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Transport scolaire : des parents se sentent abandonnés

Cynthia Pichette et ses deux enfants.

Des parents, comme Cynthia Pichette, doivent trouver d'autres moyens de conduire leurs enfants à l'école pour éviter de longues attentes.

Photo : Radio-Canada / François Joly

Radio-Canada

Même si trois mois et demi se sont écoulés depuis le début de l'année scolaire, des parents d'Edmonton doivent encore faire face à des retards importants dans le service d’autobus de leurs enfants. Un problème qui s'explique, en partie, par la pénurie de chauffeurs d’autobus.

Selon Emmanuel Kie, père d’un enfant de 9 ans qui va à l’École Notre-Dame, du Conseil scolaire Centre-Nord, les retards sont parfois de plusieurs heures. L’autobus a très souvent deux, trois heures de retard, indique-t-il.

Il a donc dû trouver d’autres moyens pour conduire son enfant à l’école. L’autobus est tout le temps en retard, il n’y a pas de chauffeurs. On est obligés de s'entraider entre familles pour éviter que les enfants manquent les cours, et pour leur permettre de rentrer un peu plus tôt le soir, explique-t-il.

Il quitte ainsi la maison en compagnie de son fils pour récupérer d’autres enfants du voisinage et les amener à l’école. Des circonstances qui apportent leur lot d’ajustements. Je me suis arrangé avec mon manager pour lui dire : "Écoute je ne peux pas être au bureau à 8 h." Donc, j’arrive au bureau à 8 h 30, 8 h 40, et pour combler ce retard, je ne prends pas de pause, pas de lunchs, dit-il.

Il mentionne son sentiment d'impuissance face à tous ces retards. On regarde tous vers le conseil scolaire, et le conseil scolaire nous ramène vers le transporteur. Donc, finalement, on est abandonnés, estime-t-il.

« Si je ne faisais pas tout ça, mon enfant commencerait les cours à 11 h au lieu de 8 h 45. »

— Une citation de  Emmanuel Kie

Emmanuel Kie conduit d’ailleurs l’un des enfants de Cynthia Pichette, qui se retrouve dans la même situation. On est là dehors, sur le bord de la rue à attendre, pendant 30, 40 minutes. Il y a une fois au mois de novembre, j’ai attendu 1 h 10 dehors , relate cette dernière.

Elle explique qu’elle reçoit pratiquement tous les soirs un appel du Conseil scolaire lui indiquant les retards pour le lendemain. C’est toujours comme ça. On reçoit l’appel hier soir pour 45 minutes de retard, et ce matin, on est déjà à 90 minutes, raconte-t-elle.

« Ça me remet en question, en me disant : est-ce que je dois changer mes enfants d’école? »

— Une citation de  Cynthia Pichette

Elle explique qu'elle se sent délaissée par le Conseil scolaire Centre-Nord. J'ai pas senti qu'on était écoutés, j'ai pas senti de l'empathie envers nous, les parents qui doivent jongler avec tout ça, de s'arranger avec d'autres parents, déplore-t-elle.

Pas de solution à court terme

Questionnée à ce sujet, la ministre de l’Éducation, Adriana LaGrange, n’a pu fournir de solution à court terme. On tente toujours de voir s’il y a des occasions d'attirer des chauffeurs d’autobus. Je travaille avec le ministre des Transports pour voir les possibilités qui existent. Quand on lui a demandé s’il y avait un échéancier, la ministre a répondu qu’il s’agit d’un processus continu.

Par courriel, le Conseil scolaire Centre-Nord indique qu’il continue de collaborer étroitement avec les entrepreneurs [d’autobus] pour les appuyer avec des solutions. Il n’y a personne pour prendre la relève lorsque des conducteurs quittent leur emploi, précise-t-il.

Ailleurs aussi

Il n’y a pas qu’à Edmonton que la situation concernant les chauffeurs d’autobus cause certains maux de tête chez les parents. C’est plutôt un problème généralisé en Alberta. Ashley Markus, mère de deux élèves de l'école primaire, à Lethbridge, dit que les retards atteignent parfois 30 à 60 minutes.

On reçoit constamment des messages textes et des courriels disant que le bus sera en retard, explique-t-elle.

Selon Emmanuel Kie, une partie de la solution pourrait passer par le fait d’ouvrir le service de garde un peu plus tôt. Si on ne peut vraiment rien faire pour améliorer le transport scolaire, il faut au moins qu’on puisse permettre aux parents qui travaillent un peu plus tôt de pouvoir déposer les enfants à 7 h 30 , au lieu de 8 h, estime-t-il.

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