contre le boom minier

Une vue aérienne du site.

Une mine de graphite dans la municipalité de Saint-Michel-des-Saints, dans la MRC de Matawinie (archives).

Photo : Nouveau Monde Graphite

Radio-Canada

Les municipalités de la MRC de Papineau pressent Québec de prémunir leur territoire naturel contre les activités d’extraction de graphite.

Depuis plusieurs années, des citoyens et organismes se disent inquiets du développement minier dans la région. Ils militent pour la préservation du territoire de la Municipalité régionale de comté de Papineau. Ces citoyens engagés, réunis au sein du Regroupement de protection des lacs de la Petite-Nation, peuvent maintenant compter sur l’appui des élus.

L’ensemble des municipalités de la Municipalité régionale de comté ont décidé de s'unir pour demander expressément à Québec de les protéger de l’exploitation minière.

« Les élus de notre région, à l’unanimité, nous appuient. Ce n’est pas fréquent qu’on voie ça. On parle de 25 municipalités, toute la Municipalité régionale de comté, qui appuient nos demandes. [...] On demande des changements importants à toute la réglementation, parce que la protection contre ça, il n’y en a pas. »

— Une citation de  Louis St-Hilaire, porte-parole du Regroupement de protection des lacs de la Petite-Nation

Une région attrayante pour l’industrie minière

En entrevue à l’émission Sur le vif, Louis St-Hilaire, porte-parole du Regroupement de protection des lacs de la Petite-Nation, se dit conscient que la société délaissera progressivement de plus en plus les énergies fossiles pour se tourner vers d’autres sources d’énergie, dont celle issue des minéraux.

Et justement, le sous-sol de l’Outaouais est riche en graphite, un minerai essentiel dans la fabrication de batteries pour véhicules électriques.

M. St-Hilaire avance cependant que l’exploitation de ces gisements se ferait inévitablement au détriment de la qualité de vie et de la beauté de la région.

Le militant rappelle que la Petite-Nation est reconnue pour ses multiples lacs et sa nature accessible, à proximité de villes comme Montréal et Ottawa. Un lieu idyllique qui, sans protection adéquate, pourrait être ravagé par l’industrie minière.

« On parle de mines à ciel ouvert, qui peuvent avoir deux à trois kilomètres de long, c’est très profond… Ça transforme la région, ça donne un paysage lunaire. Ça peut avoir un impact. »

— Une citation de  Louis St-Hilaire, porte-parole du Regroupement de protection des lacs de la Petite-Nation

La démarche des résidents de la Municipalité régionale de comté survient alors qu’il y a justement un projet de développement d’une mine de graphite en cours, près de la municipalité de Duhamel.

M. St-Hilaire rappelle qu’avec l’exploitation d’une mine, vient le développement d’un quartier industriel.

Il souligne la grande vulnérabilité de la région face aux pressions de l’industrie minière.

La protection contre ça, il n’y en a pas. Je vous dirais que le parc de Papineau-Labelle pourrait être transformé en grosse mine. Il n’y a rien qui l’empêche.

Un non-sens, selon le Regroupement

Le Regroupement de protection des lacs de la Petite-Nation et les élus réclament une meilleure protection. Ils affirment que pratiquement tout le territoire est offert sur un plateau d'argent aux compagnies minières.

La situation est consternante, selon eux.

Toute la partie nord, ou 50 % de la Municipalité régionale de comté, ne dispose que d'une protection très réduite. Même les lacs et les plans d’eau habités ne sont pas pleinement protégés.

Le Regroupement et les élus ont déposé un mémoire pour que soient modifiés les règlements de la Loi sur les mines. Ils affirment ne pas faire cavalier seul dans cette lutte, et être appuyés dans leurs démarches par plusieurs Municipalité régionale de comté et organismes.

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