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Internet haute vitesse : un espoir concret en Haute-Mauricie

Des travailleurs dans la tour de communications, dans le paysage enneigé de Lac-Édouard.

Le reportage de la journaliste Marie-Ève Trudel et du caméraman François Genest

Photo : Radio-Canada / François Genest

Depuis l’arrivée des premiers jours de décembre, quelque chose dans le paysage de Lac-Édouard renvoie un signal de modernité. Une tour de 76 mètres a poussé pour permettre le très attendu déploiement de l’Internet haute vitesse et du cellulaire dans ce secteur isolé de la Haute-Mauricie. La mise en service pourrait se faire attendre encore un peu, mais l’espoir est dorénavant permis avec une infrastructure bien visible au cœur du village.

À Lac-Édouard, tout semble figé dans l’hiver qui s’installe. Même la nouvelle tour de télécommunications qui surplombe l’église a trouvé sa place dans le décor immobile. Un calme qui n’étonne pas les résidents… Le tourisme est entre deux saisons. Si les pêcheurs ont déserté les pourvoiries, la communauté de 200 habitants se prépare à l’arrivée des hordes de motoneigistes. Quelque 1000 personnes occupent l’espace lors des pointes touristiques.

Une église et d'autres bâtiments, avec la tour de communications et la grue en arrière-plan.

La tour de télécommunications de Lac-Édouard a été érigée les 2 et 3 décembre 2021.

Photo : Radio-Canada / François Genest

Au magasin général, Carole Brassard espère un accès à la haute vitesse plus tôt que tard, idéalement avant l’arrivée des villégiateurs. C’est qu’elle a connu son lot de frustrations.

« Aussitôt qu’il pleut ou qu’il vente, on perd tout! Présentement, on n’est vraiment pas choyé avec Internet. »

— Une citation de  Carole Brassard, commis à la Coopérative de solidarité de Lac-Édouard

L’instabilité du réseau donne bien des maux de tête à la commis de la Coopérative de solidarité de Lac-Édouard. Quand on manque d’Internet, les cartes de guichet, Interac… plus rien ne fonctionne. Il faut que les gens payent en comptant. Moi il faut que j’aille mettre des pancartes argent comptant seulement, laisse-t-elle tomber en soupirant.

Il est temps qu’on l’aille [Internet]. Même le cellulaire, on a hâte de l’avoir. Ce n’est pas normal qu’on ne l’aille pas en 2021, ajoute Carole Brassard.

À quelques pas de là se trouvent les locaux de la Seigneurie du Triton, où le copropriétaire Nicolas Bernard est du même avis.

L’Internet au propane comme il l’appelle n’est pas digne d’une municipalité qui souhaite assurer son essor économique et la sécurité des gens qui l’habitent et la fréquentent.

« On est rendu en 2022 bientôt, on s’entend que c’est un besoin essentiel. Ça fait longtemps qu’on attend ça. »

— Une citation de  Nicolas Bernard, copropriétaire de la Seigneurie du Triton

Aucune date de mise en service n’est avancée pour l’instant, mais un réseau opérationnel dans les premiers mois de 2022 serait réaliste selon les autorités responsables de l’installation et la municipalité.

Ça prendra le temps que ça prendra dit Nicolas Bernard. Je pense qu’on n’est pas à un mois ou deux près. On va l’attendre, quand ça arrivera, on va être très heureux.

La tour de télécommunications, un grue et des travailleurs dans le paysage enneigé de Lac-Édouard.

La mise en service de l'Internet haute vitesse devrait se faire en 2022.

Photo : Radio-Canada / François Genest

Le projet avance à vitesse grand V

Le projet de la LTE en Haute-Mauricie prévoit la construction de liaisons de fibre optique vers La Tuque, Parent et même vers Chambord au Saguenay–Lac-Saint-Jean.

À ce jour, 350 kilomètres de fibre optique ont été enfouies sur un total de plus de 500 kilomètres à installer. Quinze tours de télécommunications s'impriment graduellement dans le paysage. La tour de 76 mètres construite à Lac-Édouard est la 9e du projet à être érigée, ce qui fait dire au coordonnateur marketing d’Ecotel et de Solutions Ambra que le projet LTE avance à vitesse grand V. Les entreprises basées à Trois-Rivières ont le mandat de fournir des services de connectivité aux résidents en régions éloignées.

