•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

La Journée nationale d’action contre la violence faite aux femmes marquée au Manitoba

Des chandelles à côté des photos en noir et blanc des victimes tuées à l'École polytechnique de Montréal.

Lors d'une cérémonie à l'Assemblée législative du Manitoba lundi, des bougies ont été allumées à côté des portraits des femmes tuées le 6 décembre 1989 à l'École polytechnique de Montréal.

Photo : City Pool

Radio-Canada

Une cérémonie pour souligner la Journée nationale de commémoration et d’action contre la violence faite aux femmes a eu lieu lundi matin au Palais législatif, à Winnipeg.

La classe politique et des militantes pour les droits des femmes se sont réunies pour commémorer la tuerie à l’École polytechnique de Montréal, survenue il y a 32 ans, le 6 décembre 1989. Elles portaient toutes le ruban blanc, et les drapeaux étaient en berne devant l'Assemblée législative.

Un homme lourdement armé a tué 14 femmes, dont la majorité étudiaient dans des programmes en ingénierie. En commettant son geste, il a déclaré qu’il combattait le féminisme.

Il y a 30 ans, le Parlement canadien a fait du 6 décembre la Journée nationale de commémoration et d’action contre la violence faite aux femmes.

La directrice de l'organisme Chez Rachel, à Winnipeg, qui aide les femmes à se libérer de la violence familiale, Sonia Grmela, se souvient très bien de la tragédie de l'École polytechnique, puisqu’elle est montréalaise d’origine. Son père y enseignait. Elle marchait régulièrement dans les couloirs de l’école, notamment quelques heures avant la tragédie.

C’est très difficile de réaliser, 32 ans plus tard, que la situation de la violence faite aux femmes ne s’est pas améliorée, que la violence a augmenté envers les femmes au Canada et au Manitoba. Cet acte à Polytechnique est vraiment un exemple des hommes qui essaient d’arrêter les femmes dans leurs rêves et dans ce qu’elles veulent faire, a-t-elle affirmé en entrevue à Radio-Canada.

Sonia Grmela dans les bureaux de Chez Rachel.

La directrice générale de l'organisme Chez Rachel, Sonia Grmela

Photo : Radio-Canada / Thomas Asselin

Elle dit que son organisme constate une augmentation de la demande pour ses services plutôt qu'une diminution.

Lors de la cérémonie, la première ministre du Manitoba, Heather Stefanson, a souligné que, étant la première femme à devenir première ministre du Manitoba, elle a accepté avec humilité ce titre, il y a quelques semaines. 

Mais je me souviens aussi du travail important qu’il reste à faire pour que nous ayons une société inclusive.

La ministre responsable de la Condition féminine et présidente du Comité ministériel de lutte contre la violence fondée sur le sexe, Cathy Cox, a affirmé que son gouvernement reconnaît qu’il faut faire davantage pour mettre fin à toutes les formes de violence basée sur le genre.

Nous travaillerons ensemble pour favoriser le changement, créer un dialogue et remettre en question les notions et les commentaires qui perpétuent la violence contre les femmes dans nos foyers, nos lieux de travail et nos communautés.

Humaira Jaleel photographiée à l'extérieur le soir.

Humaira Jaleel est la fondatrice de Healthy Muslim Families.

Photo : Radio-Canada / Lyza Sale

Des représentantes d’organismes œuvrant auprès des femmes immigrantes et autochtones ont pris la parole, réclamant que plus de mesures pour les femmes.

La fondatrice du groupe Healthy Muslim Families (Familles musulmanes en bonne santé), Humaira Jaleel, demande plus de ressources adaptées sur le plan culturel comme des refuges ainsi qu’une sensibilisation faite par les leaders de communautés religieuses.

Manifestation pour les droits des femmes en soirée

Une manifestation organisée par l’Institute for International Women’s Right Manitoba (Institut pour les droits internationaux des femmes du Manitoba) aura lieu en soirée au Palais législatif.

La coprésidente de l’organisme pour le volet du militantisme, Micaela Crighton, indique qu’il est nécessaire de tenir une telle manifestation au moment où les droits des femmes régressent dans le monde, notamment en ce qui concerne les droits liées à la reproduction.

Elle déplore aussi le fait que plusieurs femmes et filles sont assassinées chaque année au Canada, même si le pays se dit avancé en matière d’égalité des sexes.

Cette manifestation se tient dans le cadre des 16 jours d’activisme contre la violence fondée sur le sexe.

On dit cela chaque année, mais on ne veut pas que ces journées restent. Cela fait 30 ans que ces jours existent. C’est frustrant de voir des avancées, mais on dirait des fois qu’on n’avance pas du tout. On ne veut pas avoir cette conversation chaque jour, il faut que tout le monde sache que c’est un problème, dit Micaela Crighton.

Mme Grmela et elle souhaitent qu’il y ait plus de sensibilisation à l’école et dans les familles pour éviter que les cycles de la violence ne se poursuivent dans la société.

Avec les informations de Chantallya Louis et d'Émile Lapointe

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !