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Les chauffeurs de taxi de Windsor réclament une hausse de leurs tarifs

La compagnie Vet's Cab à Windsor

La compagnie Vet's Cab à Windsor

Photo : Radio-Canada / Nicolas Pham

Radio-Canada

À la fin de son quart de travail en tant que chauffeur de taxi, Fadi Nizam ne gagne parfois pas d'argent. À l'instar de ses collègues, il demande à la Ville de Windsor d'augmenter leurs tarifs qui sont restés inchangés depuis six ans.

Fadi Nizam est chauffeur de taxi pour la compagnie Vets Cab depuis 1995. Il explique que ses dépenses ont augmenté de façon importante au fil des ans.

Avant, ça allait, mais maintenant, nous avons un peu de mal à cause de l'inflation. Les dépenses ont augmenté de 30  à 40 %, explique-t-il.

« Quand on dépense 800 $ par mois pour acheter seulement de l’essence, c’est vraiment très cher. »

— Une citation de  Fadi Nizam, chauffeur de taxi chez Vets Cab

Au coût de l'essence s'ajoute celui de l'assurance qui est passé, selon lui, à 11 000 $ par an. Des factures de plus en plus difficiles à payer alors que le tarif des courses est inchangé depuis 2015 à Windsor.

Un homme porte un bonnet, des lunettes de soleil et un blouson. Il a les mains dans les poches et est adossé à son taxi stationné dans une rue.

Pour Marwan Abouzeeni, chauffeur de taxi et 3e président de la section locale 195 d'Unifor, ses collègues veulent surtout pouvoir continuer à travailler.

Photo : CBC/Jason Viau

Des tarifs imposés par la Ville

Contrairement à ceux des sociétés privées de covoiturage comme Uber, les prix des compagnies de taxi sont réglementés par la Ville.

Selon Craig Robertson, commissaire aux permis de Windsor, cette réglementation entend mieux protéger les consommateurs.

En 2018, Windsor a revu son règlement sur les taxis alors qu'elle commençait à délivrer des permis aux chauffeurs Uber. Les deux services sont soumis à des règlements pour s'assurer que les chauffeurs sont assurés, qu'ils aient fait l'objet d'une vérification policière et qu'ils se plient aux règles de sécurité publique. Mais la Ville a maintenu son plafond tarifaire pour les chauffeurs de taxi, mais n'a pas pu légalement l'imposer aux chauffeurs Uber.

Le tarif de base actuel des taxis de Windsor est de 3,80 $. Il se situe à peu près au milieu de la fourchette lorsqu'on le compare à celui d'autres régions de l'Ontario. Le tarif de base le plus bas de 3,25 $ se trouve à Toronto, tandis que le plus élevé est à Sarnia, à 4,59 $.

En Ontario, certaines municipalités ont supprimé le plafonnement des tarifs de taxi afin de favoriser la concurrence et l'équité entre les compagnies de taxi et celles de transport privé. C'est notamment le cas dans Chatham-Kent, à Barrie, à Sudbury et North Bay.

À London, la Ville fixe un prix minimum, mais pas maximal.

Le visage d'un homme se reflète dans un miroir latéral d'une voiture.

Fadi Nazim est chauffeur de taxi depuis 26 ans à Windsor. Il dit que ses dépenses ont augmenté de plus de 30 % depuis qu'il a commencé.

Photo : CBC/Jason Viau

Préserver les emplois

Selon ce qu'a appris CBC, la section locale 195 d'Unifor qui représente les chauffeurs de taxi de Windsor doit présenter cette semaine une demande à la Ville pour augmenter le plafond tarifaire.

La hausse réclamée ne concerne pas le taux de base de 3,80 $, mais celui des frais au kilomètre. Les chauffeurs demandent qu'ils passent de 0,10 $ pour chaque 0,069 mètre à 0,25 $ pour chaque 0,180 mètre.

Pour Marwan Abouzeeni, chauffeur de taxi et troisième vice-président de la section locale 195, l'augmentation vise surtout à assurer aux chauffeurs la préservation de leur emploi.

Nous sommes ici pour gagner notre vie, pas pour nous enrichir, explique-t-il. Donc si je lève le plafond et que je dis maintenant qu'au lieu de 5 dollars, ce sera 10 dollars, vous pensez que ce type va revenir vers moi ? Jamais, souligne-t-il.

« Nous voulons rester compétitifs sans profiter de nos clients. »

— Une citation de  Marwan Abouzeeni, chauffeur de taxi et 3e vice-président de la section locale 195 d'Unifor

La demande doit être approuvée par le conseil municipal.

En attendant, Fadi Nazim confie que lui et d'autres chauffeurs de taxi vont continuer à travailler 16 à 17 heures par jour pour ramener à la maison ce qu'il gagnait avant la pandémie en travaillant 10 heures.Vous n'avez pas le choix, déplore-t-il.

Avec des informations de Jason Viau, CBC

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