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Jusqu’à 116 milliards pour réparer les infrastructures en Ontario

Les transformations du climat raccourciront la durée de vie utile des bâtiments publics, prévient le Bureau de la responsabilité financière de l'Ontario.

Des policiers regardent l'eau inonder la rue King Ouest à Toronto, lors de pluies diluviennes en août 2018.

Des policiers regardent l'eau inonder la rue King Ouest à Toronto, lors de pluies diluviennes en août 2018.

Photo : La Presse canadienne / Shlomi Amiga

Radio-Canada

Les changements climatiques menacent les infrastructures provinciales et pourraient faire grimper la facture d'entretien de 116 milliards de dollars d'ici la fin du siècle en Ontario. Le Bureau de la responsabilité financière (BRF) met en garde le gouvernement face au fardeau financier supplémentaire que pourraient lui réserver les événements météorologiques extrêmes.

Les précipitations extrêmes, les chaleurs extrêmes et les cycles de gel et dégel auront un impact financier considérable sur les édifices publics, dont les hôpitaux, les écoles, les établissements correctionnels et les logements sociaux, prévient le Bureau de la responsabilité financière dans son plus récent rapport.

En l'absence de mesures d'adaptation, le Bureau de la responsabilité financière prévoit que les coûts d'entretien bondiront au cours des prochaines années. Les bâtiments publics nécessiteront des activités d'exploitation et d'entretien ainsi que des dépenses de réparation plus importantes afin de remédier à l'accélération de la détérioration, peut-on lire dans le document de 53 pages.

« Les dangers liés aux changements climatiques entraîneront également des dépenses d'exploitation d'entretien supplémentaire. »

— Une citation de  extrait du rapport

Si le climat était stable, le maintien à niveau du parc de bâtiments de la province coûterait 10 milliards de dollars par année en moyenne, pour un total de 799 milliards de dollars d'ici 2100. Or, selon les analyses du Bureau de la responsabilité financière, la province devra dépenser entre 66 et 116 milliards de dollars supplémentaires, selon la gravité du scénario climatique qui se concrétisera.

L'atteinte des cibles de l'Accord de Paris permettrait par exemple de limiter les dépenses du gouvernement à environ 66 milliards de dollars.

Des cheminées avec de la fumée.

Selon les estimations du ministère ontarien de l'Environnement, la province réduira ses émissions de seulement 3,4 mégatonnes d'ici 2030, soit moins de 20 % de sa cible.

Photo : Radio-Canada

Seulement d'ici la fin de la décennie, on évalue à 6 milliards de dollars le montant que la province devra dépenser pour réparer et maintenir ses infrastructures existantes.

Le Bureau de la responsabilité financière n'a pas mesuré si certains types d'infrastructure étaient plus vulnérables face aux transformations du climat, mais il a pu constater que les édifices dans certaines régions seront soumis à un stress plus important dans les prochaines années.

Une première pour le Bureau de la responsabilité financière

Le Bureau, qui joue le rôle de chien de garde des finances de la province, planche sur le rapport depuis 2019. C'est la première fois qu'il tente de chiffrer l'impact des changements climatiques sur les infrastructures en Ontario. Rien de tout ça n'avait été fait auparavant, explique fièrement le directeur du Bureau de la responsabilité financière, Peter Weltman. L'expertise de la firme de génie WSP a d'ailleurs été mise à contribution pour la préparation du rapport.

Le directeur de la responsabilité financière de l'Ontario, Peter Weltman.

Aux dires du directeur de la responsabilité financière de l'Ontario, Peter Weltman, le plus récent rapport de son équipe suscite beaucoup d'intérêt, même à l'international, en raison de son caractère inédit.

Photo : Radio-Canada

Nous devons être honnêtes envers les Ontariens quant aux coûts de la crise climatique, indique pour sa part le député vert Mike Schreiner. C'est à sa demande que le Bureau de la responsabilité financière avait entamé ses analyses sur l'impact des changements climatiques sur le trésor public ontarien.

En 2019, dans son rapport spécial sur l'environnement, la vérificatrice générale de l'Ontario, Bonnie Lysyk, avait aussi conclu que la résilience des infrastructures provinciales devait être considérablement améliorée pour faire face aux événements météorologiques extrêmes.

Il s'agit du premier d'une série de trois rapports produits par le Bureau de la responsabilité financière sur le thème des changements climatiques. Les deux rapports subséquents seront publiés en 2022 et s'intéresseront à l'impact des épisodes climatiques extrêmes sur les transports en commun et les systèmes d'aqueducs et d'égouts.

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