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Le gouvernement éthiopien dit avoir repris les villes de Dessie et Kombolcha

Ville de Dessie en Éthiopie.

Une vue générale de la ville de Dessie, dans la région d'Amhara, en Éthiopie (archives).

Photo : Reuters / TIKSA NEGERI

Agence France-Presse

Le gouvernement éthiopien a affirmé lundi avoir repris les villes stratégiques de Dessie et Kombolcha, dans le nord du pays, plus d'un mois après que les rebelles tigréens ont revendiqué s'en être emparés.

La ville historique de Dessie et Kombolcha, cité commerçante et industrielle, ont été libérées par les vaillantes forces de sécurité, a déclaré le service de communication du gouvernement sur Twitter.

Il y a tout juste un mois, les rebelles du Front populaire de libération du Tigré (TPLF) menaçaient Addis Abeba, après avoir pris le contrôle de Dessie et de Kombolcha, situées sur une autoroute reliant la capitale au nord du pays et à Djibouti.

Ils affirmaient avoir atteint Shewa Robit, à 220 km au nord-est d'Addis Abeba.

Un homme armé.

Un membre de la milice Amhara debout avec son arme à Dessie, en Éthiopie.

Photo : Getty Images / EDUARDO SOTERAS

Mais depuis que le premier ministre Abiy Ahmed a assuré qu'il dirigerait désormais les opérations sur le terrain, fin novembre, son gouvernement a revendiqué une série de victoires contre les rebelles.

Cité par la chaîne d'État Ethiopian Broadcasting Corporation, M. Abiy a déclaré que les rebelles avaient subi de lourdes pertes et [étaient] incapables de résister à l'assaut de l'armée alliée à plusieurs milices progouvernement.

Nous allons battre l'ennemi et la victoire se poursuivra, a-t-il ajouté.

Mercredi, le gouvernement a annoncé que les forces pro-Abiy avaient repris le site de Lalibela, célèbre pour ses églises taillées dans la roche et inscrit au patrimoine mondial de l'Organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture, qui était tombé aux mains des combattants tigréens en août.

Dans une déclaration dimanche, le chef du Front populaire de libération du Tigré, Debretsion Gebremichael, a démenti le fait que le gouvernement était en train de reprendre l'avantage, assurant que les rebelles procédaient à une réorganisation stratégique et restaient invaincus.

Un conflit qui perdure

Le conflit avait éclaté en novembre 2020, lorsqu'Abiy Ahmed avait envoyé des troupes dans la région du Tigré, la plus septentrionale, pour renverser le Front populaire de libération du Tigré en réponse, selon lui, aux attaques de rebelles contre des camps de l'armée.

Les insurgés ont lancé une vaste contre-offensive en reprenant la majeure partie du Tigré en juin, avant de pousser jusque dans les régions voisines d'Amhara et d'Afar. Le conflit a pris un nouveau tournant il y a un mois, lorsque le Front populaire de libération du Tigré a affirmé avoir capturé Dessie et Kombolcha, sans exclure de marcher sur la capitale, Addis Abeba.

Cette escalade a suscité la panique des chancelleries occidentales, plusieurs pays comme les États-Unis, le Canada et la France ayant demandé à leurs ressortissants de quitter le pays au plus vite.

Selon l'Organisation des Nations unies, les combats ont fait des milliers de morts, plus de 2 millions de déplacés et plongé des centaines de milliers de personnes dans des conditions proches de la famine.

Des massacres et des viols collectifs commis par les deux camps ont été recensés.

Un char endommagé.

Un char endommagé sur une route au nord de Mekele, la capitale du Tigré (archives).

Photo : tigre-conflit-arme / EDUARDO SOTERAS

Pressions occidentales

Jusqu'à présent, les efforts diplomatiques déployés par l'Union africaine pour tenter de parvenir à un cessez-le-feu n'ont permis aucun progrès décisif.

Plus tôt lundi, les États-Unis et leurs alliés occidentaux ont tiré la sonnette d'alarme, s'inquiétant d'informations selon lesquelles le gouvernement éthiopien aurait arrêté arbitrairement un grand nombre de personnes sur une base ethnique.

Nous sommes profondément préoccupés par les récentes informations selon lesquelles l'État éthiopien a détenu un grand nombre de citoyens éthiopiens sur la base de leur appartenance ethnique et sans chef d'inculpation, a indiqué le département d'État américain dans une déclaration commune.

L'Australie, le Canada, le Danemark, les Pays-Bas et le Royaume-Uni se sont joints aux États-Unis pour demander au gouvernement éthiopien de cesser immédiatement les arrestations, affirmant que nombre de ces actes constituent probablement des violations du droit international.

Leur communiqué commun cite des informations d'Amnesty International et de la Commission éthiopienne des droits de la personne faisant état d'arrestations de Tigréens à grande échelle, dont des prêtres orthodoxes, des personnes âgées et des mères avec leurs enfants.

Des personnes ont été arrêtées sans inculpation ni audience devant la justice et seraient détenues dans des conditions inhumaines, ont-ils ajouté, avant de réitérer leur appel à un cessez-le-feu durable sans conditions préalables.

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