Le projet LTE en Haute-Mauricie comprend la construction de 15 tours de télécommunications et le déploiement de 500 kilomètres de fibre optique.

Le projet LTE en Haute-Mauricie comprend la construction de 15 tours de télécommunications (en rouge) et le déploiement de 500 kilomètres de fibre optique (en bleu).

Photo : Radio-Canada

Raphaël Pepin est tout de même bien au fait des délais rencontrés. La tour qui vient d’être érigée aurait dû l’être initialement au printemps ou à l’été 2021. Les délais sont attribuables principalement aux difficultés d’approvisionnement pour certains matériaux. Ça a mis certains bâtons dans les roues, précise-t-il.

Le projet a commencé à être étudié en 2017 et les contrats ont été signés en 2019. Le tout est assorti d’une enveloppe de 26 M$ provenant des programmes gouvernementaux Brancher pour innover et Québec branché.

Un travailleur au sol, dans la neige, qui surveille le haut de la tour.

Un employé de l'entreprise Captel au pied de la tour de télécommunications, à Lac-Édouard

Photo : Radio-Canada / François Genest

Plusieurs étapes sont encore nécessaires avant de pouvoir naviguer sur un réseau stable, rapide et fiable à Lac-Édouard. Après l'assemblage des tours vient l’alimentation électrique, le branchement de la fibre optique et éventuellement la mise en service, indique Raphaël Pepin.

Jusqu’où le signal émettra-t-il ?

Le projet vise en tout premier lieu à assurer la sécurité des résidents du secteur, et celle des visiteurs. Mais jusqu’où sur le territoire le signal des différentes tours rayonnera-t-il ? La réponse est incertaine pour l’instant.

On veut aller chercher un maximum de territoire, dit Raphaël Pepin. Par exemple, à Lac-Édouard, on veut aller chercher la majorité de la municipalité, ajoute-t-il. On ne peut pas garantir que pour l’instant, [les résidents] vont être compris dans le projet. Lorsque le test de couverture va avoir été effectué, on va pouvoir leur dire s'ils sont compris ou non dans la première phase du projet.

« On a l'ambition de faire d'autres [phases du projet], parce que le but, c'est que le plus de gens possible aient accès aux services Internet et par la suite à la téléphonie cellulaire. »

— Une citation de  Raphaël Pepin, coordonnateur au marketing, Ecotel et Solutions Ambra
La tour de télécommunications dans le paysage enneigé de Lac-Édouard.

La tour change le décor dans les environs de Lac-Édouard, mais le projet bénéficie d'une bonne acceptabilité sociale.

Photo : Radio-Canada / François Genest

Après l’Internet haute vitesse, le cellulaire à venir

L’Internet haute vitesse sera déployé avant la téléphonie mobile. Le mandat premier qui nous a été donné par le gouvernement, c’est l’Internet haute vitesse et ça on tient à le mentionner, insiste Raphaël Pepin.

Le maire de Lac-Édouard, Larry Bernier, entame un 5e mandat aux commandes de la municipalité. Il est bien au fait du dossier et estime que l’attente sera de courte durée pour la téléphonie cellulaire.

C’est un projet financé pour l’Internet haute vitesse, indique le maire. [Solutions Ambra] doit terminer la construction et le branchement de toutes leurs tours avant de passer au cellulaire, ce qui fait que le cellulaire va suivre dans les mois qui vont suivre, dit-il confiant pour 2022.

Larry Bernier dehors, debout.

Le maire de la Municipalité de Lac-Édouard, Larry Bernier

Photo : Radio-Canada / François Genest

Larry Bernier parle d’une acceptabilité sociale quasiment totale au sein de la communauté, où règne un véritable vent d’optimisme. Les gens ont hâte et en parlent avec enthousiasme. Signe d'un projet fort attendu, dans l’édition du mois d’octobre du bulletin municipal de Lac-Édouard, on cite La Bolduc, dans les années 1930 : Ça va venir, découragez-vous pas…

Reportage à voir au Téléjournal Mauricie le mardi 7 novembre à 18 h sur ICI TÉLÉ

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