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Biosolides dans les champs : le ministère assure que la pratique est encadrée

Mains qui tiennent de la terre.

L'utilisation des matières résiduelles fertilisantes devrait prendre de l'ampleur d'ici 2030.

Photo : Stickland Farms

Thomas Deshaies

Alors qu’un citoyen du Canton de Cleveland en Estrie est persuadé que l’eau de son puits a été contaminée par des matières résiduelles fertilisantes (MRF), le ministère de l’Environnement assure effectuer une surveillance sur le territoire.

Pascal Goux est convaincu que ses animaux et lui-même sont tombés malades en raison du dépôt d’un amas de matières résiduelles fertilisantes, aussi appelées biosolides, à environ cent mètres de son puits. Il s'inquiétait entre autres de l'encadrement de l'État pour ces pratiques et des normes en place.

En quoi consistent les matières résiduelles fertilisantes?

Les MRF sont des résidus industriels ou municipaux, comme les boues provenant du traitement des eaux usées, les poussières des cimenteries et les cendres de bois. Ces résidus ont des propriétés fertilisantes bénéfiques pour les sols et les cultures.

Source : Ministère de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques

Le ministère de l’Environnement a décliné notre demande d’entrevue, mais a répondu par courriel, quelques jours après la diffusion du reportage, qu'il met en œuvre un programme de contrôle concernant l’épandage des matières fertilisantes en milieu agricole, incluant le suivi de l’épandage des matière résiduelle fertilisante. Plus de 750 inspections ont été effectuées au cours des cinq dernières années dans le cadre de ce programme.

Les projets d’épandage autorisés ne seraient pas susceptibles de porter atteinte à la qualité de l’environnement, selon le ministère, puisqu’ils sont assujettis au régime d’autorisation environnementale de la Loi sur la qualité de l’environnement.

Une pratique qui prendra de l’ampleur

Le gouvernement du Québec compte détourner 70 % des matières résiduelles de l’enfouissement d’ici 2030; la valorisation des boues municipales est appelée à prendre de l’ampleur.

« Ainsi, l’épandage de MRF de qualité représente une opportunité pour le Québec de miser sur une ressource largement disponible pour bonifier le contenu en matière organique essentiel à la santé des sols et pour limiter notre impact sur le climat. »

— Une citation de  Extrait d’une réponse écrite du ministère de l’Environnement

Les matières organiques résiduelles contiennent de nombreux nutriments bénéfiques à la croissance des végétaux ainsi que du carbone qui contribue au maintien de la santé des sols agricoles, ajoute le ministère. Se priver de ces sources de nutriments implique l’utilisation d’une plus grande quantité d’engrais minéraux et dont la production, l’extraction et le transport ont leur lot d’impacts climatiques.

L’État juge toutefois que les quantités de matières résiduelles fertilisantes resteront en proportion limitées de l’ensemble des matières épandues sur les terres agricoles.

Contaminants émergents : l’État pourrait ajuster les normes

Une récente étude publiée en octobre 2021, menée en Europe, conclut qu’il y a une forte concentration de contaminants émergents dans les biosolides : les composés perfluorés. Ces contaminants sont reconnus pour avoir des effets nocifs sur la santé humaine.

Le ministère de l’Environnement confirme qu’un projet de recherche est en préparation au Québec afin de confirmer la présence de composés perfluorés dans les biosolides municipaux.

L’étude permettra d’identifier et de circonscrire les éléments pouvant constituer un risque réel d’exposition pour la population ou l’environnement afin d’apporter, le cas échéant, les ajustements appropriés à la réglementation en vigueur.

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